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baleines, sinon q u’elle:, se jettent quelque-fois d’elles-mêmes à terre pour y jouirde la chaleur du soleil qu elles aiment,& que d’autres échouent ou font pous-sées fur les bords de la mer, par la vio-lence de ces vagues. Si Pline rapporteque l’Empereur Claude a donné le plai-.sir au peuple Romain , d’une efpece depêche où l’on prit une baleine , il ob-serve en même-temps que ce monstremarin avoit échoué au port d ’Ostie ;qu’aussi-tôt qu’on l’apperçut dans le dé-troit , l’Empereur en fit fermer l’entréeavec des cordes & des filets, & que cePrince accompagné des archers de lagarde prétorienne, en fit monter uncertain nombre dans des esquifs & desbrigantins , qui lancèrent plusieurs dardsà cet animal, dont il fut blessé à mort ;que dans le combat, il jetta une sigrande quantité d’eau par son éventou tuyau , qu’il en mit à fond l’un desesquifs : mais cette histoire est rappor-tée comme un fait rare & singulier ;ainsi il demeure toujours pour constantque l’usage de cette pêche n’étoit pascommun.
Et pourquoi l’auroit - il été ? on neconnoissoit presque pas, dans ces pre-miers temps, le profit qu’on en pouvoittirer. Juba , Roi de Mauritanie , écri-vant au jeune Prince Caïus César, filsd’Auguste, lui manda qu’on avoit vuen Arabie des baleines de six cents piedsde long & de trois cents soixante piedsde large , qui avoient remonté de la merdans un fleuve d’Arcadie, ou elles avoientéchoué. II ajoute que les marchands Asia-tiques recherchoient avec grand foin lagraisse de ce.poisson, & des autres pois-sons de mer ; qu’il s en frottoient leurschameaux pour les garantir des grostêsmouches appellées taons , qui craignentfort cette odeur. Voilà selon Pline, toutI’avantage que l’on tiroit alors des baleines.Cet auteur fait ensuite mention de qua-rante-deux sortes d’huile , & l’on n’ytrouve point celle de ce poifîòn : on sa-voir encore si peu profiter de ce pois-son, sous les regnes de Vespasien, deTite, de Domitiert, & de Nerva , quePJutarque rapporte que plusieurs baleines
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avoient échoué en donnant de traversaux cotes de la mer, comme un vaisseauqui n’a point de gouvernail ,• que lui—même en avoit vu dans Pile d’Ancire ;qu’une entre les autres, que les flotsavoient jetté fur le rivage proche la villede Brunes, avoit tellement infecté Pairpar fa putréfaction , qu’elle avoit misla peste dans la ville & dans les envi-rons.
Voici comment on prétend que nos Bif-cayens du cap-Breton , près de Bayonne,& quelques autres pêcheurs , ont été en-gagés à la pêche des baleines. Il paroîttous les ans fur leurs côtes, vers l’hyver,de ces baleines qui n’ont point d’évent,& qui font fort grastès : l’occasion depêcher de ces poistòns te présenta doncdans leur propre pays, & ils en profi-tèrent. Ils se contentèrent de ces baleinespendant fort long-temps : mais P obser-vation qu’ils firent ensuite, que ces mons-trueux poislons ne paroiíîòient dans lesmers de ces pays-là qu’en certaines sai-sons , & qu’en d’autres temps ils s’enéloignoieut, leur fit naître le deíîein datenter la découverte de leur retraite.Quelques pêcheurs du cap-Breton s’ern-barquerent & firent voile vers les mersde P Amérique , & l’on prétend que cefut eux qui découvrirent les premiers lesîles de Terre-neuve , & la terre-fermedu Canada, environ cent ans avant lesvoyages de Christophle Colomb , &
qu’ils donnerent le nom de cap-Breton ,leur patrie , à une de ces îies , nomqu’elle porte encore. Voye^ Corneil.Witfl. Ánt. Mang. Ceux qui fbnt de cesentiment ajoutent que ce fut l’un dela nation de ces Biscayens qui donna avisde cette découverte à Colomb, Pan1492. , & celui-ci s’en fit honneur: d’au-tres croyant que ce ne fut que Pan 1504que ce premier voyage fut entrepris parles Basques, auquel cas il seroit posté-rieur à celui de Colomb. Quoi qu’il cnsoit, il est certain qu’ils découvrirent,dans les mers qui font au nord.de PA-mérique , un grand nombre de baleines ,mais en même temps , qu’ayant auffi re-connu qu’elles font encore plus abon-dantes en morues, ils préférèrent la pê-