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Tome quatrième.
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sonne, & même plus que tous les autres jbotanistes ensemble, à définir toutes les |especes de bambou , les distingue d’aborden trois classes ; savoir : i®. Ceux qui ontla tige pleine & solide , c’est-à-dire , en-tièrement ligneuse , comme le roseau ap-pelle arundo fareta , dont il a reconnudeux genres. 2.0. Ceux dont la tige a aucentre une cavité, mais fort petite; & ilen fait un genre. 3 0 . Enfin ceux dont lacavité intérieure est plus considérable quela partie ligneuse, lui fournissent huitclasses , dont la premiere comprend leleieba , qu’il appelle arundo arbor tenuis ;la seconde , le tallam ou bulu-sera , qu’ilappelle arund’arbor cratium ; la troisième,le bulu-tuy , qu’il appelle arund’arborfpiculorum ; la quatrième , le serin oubulu-jara, qu’il appelle arund’arbor vasa-ria ; la cinquième, le potong ou bulu-potong, qu’il appelle arund’arbor aspera ;la sixième , le sammat ou bulu-sammet, 'qu’il appelle arund’arbor maxima ; laseptième , le teba-teba ou bulu-baduri,qu’il appelle arund’arbor jpìnofa ; enfinla huitième, Pampal ou le bulus-wangi,qu’il nomme arund’ arbor fera.

Nous conserverons ces trois principa-les divisions , en suivant un ordre pluscommode pour la distinction des espe-ces > dont nous allons indiquer les prin-cipales différences , en ne regardantcomme vrais bambous , que ceux dontles tiges ont une cavité à leur centre.

Premiere efpece. Ily.

Voici la premiere & une des plusgrandes especes de bambou. Les Malaba-res lui donnent le nom d ’ily , fous lequelVan-Rheede en a donné une figure aííèzbonne & presque complette, dans sonHortus Malabaricus , vol. I , page 2$ ,planche XVI. Les Brames Pappellentvafi.

Elle croît à la hauteur de soixante afoixante-dix pieds dans les fables du Ma-labar. De fa souche, qui est une vraietige noueuse , blanchâtre , rampante sousterre, garnie autour de chaque noeudd’une quantité de racines fibreuses, on-dées , comme crépues, qui la fixent a laterre, fort un faisceau de cinquante a

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soixante tiges contiguës, hautes de soi-xante à soixante-dix pieds, ramifiées àla hauteur de 12 à i ^ pieds cylindriques,droites , de sept a neuf pouces dediamètre, articulées à articles longs detrois pieds, couverts d’abord , dans leurcommencement, de deux ou trois gainesde feuilles verd-brunes, dont les feuillesne font que de simples épines, presquepleins intérieurement , n’ayant qu’unepetite cavité à leur centre, mais qui,par la fuite , en grandissimt, perdentleurs feuilles , font nuds , d’un blancjaune, luisant, fans écorce, mêlés defilets ligneux, à bois épais d’un traversde doigt, très-creux à son intérieur,dont les parois font couverts d’une mem-brane mince , & enduits d’une efpece dechaux, lorsque ces tiges font très-vieil-les ; alors ces nœuds font séparés chacunpar une cloison ligneuse.

Les feuilles sortent aííèz serrées , aunombre de sept à huit, du bout de cha-que branche où elles font disposées al-ternativement fur un même plan , demaniéré que le feuillage est applati. Ellesfont elliptiques, pointues aux deux bouts,longues de sept pouces, sept à huit foismoins larges, c’est-à-dire, larges de prèsd’un pouce , marquées fur toute leurlongueur de neuf nervures, dont celle dumilieu est relevée en-dessous d’un verdmoyen par-tout, à bords âpres & dentés,& portées fur un pédicule cylindriqueextrêmement court.

ïdily ne fleurit qu’une fois dans fa vie,& cela à fa soixantième année, au rapportde Van-Rheede & des docteurs-médecínsItti - Achudem Gentil , du Malabar ,Ranga-botto, Vinaique Pandito & Apu-botto, tous trois brames & gymnosophis-tes de Cochin , comme il est consignédans le livre appelle Manhaningattnamoù ces savans ont fait destiner toutes lesplantes du Malabar , avec leurs vertusmédicinales. Peu de temps avant que defleurir il quitte ses feuilles ; il fleuritpendant un mois entier & meurt ensuite.Ses fleurs forment des especes de particu-les ou plutôt d’épis à deux ou trois bran-ches qui sortent en rayonnant de chaquenœud & s’étendent horizontalement,