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chaque branche portant huit à dix fleursoppoíees & verticillées. Chaque fleurconsiste en un calice commun ovoïde ,pointu, à deux baies deux fois plus lon-gues que larges , contenant sept corollesovoïdes, pointues, deux fois plus longuesque larges, à deux valves, trois étami-nes pendantes , presque une fois pluslongues, & un ovaire à deux styles &deux stigmates en pinceau. Co vaire engrandissant devient une graine nue,ovoïde , très-pointue, quatre ou cinqfois plus longue que large.
Qualite's. L’ily n’a qu’un goût de verdfans sucre dans toutes ses parties. II vitenviron 60 ans , & fe multiplie de dra-geons ou de bourgeons, qui tracent fousterre, & qui font garnis de racines.
Usages. La décoction de son écorce &de ses feuilles se boit pour faciliter lasortie du sang retenu dans les blessurestant internes qu’externes , & de celuiqui reste dans la matrice après l’accou-chement. La chaux qui fe forme dans lesvieilles tiges est souveraine dans lesstranguries & les piíîèmens de sang.
Remarques. Presque tous les botanistesmodernes, depuis Caspar Eauhin , ontcru que ce bambou fournissoit le tabaxir,c’est-à-dire , le sucre aux Arabes ; maiscette efpece de chaux qui íe trouve danscette efpece, ainsi que dans la suivante,quoique provenue de l’exíìccation d’uneeau claire, limpide & douce qui rem-plissoit les tiges pendant leur jeunesse ,& qui s’est desséchée ensuite, n’a aucunesaveur sacrée , ce qui prouve assez quele nom de tabaxir des Arabes est celuidu vrai sucre.
Deuxième efpece. TERIN.
L'efpece de bambou la plus appro-chante de 1 ’ily est celle que les habitansd’Amboine appellent terin ou telin , &que le Rumphe a décrite fous le nomd 'arund'arbor vajaria ou bulu-java , fansaucune figure à la page 8 du volume IVde son Herbarium Amboìnicum. Les Ma-lays l’appellent bulu-java ; les Macassaresbulu-totoan ; les habitans de Ternate ta-batico-java , & ceux de Baleyass la-pong.
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C’est une plante très-élégante, qui croîtà la hauteur d’un arbre , c’est-à-dire,de cinquante pieds à Java, & seulementde trente-six pieds à Amboine où elle estétrangère, y ayant été transportée bail-leurs. Ses tiges ont un pied & plus dediamètre, & font composées d’articula-tions vertes , listes, luisantes , longuesd’un pied à un pied demi, creuses, dontle bois a à peine un travers de doigtd’épaisseur: elles font couvertes du basen haut de branches articulées pareille-ment , à peine longues de six pieds,sortantes d’une gaine de feuilles, ridée,hérissée de poils rares , & qui tombentpeu-à-peu avec elles. Lorsque ces bran-ches & leurs gaines font tombées , cestiges restent nues, lisses & unies , très-agréables à voir.
Les feuilles terminent les jeunes bran-ches : elles font de grandeur fort inégale,car les inférieures n’ont que six à huitpouces de longueur , fur un pouce delargeur, pendant que les supérieuresont treize à dix-sept pouces , fur unpouce & demi à deux pouces de largeur,velues en-dessous dans les jeunes plants& lisses dans les vieux.
Rumphe n’a point observé ses fleurs nîses fruits , parce qu’on en coupe les tigesà mesure qu’elles ont pris une consistanceligneuse.
Sa racine ou plutôt fa souche , quîtrace horizontalement sous terre, a en-viron deux pouces de diamètre, & esttoute couverte de nœuds qui pouílèntchacun au loin un jet d’où sortent plu-sieurs bourgeons ou tiges, dont I’astèm-blage forme une efpece de forêt.
Ces bourgeons appellés robong , sor-tent à une plus grande distance de lasouche que dans la premiere efpece. Cesont d abord des especes de cônes très-aigus , couverts d’écailles pointues, donton volt continuellement sortir quelques-uns à chaque nouvelle & pleine lune, quis’élèvent dans certains cantons, commeà Java, jufqu’à vingt-cinq ou trentepieds ; & dans d’autres , comme à Am-boine , jufqu’à dix-huit ou vingt piedsseulement avant que de donner des feuil-les & des branches. On apperçoit déja le