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toute l’Inde, & varie beaucoup , suivantles lieux ; celui de Java est un peu moinsros que ceux d’Amboine , quoique sonois soit aussi épais & aussi dur. Il croîtégalement fur les hautes montagnes , dans !les forêts , dans les jardins & autour desmaisons. On le multiplie en coupant sestiges en boutures de deux à trois nœuds,dont on enterre obliquement les deuxnœuds inférieurs , en mettant un peu deterre limontreuse au fond du troisième quireste en-haut, & qu on acheve de rem-plir d’eau , en le bouchant ensuite bienexactement. Lorsque 1 air est trop sec , onles arrose outre cela ; & en moins d'unmois il pousse des branches & des racinesautour de chaque nœud.
Ujage. Le principal usage de cetteespece de bambou , consiste à faire , deses tiges , des efpeces de leviers appellespanukol , de sept pieds de long, destinésà porter toutes sortes de fardeaux, car sonbois, quoique très-léger, est extrêmementfort & propre à porter fur les épaules. Sestiges, les plus droites, serventaux cou-vertures des maisons. Les plus fortes fontd excellents montans.pour les portes , &des pieux pour les haies.
Les tiffadors, c’est-à-dire les vigneronsIndiens, qui font le métier de recueillirle vin qui coule des incisions faites auxtêtes des palmiers, qui ont jusqu à centpieds de hauteur, pour s’épargner la peinede monter & descendre continuellement& successivement tous les palmiers à vind une forêt , se servent des tiges de 1 am-pel pour faire des ponts de communica-tion de la cime d’un palmier à un autre ,en fixant à trois pieds au-dessus de latige qui sert de pont, une autre tigeparallèle qui sert de garde-fou pour setenir par les mains ; malgré cette p r c- jcaution , on est toujours étonné de voiravec quelle hardìeíîê ces Indiens peu-vent assurer leurs pieds fur une tigeronde de cinq pouces au plus de dia-mètre.
Le robong ou l’asperge de 1 ampel,diffère peu de celui du terin, & se cuit,se sale ou se marine de même, mais ilfaut se donner bien de garde de le man-ger crud : sa qualité astringente est si vio-
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lente, qu’elle cause un embarras consi-dérable au gosier , & même une angine,une suffocation qui s’enleve par la cuisson.
I Avec cette même asperge cuite ep bouil-lie , les Chinois font une espece de pa-pier fin, d’usage pour la peinture & pourfaire des parasols.
En temps de guerre on emploie lesbourgeons de l’ampel , ainsi que ceuxdu terin & du tallam , pour faire deschausse-trappes de deux à trois pieds delong , qu’on enfonce en terre pour bar-rer les chemins & les passages aux enne-mis. On brûle légèrement leurs pointes;qui sont si dures, qu’elles pénétrent lecuir des souliers & la corne des che-vaux.
Linfcot & d’autres voyageurs Portu-gais disent que les Indiens font courberau feu les jeunes tiges de ce bambou ,qu’ils laissent croître ensuite & se sotti-sier pour en former les brancards deleurs palanquins ou chaises à porteurs.Tous les couteaux de bois qui ferventcomme de poinçons ou d’aiguilles à en-trelacer & former le tissu des claies ,dont sont formés les murs de clôture &les cloisons, sont faits du bois fendu decette espece de bambou , qui pénétrétous les bois mous.
Sixième espece. ButO.
Le bulo des Macasiàres est une secondeespece ou variété d’ampel , plus sauva-ge , qui s’éleve à la hauteur de ;o pieds,dont les tiges sont plus droites , cou-vertes d’écailles plus rudes ou plus épi-neuses , à bois plus mince , & vertescomme les feuilles qui sont plus lon-gues. Rum plie en a donné une descrip-tion sans figure , à la page 16 du volumeIV de son 'Herbarium Amboinìcum.Septieme espece. GadinG.
Les Malays appellent du nom de ga~ding, ou bulu-gading, ou aurg iding &aurcuning , & les habitans d’Amboinedomu-habocca , uns autre espece ouvariété d’ampel très-élégante, dont lestiges font entièrement jaunes & lustréescomme l’ivòire. La décoction de lesfeuilles se donne dans les fievres arden-tes. Voye\ Rumphe, ibidem , page 16.