Band 
Tome quatrième.
Seite
317
JPEG-Download
 

B A M

purpurine sur l’onglet, qui les unit, nonpas entr’eux , mais à un cylindre de quatre-vingts étamines , réunies par leurs filetsen un tube qui est enfilé par le style del’ovaire , qui les surpasse en se partageanten cinq stigmates sphériques, velus commede petites houppes purpurines. L’ovaireest d’abord conique, fort petit ; ensuiteîl s’allonge & devient en mûrissant, unecapsule seche , conservant sa forme coni-que , longue de quatre à cinq pouces,quatre à cinq fois moins large, jaune debois, légèrement velue, marquée légè-rement de cinq angles, par lesquels elles’ouvre , mais très - rarement, en cinqvalves ou battants triangulaires applatis,qui ont chacun une cloison longitudinalea leur milieu , & qui forment cinq loges,contenant chacune quarante à cinquantegraines sphéroïdes grises, ternes, de deuxlignes de diamètre, disposées fur deuxrangs, & attachées horizontalement fansaucun filet au bord des cloisons. Chaquegraine a deux enveloppes ; l’une exté-rieure , cartilagineuse , grise , extrême-ment dure; l’autre membraneuse, extrê-mement fine, appliquée, immédiatementsur V embryon. Celui-ci est courbé en por-tion de cercle autour d’un corps charnu ,sphérique , blanchâtre , & consiste endeux cotylédons orbiculaires , relevés decinq nervures longitudinales, fur lesquellesils sont repliés, & portent au fond d’uneéchancrure qui est entaillée à leur base,une radicule cylindrique astèz longue.

Qualités. Le bamia est extrêmementmucilagineux : on trouve quelquefois lelong de ses tiges quelques larmes d’unegomme rougeâtre , qui se fond dans labouche.

Usages. Les feuilles de cette plantefont employées par les Negres, commetoutes les autres plantes malvacées, entopique , pour résoudre les tumeurs en-flammées , & causées par un défaut decirculation dans les liquides; mais ils lacultivent communément pour se nourrirde ses graines, qu’ils mangent crues aumoment de leur premiere maturité ,comme nous mangeons quelquefois despetits pois dans leur primeur, pour nous

faire bonne bouche. Cette graine n’a

B A M 317

qu’un goût fade ; néanmoins les Negresqui y font accoutumés la trouvent fortbonne ; fans doute parce que son mucilageacide est trés-salutaire dans le temps oùelle paroît, qui est celui ou règnent lesfievres putrides & les dyssentories bilieu-ses , fur la fin de la saison des pluies.

Remarques. II est étonnant qu’Her—mann & Commelin aient varié fur le paysde cette plante : on fait qu’elle ne setrouve dans l’Inde & en Amérique, que.parce qu’elle y a été transportée. Elle estoriginaire du centre de l’Afrique , & sur-tout du pays de Galam, où les NegresBanbaras la cultivent sous le nom de.kiarrhàté , la préférant à beaucoup chan-tres nourritures, dans la saison des fievresputrides. Us en mêlent même alors lesfeuilles en poudre, sous le nom de lalo ,dans leurs divers mets , comme on em-ploie dans d’antres cantons du Sénégal,les feuilles du baobab , qu’ils appellentgoui , pour tempérer la chaleur de leursang.

C’est fans doute pour se conformer àla description d Hermann, que M. Linnéa dit que cette plante portoit ses fleurspendantes, &: il ne l’a vraisemblablementpas vue : elles sont relevées pendant toutle temps de leur épanouissement, ainsique les fruits qui leur succèdent. M. Linnécite encore dans son Species plan arum ,édition de 1753 , 1 e. katu-beloere, figurédans l 'Hortus Malabaricus , volume FT,planche XLUI, comme un individu decette espece ; mais c’est une erreur, lekatu - beloere est une plante d’un genrefort différent ; il ne íàut pas non plusconfondre, comme ont fait quelques au-teurs , le bamia avec l’abelmor, qui estune autre espece de plante du mêmegenre. (M. Aj>anson.)

B AMI AN , ( Géog.) ville d’Asie,&capitale d’une contrée de même nom ,dans le Chorassan. Son pays s’étend àl’orient de la ville de Balkhe, en tirantvers le Kabul, province septentrionaledes Indes. Long. 102. lat. sept. 36, 3^' Gengiskan la saccagea en 1221 , à causequ’il perdit un de íes petits-fils en l’astié-geant : elle ne s’est point rétablie depuis-

t