344 BAN
manque un à l’endroit d’où sort alterna-tivement un pédoncule pendant, unefois plvjs long que le pédicule des feuilles,portant à son extrémité une tête sphéri-que de cinq à six lignes de diamètre,composée de 2<; à 30 fleurs hermaphro-dites , contiguës par leur ovaire qui estau-dessous d’elles & tétragone ou penta-gone blanchâtre. Chaque fleur consiste enun calice court, posé sur l’ovaire diviséen cinq dents , en une corolle monopé-tale blanche, à tube long, partagé encinq à six divisions obliquement tour-nées, & se recouvrant comme celles dupapayer & des apocins elliptiques, égales,deux fois plus longues que larges, quiporte cinq à six étamines courtes à an-thères jaunes, ne débordant pas le som-met du tube. Le style qui part du cen-tre de l’ovaire, égale la hauteur du tube,& est partagé à son extrémité en deuxstigmates demi-cylindriques, roussâtres,veloutés fur leur face interne.
Chaque ovaire , en mûrissent, devientune baie sphéroïde , jaune , à une loge ,contenant quatre oiselets triangulaires,applatis, assez grands & bruns , attachésverticalement au fond du fruit par unsillon oblique , qui est imprimé latérale-ment fur leur partie inférieure. La têteformée par l amas de ces ovaires , prendla figure & la grosseur d’une noix dépouil-lée de son brou, c’est-à-dire , qu’elle aenviron un pouce de diamètre; elle estd’abord verte & ferme ; ensuite elle jau-nit & s’attendrit ayant une saveur amere,austere & arom tique.
Culture. Le bancudu croît aux îlesorientales des Moluques & à Amboinedans les forêts & particulièrement versles côtes maritimes.
Qualités. Toutes les parties de cet ar-bra, écorce, bois, feuilles, fruits coupésou râpés, pendant qu’ils sont encore verds,répandent une odeur assez agréable defoin nouveau. Leur fhveur est amere &austere, peu agréable.
Son bois est blanc vers l’aubier, jaunevers le cœur, rouge vers le pied, assezdur , mais doux &: liant : ses racines &son écorce sont rouges ; & elles prennentnne couleur incarnat , lorsqu’elles ont
BAN
flotté quelque temps dans seau de la mer.'
Usage. La racine de cet arbre a la pro-priété , comme celle de la garance , dedonner à toutes les couleurs rouges de laténacité & de Pintensité ; aussi les habi-tants des Moluques l’emploient-ils , soitfeule, soit avec le bois defappan, pourteindre leurs fils & leur linge en rouge.Ceux d’Amboine, qui préfèrent les cou-leurs tendres aux couleurs foncées ou tropvives , en procurent une approchante decelle du vermillon , minium , mais très-durable, à leurs toiles, en les faisantmacérer dans une infusion de deux par-ties d’écorce des grosses racines du ban-cudu , avec une partie de l’écorce d: desfeuilles de l’arbre alumincux qu’ils ap-pellent leha & un peu d’alun. Lorsqu’flsveulent donner à cette teinture une cou-leur de garance ou de feu , ils font cuirel’écorce du bas du tronc avec l’écorce& les feuilles du leha , & le bois de sap-pan, ou tout autre bois rouge de tein-ture. Ses feuilles s’emploient aussi pourprocurer de la ténacité à la couleur duroucou. Ces racines font un objet de com-merce pour les habitants d’Amboine ,où cet arbre est commun & de meilleurequalité ; ils en portent une quantité con-sidérable de bottes à Java , où on faitbeaucoup de teintures rouges.
Son fruit ne se mange pas pour l’ordi-naire; néanmoins les sauvages de l’île Ce-ram en mangent quelquefois. On les faitaussi manger récemment mûrs aux en-fants qui ont des vers dans les intestins.
Remarques. II est évident que le ban-cudu est une efpece de plante du genre durojocdel’Amérique, qui sert pareillementà teindre en rouge, & qui est de la se-conde section de la famille des aparines& du café , qui contient beaucoup deplantes qui teignent en rouge. Mais ils’est vraisemblablement glissé une erreurdans la description de Rumphe, qui ditque chaque ovaire ne contient qu’uneseule graine, pendant que le rojoc en aquatre. Ce même auteur dit encore qu’ily a fur chaque ovaire une efpece d’é-caille blanche , aussi longue que la fleur,qui ne tombe que lorsque l’ovaire est prèsde fa maturité. Si cette écaille n’est pas