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conserve sa premiere humidité, mais dontelles s’écartent ensuite pour y laisser unvuide à mesure qu’il se seche : dans cetétat de sécheresse, ces cloisons membra-neuses ressemblent assez par leur subs-tance & par leur forme à cette partie dela dure - mere qu’on appelle la faulx.Quoique chacune de ces loges contienneenviron 50 à 60 graines , on ne les ap-perçoit pas à nud à l’ouverture du fruit;on ne voit d’abord que la chair qui lesremplit & qui ne forme qu’une feulemasse quand elle est fraîche & encorehumide : mais cette chair en se desséchantse retire, devient friable & se partaged’elle-même en 50 à 60 polyèdres, oucorps à plusieurs facettes angulaires danschaque loge, qui renferment chacun unesemence brune , noirâtre, ovoïde , re-pliée ou entaillée comme un rein, decinq lignes de longueur , fur trois de dia-mètre , de la sinuosité duquel part uncordon ou filet rougeâtre , ondé, troisou quatre fois plus long qu’elle , qui vients’attacher horizontalement comme à unplacenta, au bord intérieur des cloisons,dans sangle que forment les loges aucentre du fruit. La chair spongieuse estsemée de petits filets semblables, maisplus courts , qui servent à la nourrir.Chaque graine a deux peaux ou enve-loppes , l’une extérieure , brun - noir ,coriace ou plutôt cartilagineuse & commeosseuse, d’une très-grande dureté ; l’au-tre , blanchâtre , épaisse , tendre , quirenferme un embryon courbé en derni-cercle , autour d’un corps charnu , sphé-roïde , blanchâtre, applati , mou &comme gélatineux : cet embryon est com-posé de deux lobes ou cotylédons orbi-culaires, repliés à cinq nervures fur leursurface extérieure & marqués en bas d’unelégere crénelure, d’où part une radiculeconique, un peu plus courte qu’eux, àlaquelle tient la plume conique , c’est-à-dire la petite tige qui par la fuite doit semétamorphoser ou grossir en arbre.
Les poils qu’on observe sur les diversesparties de cet arbre, font de trois esi-peces différentes. Ceux qui recouvrentl'ovaire & la surface interne du calice,sont coniques A très-firnples ; ceux des
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pétales font en fuseau : mais Ceux qu’ontrouve fur les jeunes branches & fur l’ex-térieur du calice, font singuliers , en cequ’ils forment une foie divisée presquejusqu’à sa racine en quatre brins fort peuécartés les uns des autres ; on pourroitappeller cette forte de poils , poil enaigrette.
Lieu. La véritable patrie du baobab estl’Áfrique > & sur-tout la côte occidentalede cette partie du monde qui s’étenddepuis le fleuve Niger jusqu’au royaumede Bénin ; on en voit jusques dans le paysde Galam qui s’étend à plus de cent lieuesde la mer : on pourroit peut-être y com-prendre encore file de Madagascar ; caren lisant avec attention la relation deFlacourt, imprimée en 1661, j’ a i C rureconnoítre dans la description qu’il faitd’un très-gros arbre que les Malgachesappellent anad\ae & anad^e , une con-formité si frappante avec notre baobab ,que je ne doute nullement que ce ne soitlui qu’il a décrit aux pages 141 & 144,& dont il a donné une ligure extrême-ment mauvaise au n Q . 1 50. Enfin, ProsperAlpin dit en avoir vu un qu’on élevoitdans un verger du Caire. On ne trouvele baobab cité fous aucune dénomina-tion , ni dans les catalogues des plantesde l’Asie , ni dans ceux des plantes del’Amérique : ce n’est cependant pas qu’ilne puisse y en avoir actuellement quel-ques - uns dans les climats de ces deuxparties du monde qui font situés fous lazone torride, & sabloneux comme ceuxde f Afrique qui les produit ; mais ils n’yfont pas venus d’cux-mêmes , les Negresesclaves qu’on transporte tous les ans dal’Afrique dans nos colonies, ne manquentguere d’emporter avec eux un sachet degraines qu’ils présument leur devoir êtreutiles ; de ce nombre est toujours celledu baobab : c’est à un pareil transportque sont ou seront dûs ceux qu’on y trou-vera , tels que celui qui commence á por-ter fleurs & fruits à la Martinique : ils s’ynaturaliseront peut-être; mais ce ne ferapas leur pays originaire, & on n’y enverra pas de long-temps qui égalent engrosseur ceux de la côte du Sénégal.
Culture. Le baobab se plaît particuliè-rement