Band 
Tome quatrième.
Seite
377
JPEG-Download
 

B A O

rem en t dans les terreins sablonneux &humides. On en voit aussi dans des can-tons pierreux , comme à Galam , autourdu Cap-verd , & même fur le rocher deBasait qui semble former toute la mallede l’ile de la Magdeleine , où Thevetobserva en i Ç $ ^ ceux que j’ai vus depuisen 1749 ; mais il ne saut pas que son pivotsoit bseste , la moindre écorchure lui estpernicieuse, la carie s’y met bientôt, ellese communique au tronc, & y fait desprogrès très-prompts qui le font périr.C’eíl pour cela qu’on trouve cet arbre enmoindre quantité, & plus petit fur lescôtes maritimes bordées de rochers &dans les terres argilleuses , dures & pier-reuses du pays de Galam, que dans lessables mouvants qui occupent un espacede trente lieues entre l’ile du Sénégal &le Cap-Verd. Sa racine est sujette à sefondre, Iorsqu’on le transplante trop jeuneou trop vieux, lorsqu’il commence àlever 011 lorsqu’il a une dixaine d’années.Le plant de lìx mois jusqu’à deux ans estcelui qui réussit le mieux ; ses branchesprennent aussi de bouture , mais rare-ment , & le progrès de celles qui repren-nent est toujours plus lent que celui desplants qu’on a semés.

Cet arbre quitte ses feuilles au moisde novembre en reprend de nouvellesen juin, fleurit en juillet, & parfait lamaturité de ses fruits en octobre & no-vembre.

Maladies. Outre la carie qui attaque ,comme je l’ai dit, le tronc du baobab ,lorsque ses racines font entamées , cetarbre est encore sujetà une autre maladie,plus rare à la vérité , mais qui n’est pasmoins mortelle pour lui ; c’est une especede moisissure qui se répand dans tout lecorps ligneux & qui l’amoìlit au point den’avoir pas plus de consistance que lamoelle ordinaire des arbres, fans changerfa blancheur naturelle & la texture deses fibres. Dans cet état, ce tronc , toutmonstrueux qu’il est , devient incapablede résister aux coups de vents, & il estcassé par le moindre orage. J’en ai vuun brisé par un pareil événement : il étoithabité par un grand nombre de gros versâ scarabés , najìcornis, & de capri-Tome IV.

B A O ^ 7/

cornes,' ceranibyx , qui ne paroissoientaucunement la cause de cette maladie ;les œufs de ces animaux y avoient été dé-posés de la même maniéré que plusieursinsectes introduisent les leurs en Europedans le tronc du saule, lorsque son boisest dans un état de mollesse à peu prèspareil , quoiqu’il ne l’attaque pas lors-qu’il est sain.

Accroissement. La graine du baobabsemée dans une terre sablonneuse , suffi-samment humide, leve communément aubout de sept à huit jours au Sénégal ;néanmoins j’en ai vu qui restoient desmois & même des années entieres fanslever, dans les serres chaudes de ce pays-ci, fans doute parce que la sécheresse dela terre où on les avoir semées étoit tropgrande , ou parce que la chaleur néces-saire pour les faire germer , n’avoit pasété soutenue assez long-temps. ni portéeau point de chaleur où le soleil porte lessables du Sénégal qui, suivant mes expé-riences , passe souvent le 6;me degré.En levant de terre , ses deux lobes oùcotylédons, qui étoient originairemencorbiculaires , prennent peu à peu uneforme elliptique, & ce n’est qu’au qua-trième jour que la premiere feuille com-mence à se développer. Au bout d’unmois le jeune arbre a environ un pied dehauteur, & son accroiílèment est de prèsde cinq pieds en hauteur , fur un poucea un pouce & demi de diamètre dans lepremier été, tandis qu’en France il neprend guere qu’un pied en hauteur & sixlignes au plus de diamètre dans le mêmeespace de temps , quoiqti’on l’éleve furdes couches & dans des serres dont onentretient la chaleur avec foin , ce quiprouve que cette chaleur artificielle n’estjamais égale à celle qu’a foncièrement laterre du climat natal de cette plante, &qu’elle ne peut jamais la remplacer danstoutes les circonstances requises pour favégétation.

Grandeur. Quoique le tronc des plusgrands baobabs que j’aie vus au Sénégal,eussent vingt - sept pieds de diamètre,cette grosseur, qui passe pour miracu-leuse, ou au moins pour peu croyable auxyeux de nombre de personnes, n’est ce-*