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Tome quatrième.
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Qualités. Toutes les parties du baobababondent en mucilage , c’est - à - dire ,qu’elles contiennent une matière gom-meuse étendue dans beaucoup d’eau ,mais ce mucilage n’est pas fade, il est re-levé par une légere acidité. Lorsqu’ónmet ses feuilles en infusion ou en décoc-tion dans l’eau , leur mucilage se déve-loppe & rend cette eau légèrement vis-queuse. La chair fongueuse & blanche quienveloppe les graines a une saveur aigre-lette aííèz agréable, sur-tout dans" lesfruits de Tannée , qui conservent encoreun peu de léur humidité; mais le tempslni fait perdre beaucoup de fa premierebonté, & elle n’a plus guere défaveurlorfqu’ellc a pris une couleur rougeâtrequi indique fa vieilleíïe ou une espece deputréfaction.

Son bois est, comme nous lavons dit,blanc, & extrêmement mou.

V°.rtus. Ses feuilles & ses fleurs amor-ties au feu , ou cuites dans seau, fontémollientes & résolutives lorsqu’on lesapplique extérieurement en topique. Leurdécoction prise intérieurement modéré latranspiration excessive, corrige ou émouíseI âcrete des humeurs, & tempere la tropgrande ardeur du sang , les inflammationsinternes , les irritations , les ardeursd'urine.

Usages. Le baobab est Tarbre le plusutile & le plus salutaire de tous ceux quicroissent au Sénégal. Quoique les Negrespostèdent nombre d’arbres fruitiers extrê-mement féconds, les bananiers, & mêmeles palmiers cocotiers , qui, dans lesIndes , passent pour les arbres les plusutiles ou les plus nécessaires à la vie , ilsdonnent le pas à leur goui qui est notrebaobab.

Ses feuilles sont les parties dont cesNegres font le plus d’usage. Ils les fontsécher à sombre & les réduisent en unepoudre verte qu’ils appellent lalo. Cettepoudre se conserve parfaitement dans dessachets de toile de coton , fans autreattention que de la tenir au sec. Ils en fontun usage journalier dans leurs aliments,sur-tout dans leur couscons, qui est unmets composé d’une espece de gruau , oude farine grossière de s espece du panis,

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qu’ils appellent dougoup-nionl, ou dusorgo , qu’ils appellent giarnat , simple-ment imbibée d’un coulis de viande oude poisson, & réduite par une manipu-lation particulière & très-délicate, enpetits grains comparables à la finesse dufablon. Ils y en mêlent deux ou troispincées , à peu près comme nous usonsdu poivre & de la muscade dans nosragoûts : ce n’est cependant pas commeépice qu’ils font usage du lalo , car il n’apresqu’aucun goût, mais comme unedrogue salutaire & indispensable pourmodérer l’excès de leur transpiration ,empâter &, pour ainsi dire , épaissir leursang trop atténué & tempérer sa tropgrande ardeur.

Inexpérience m’a appris qu’une ptifane-faite avec les mêmes feuilles , suffit pourpréserver des fievres chaudes qui se ré-pandent comme une épidémie sur lesNegres & encore plus fur les Européens yqu’elle moissonne , pour ainsi dire, pen-dant les mois de septembre & d’octobrec’est-à-dire , dans la saison où les pluiescessant tout-à -coup, le soleil vient àdessécher les eaux qui se sont arrêtées furles terres. La dose de cette boillòn estd’iuie pinte par jour, distribuée en deuxportions dont l’une se boit le matin àjeûn, & l’autre le soir avant que de semettre au lit ; on en peut corriger la fa-deur avec un peu de sucre ou de racinede réglisse. On peut se dispenser d’enboire dans le courant du jour , exceptédans le cas où la migraine annonce l’ap-proche de ces fievres. Cette même ptifaneprévient non seulement les fievres ar-dentes , mais encore les ardeurs d’urine& les diarrhées , qui sont très-fréquentespendant la saison des pluies, appellée lahaute saison , à cause des inondations oudes hautes eaux ; c’est-à-dire, depuis lemois de juillet jusqu’à celui de novembre.

Le fruit du baobab n’a pas moins d’uti-lité que ses feuilles; on en mange, soitseule , soit dans le lait, la chair fongueusequi enveloppe les semences. Ce fruit estun objet de commerce , petit à la vérité ,dans le pays du Sénégal , où Tarbre quile porte est trop répandu , mais assezavantageux pour ceux qui en portent chez“ Bbb z