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Tome quatrième.
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les peuples voisins. Les Manditiges, re-conntfs de tout temps pour les plus grandsvoyageurs de l’Asrique, portent ce fruitdans ía partie orientale & méridionale dece continent, pendant que les Arabesqu’on appelle Maures au Sénégal, le fontpaílêr dans les pays de Maroc , d’où il serépand ensuite en Egypte & dans toutela partie orientale de la Méditerranée.

C’est dans ces pays qu’on réduit la pulpede ce fruit en une poudre qu’on apporteici du Levant, & qu’on connoît depuislong-temps fous le nom très-impropre deterre sigillée de Lemnos. Prosper Alpinest le premier médecin qui ait été à portéede reconnoître dansses voyages en Egypte,que cette poudre , regardée jusqu’à luicomme une terre de l’Archipel , étoitune substance purement végétale & ori-ginaire de I’Ethiopie ou du centre def Afrique. Gette découverte de ProsperAlpin , qui n’a fait aucune sensation dansïa médecine , parce qu’aucun ces savantsdans fart de guérir n’avoit été à portéed’etudier les vertus & les usages qu’a lefruit du baobab au Sénégal, & de lescomparer avec ceux qu’a fa poudre méta-morphosée en terre de Lemnos, méritebien, par ses vertus singulières , par lesavantages qu’on en peut retirer , quenous transcrivions ici le pastàge entierde ce savant médecin. " Ce fruit, dit—il,( De plantis JEgypti, cap. 17.), est ap-porté au grand Caire , non pas dans sonétat de fraîcheur , mais aster sec pour quesa pulpe puiste se réduire en une poudrequ’on appelle dans cette ville , la terrede Lemnos. ( Cayri autan ., quo locorecens frucíus non habetur , ejus pulpâin pulverem paratd ii utuntur qiuz estterra Lemnia , obfervatur : estque apudjnultos fa mil i a rijJim u s illiujce terra ufusad pesiiferas febres , &c. Elle est d unusage familier dans les fievres pestilen-tielles , dans les crachements de sang,, lalienterie > la dysenterie 6: le flux de sanghépatique. On s’eu sert encore pour pro-curer les réglés ( d’autres disent pour enarrêter l’exccs. ) La dose de cette poudre,passée au tamis fin , est d’une dragme : lesmédecins la prescrivent pour les maladiesmentionnées ci-deílùs 3 & la font prendre

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ou en dissolution dans seau de plantin ,ou en décoction dans î’eau commune. Leméme auteur ajoute qu’il a appris quedans les contrées brûlantes de l’Ethiopie,cù ce fruit croît naturellement, les ha-bitants l’empîoient comme un rafraîchis-sant pour éteindre les ardeurs de la soif,& que les gens riches temperentí’on acideavec un peu de sucre : qu’on s’en sertencore plus particulièrement pour foutesles affections chaudes, dans les fievresputrides, sur-tout celles qui font pesti-lentielles , soit en mangeant la pulpe avccdu sucre, soit en buvant son suc tiré parexpression, & mêlé avec une quantitésuffisante de sucre , ou même réduit ensyrop. » Prosper Alpin auroit dû nous.apprendre quels font les peuples de I'E—tluopie, où cette derniere préparationest en usage : ce sont lans doute ceux qui.habitent la partie orientale de l’Asrique,car elle est tout-à-sait inconnue aax.Negres qui font dans la partie occiden-tale , d’autant plus que la canne du sucre,ne croît pas naturellement chez eux , &que, quoiqu’ilsaient une espece de mielqui pouvoit y suppléer , ils n’en font ce-pendant aucun usage. Cela n’empôche pas.néanmoins que tout ce que cet auteur1 apporte fur les vertus du fruit en ques-tion, ne soit conforme à la vérité, & misen pratique chez les Negres.

La coque, ou l’écorce ligneuse ce cefruit, & le fruit lui-même lorsqu’il estgâté, servent aux Negres à faire un ex-cellent savon, en tirant la lessive de sescendres & la faisant bouillir avec Phuilede palmier qui commence à rancir , &dans quelques endroits du pays de Cayor,avec l'huile d’une espece de punaise debois. qui y est très-commune..

Les Negres font encore u.n usage biensingulier de ce monstrueux arbre : on avu qu’il étoit sujet â la carie qui creuse,son tronc , sur tout ceux qui croissentdans les terreins pleins de rochers quiégratignent son pivot , comme il arrivesouvent dans le pays de Cayor, compris- entre le fleuve Niger & le Gambie. Ilsaggrandissent ces cavités & en font deseípeces de chambres, 011 plutôt de vastest cavernes, où lis suspendent les cadavres