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de ceux auxquds ils ne veulent pas ac- |corder les honneurs de ia sépulture : cescadavres s’y dessèchent parfaitement, &y deviennent de véritables momies fansaucune autre préparation. Le plus grandnombre de ces cadavres, ainíi desséchés,est dc ceux des Guiriots: ces gens peu-vent être comparés aux anciens jongleurs,íì fameux chez nos aïeux ; ils font poëtes-muíìciens , tambours & bouffons : il yen a des deux sexes ; ces mercenaires fechargent seuls de Tirr pection des fêtes &des danses dont ils animent la liberté parleurs bouffonneries ; ils font très-nom-breux & répandus dans tout le pays, tanta la cour des rois Negres, que dans lesvillages, où ils divertissent le peuple &les seigneurs, en flattant à outrance dansleurs poésies ceux qui leur donnent quel-ques marques de générosité. Cette eipecede supériorité de talents les rend redou-tables aux Negres pendant leur vie; jlsl’attribuent à quelque chose de surnatu-rel ; mais au lieu dc faire, comme lesanciens Grecs, leurs poètes enfants desdieux , ils les regardent au contrairecomme des sorciers, comme des ministresdu diable, & croient qu’en cette qualité,ils attireroient la malédiction fur la terreou même fur les eaux qui auroient reçulents corps ; c’eíl pourquoi ils les cachent& le dessèchent, comme il a été dit,dans des troncs creux de baobab.
Remarques. Quelques recherches quej’aie faites pour découvrir tout ce qui aété écrit fur le baobab , je n’ai trouvéaucun auteur qui cn ait parlé avant The-vet, qui, dans son livre fur les singula-rités de la France antarctique , impriméen i 557 , en donne une description assezexacte, si l’on en excepte les feuilles qu’ildit semblables à celles du figuier, quoi-qu’elles ressemblent beaucoup plus à cellesdu marronnier.
Jules-Cési.r Scaliger , en i;66 , n’a vuqu’un fruit sec du baobab , apporté de laparti® de l’Ethiopie , appelléebique, &ìzs jeunes pieds qui leverentdc ses gi aines semées à Anvers, ne luimontrèrent que fes premieres' feuillessimples qu’il compare à celles du lau-rier j ils périrent aux premieres appro-
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ches del’biver, faute de ferres chaudes.
L’Eclufe, plus connu fous le nom deClujìus , donna en 1576 une description& une figure assez exacte de son fruit &de fes feuilles parfaites, composées decinq folioles ; mais au lieu de faire tenirles semences à leur placenta commun parun seul filet, amsi qu’elles y tiennenteffectivement, il les y attache par plu-sieurs filets.
Profper Alpin a décrit pareillement &figuré, en 1591, un rameau de baobabchargé de feuilles , de fleurs & fruits jmais, indépendamment de ce qu’on faitpar le propre aveu de cet auteur, quin’en a vu que des jeunes arbres & quedes fruits secs, rabougris & en mauvaisétat, apportés d Ethiopie, on voit clai-rement que fa figure a été faite d’iima-gination : les feuilles y sont simples ,comme celles de l’oranger auxquelles illes compare ; les fleurs à quatre pétalesattachés deux à deux comme les fruits,par un pédicule extrêmement court, cequi est entièrement contraire á l’obser-vation.
Le célébré Gaspard Bauhin n’avoit vuque le fruit du baobab qui lui avoit étéenvoyé de Crete , & qui étoit en moinsmauvais état, comme le témoigne fadescription imprimée en 1596 , clans sonPìnax , liv. II. chap. 10.
On voit encore une description plusexacte du fruit de cet arbre dans les ma-nuscrits de Lippi qui vivoit dans le ficels; dernier, & qui périt malheureusementdans un voyage en Abyssinie qu’il avoitentrepris pour la botanique à la-sollici-tation de M. Lagon, & par Tordre du feuroi Louis XIV , pendant un temps detumulte & de révolutions dans ce pays.Ce manuscrit précieux , & plein d’obfer»vations nouvelles & intéressantes, formeun petit volume in- 4 0 . qui fe voit dansla bibliothèque de M. de Juffieu.
II est aisé de juger, par les passages queje viens de rapporter des divers auteursqui ont parlé du baobab , qu’on n’en apassablement bien connu jufqn’icr que lefruit, que fes feuilles n’avoient pas été’vues dans toute leur étendue, & que per-sonne navoic encore décrit ni l'arbret