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turœquepagnes fortunam ipfo cantu. augn-rantur \ terrent enim , trepidantve , proutfortuit acies. Tant il est vrai qu’il faut,ou étourdir, ou contraindre les hommes,pour les porter à s’entre-détruire, cequ’ils ne feroient point, s’ils conservoientou leur raison, ou leur liberté.
Lorsque faction étoit engagée, les bar-des avoient grand soin de se retirer en unlieu de sûreté , d’où ils pouvoient voir lecombat, & ils mettoient tout ce qu’ilsavoient vu , en vers ; quand un guerrierquittoit son rang ou son poste, sans yêtre forcé , ils le distamoient par des sa-tyres , dont jamais la mémoire ne se per-doit chez des peuples dont la guerrefaisoit presque Tunique occupation. Ontrouve, à la vérité, dans Torfaeus ( Hifi-Reniai'Oreadenfium.) , qu’Olaiis , sur-nommé assez improprement le saint , étantsur le point de combattre, fit poster troisscaldes dans un endroit très-pírilleux,d’où leur vue pouvoit s’étendre fur lesdeux armées ; mais en revanche, il leurdonna un corps de troupes , uniquementdestinés à les défendre, en cas que Ten-nemi eût voulu les enlever. Il est naturelque les souverains & les généraux se soientintéressés plus que personne à la conser-vation des poètes qui se trouvoient dansleurs camps ; car ces poètes étoient seulsen état de faire passer le nom des généraux& des fou ver ain s à la postérité. On ne con-noilîòit pas encore alors les historiens, &lorsqu’on commença à écrire Thistoire cnSuede, en Danemarck, dans la Germa-nie, dan, la Bretagne, dans la Gaule, ilfallut bien recueillir les chansons des bar-des , que tant de personnes savoient parcœur ; aussi Sturiesoon les cite-s-il àchaque page, dans la chronique , &Saxon le grammairien, dans son histoire.On peut être certain que chez tous lespeuples du monde, on a tiré de ces efpe-ces de poèmes, les cinq ou six premierschapitres des annales ; ainsi il ne faut pasextrêmement s’étonner de les voir remplisde fabl«s & de fictions. Charlemagne , siTon en croît Eginhard ( Vit. car. cap. 29. )fit former un recueil de toutes les œuvresdes bardes Saxons ; mais on ne fait pas cegue cette collection peut être devenue >
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hormis que ce ne soit la même dans la-quelle Crantz paroît avoir puisé. En géné-ral , Charlemagne mit trop d’ardeur dansla maniéré dont il s’y prit pour convertir:les Saxons ; il est triste qu’il se soit cruobligé de briser leurs statues, & de démo-lir leurs temples jusqu’aux fondements;ce qui nous a privés d’un grand nombrede monuments , très-propres à éclaircirPorigine des nations germaniques ; il n’ya que Tobstination de ces peuples dansTidolâtríe qui puistè justifier une destruc-tion semblable, qu’on ne sautoir mémepardonner à des barbares, comme lesHuns & les Turcs ? Au reste , les Saxonsconservèrent, malgré tout cela, tant degoût pour les compositions des bardes ,qu’on ne put les leur faire oublier qu’er»mettant aussi la bible en vers tudesques „& alors ils commencerent à montrer quel-que zele pour la nouvelle doctrine, payè-rent les dîmes, envoyerent leur argent àRome pour avoir des bulles & des indul-gences, & furent enfin catholiques, jnf-qu’au moment où ils embrassèrent le lu-théranisme.
Nous n’avons parlé jufqu’à présent quedes services que les bardes ont rendus, enincitant les hommes à combattre pour laliberté , ou pour la patrie , lorsque laliberté fut attaquée par des tyrans ; maisils n’ont pas été aussi absolument inutiles.en temps de paix ; puifqu’iî y a bien de-Tapparence que leurs chants on t contribuéà adoucir un peu les mœurs, &à diminuerun peu la barbarie. Enfin, ce font euxqui ont ébauché Thomme social, mais lesphilosophes seuls Pont formé : car il fautsavoir assigner des bornes aux prétentions' toujours outrées des poètes qui s’imagi-nCiit que fans eux il n’y auroit pas de| peuple policé fur le globe.
Comme Ton a quelquefois confondu lesbardes avec les vaciés ou les cubages, ilfaut, en terminant cet article, indiquerexactement en quoi ils en diftéroient. Lesvaciés, nommés en Celtique faid, fai-soient, à la vérité, de temps en tempsdes vers, mais ils fe mêloient aussi de-prédireles événements d’une maniéré pluspositive que les bardes qui ne s’atrribuoienfrque Tinspiration poétique, & les vaeiis