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Tome quatrième.
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& des lignes diagonales , en variant m ri-tuellement les couleurs dont il est formé.C’est ainsi que l’on dit : il porte barré-bandé , or ù sable. Contre-BARRÉ.Voye\ CONTRE. Urtieres en Savoie,maison éteinte, barre d’or & de gueules,à la bande de losanges accostées de l’unen l'autre. (V)

Barré , adj. ( terme de Palais. ) sy-nonyme à partage ; ainsi lorsqu’on ditque les juges ou les avis font barrés , c’est-à- dire qu’il y a deux sentiments ouvertspar la chambre , lesquels sont tous deuxappuyés d’un égal nombre de lustrages.P r oje7 t Partage. Voye\ aussi Compar-ateur. (H)

BARREAU, f. m. ( Belles-Lettres . )He barreau est le lieu où l’on plaide de-vant les juges ; & le genre de style oud’ésoquence en usage dans la plaidoirie,s’appelle style du barreau , éloquence dubarreau.

On a souvent confondu , en parlantdes anciens, le barreau avec la tribune,& les avocats avec les orateurs , fansdoute à cause que l’un de ces emploismenoit à l’autre , & que bien souvent lemême homme les exerçoit à la fois.

Il y avoit à Athènes trois fortes detribunaux, celui de l’aréopage, qui nejugeoit qu’au criminel, & d’où l’élo-quence pathétique étoit bannie ; celuides juges particuliers , devant lesquels fepi ai dolent les causes qui n’étoient pascapitales; & celui du peuple, auquel ondéférois une loi qu’on croyoit injuste, &qui avoit droit de l’abroger. Les deuxpremiers de ces tribunaux répondoient ànotre barreau , le dernier répondoit auforum ou à la tribune Romaine.

Tant que Rome fut libre , le forum,ou le peuple etoit juge , fut le tribunalsuprême. Le tribunal des préteurs , celuides censeurs , celui des chevaliers, celuidu sénat même étoit subordonné à celui.du peuple ; mais depuis César & sous lesempereurs, toutes les grandes causes fu-rent attribuées au sénat ; l’autorité desprêteurs s’accrut ; celle du peuple futanéantie ; & l’éloquence de la tribunepérit avec la liberté.

Ainsi dans Rome & dans Athènes ,

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tantôt les causes fe plaidoient devant desjuges esclaves de la loi, tantôt devant lelégislateur, qui avoit le droit d’abrogerla loi , de l’adoucir, de la changer , dela laisser dormir, de lui imposer silence,en un mot de mettre fa volonté à laplace de la loi même : voilà ce qui dis-tingue essentiellement le barreau d’avecla tribune. _

Autant les fonctions de l’orateur étoienten honneur dans Athènes & dans Rome,autant la profession d’avocat y fut aviliepar la vénalité, la corruption & la mau-vaise foi : Démosthene , qui l'avoit exer-cée , se vantoit d’avoir reçu cinq talentspour se taire dans une cause où fans douteon appréhendoit qu’il ne parlât ; & commeil s’étoit fait payer son silence, on jugebien que lui & ses pareils faisoient encoremieux acheter leur voix. Rien ne fut plusvénal dans Rome , dit Tacite , que laperfidie des avocats.

Chez nos bons aïeux , lorsque tous lescrimes étoient taxés, que pour cent folson pouvoit couper le nez ou l’oreille àun homme , ce beau tarif appuyé de lapreuve ou par témoin , ou par serment,ou par le sort des armes , avoit peu besoind’avocats ; les loix romaines introdujtesles rendirent plus nécessaires ; mais lebarreauno prit une forme raisonnable &décente que dans le quatorzième siecle,lorsque le parlement devenu sédentaire ,sous Philippe le Bel, fut le refuge dal’innocence & de la foiblesse, si long-temps opprimées aux tribunaux militaires& barbares des grands vassaux.

L’usage de faire parler pour foi unhomme plus instruit, plus habile que foi,a dû s’introduire par-tout où la raison &la justice ont pu se faire entendre. Maiscette institution avoit un vice radical,d’où sont dérivés tous les vices de l’élo-quence du barreau : l’avocat, en plaidantune cause qui n’est pas la sienne, joue unrôle qui n’est pas le sien. Voilà pourquoi,si l’on en croit Aristophane, Cicéron,Pétrone , Quintilien, [la déclamation aété dans tous les temps le caractère do-minant de l’éloquence du barreau.

Si les plaideurs étoient leurs avocatseux-mêmes, ils expofei'oient les faits avecM m m 2.