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simplicité , ils diroient leurs raisons fansemphase ; & s’ils employoient les mou-vements d’une éloquence passionnée , . cesmouvements feroient placés & feroientau moins pardonnables.
Mais un avocat revêtu du personnagedn plaideur , a besoin d’un art prodigieuxpour le jouer d’après nature ; &: au défautde ce talent fi rare , il met à la place del’éîoquence naturelle, une déclamationfactice , tantôt ridicule , par l’abus del'esprit & par l'enflure des paroles, tantôtrévoltante par l’on impudence, tantôt cri- .minelle par ses artifices ou par ses odieuxexcès.
Quand c’est par vanité que l’orateur,dans une cause qui ne demande que de laraison , de la clarté , de la méthode ,cherche à répandre les fleurs d’une rhé-torique étudiée, l’orateur n’est que ridi-cule ; & s’il est jeune on pardonne à sonâge. Mais lórsqu’oubliant son caractère,il prend le rôle de boufton, & , par desrailleries indécentes, cherche à faire rireles juges , il se dégrade & s’aviiit.
Lorsque dans une cause, qui de sa na-ture ne peut exciter aucun des mouve-ments de I’éloquence véhémente y il sebat les flancs pour paroître ému & pourémouvoir , qu’il emploie de grands motspour exprimer de petites choses, & qu’ilprodigue les figures les plus hardies & lesplus fortes pour un sujet Ample & com-mun ( ce que Montagne appelle faire degrands souliers pour de petits pieds ), iln’est qu’un charlatan & un mauvais dé-clamateur. Mais lorsqu’il se met à la placed’un plaideur outré de colere , & qu’ilvomit pour lui tout ce que la vengeance,la haine envenimée peut avoir de noir-ceur & de malignité , qu’il déshonore unhomme, une famille entiere, fous le pré-texte souvent léger que sa. cause l’y auto-rise , il est l’esdave des raflions d’autrui,le plus lâche des complaisants, & le plusvil des mercénaires. Cette licence , tropIong-temps effrénée , a été quelquefoislsopprobrc du harreau moderne, & quoi-qu’en généial l'honnêteté soit l’ame del'ordre des avocats, ils n’ont peut-êtrepas été aíléz sévcics à réprimer un abusii errant.
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u Cet ordre aníîì ancien que la magis-trature , aussi noble que la vertu , auílïnécessaire que la justice ( c’est M. d’A-.guestèau qui parle, où l’homme, uniqueauteur de son élévation, tient tous lesautres hommes dans la dépendance de seslumières & les force de rendre hom-mage à la feule supériorité de l’on génie yheureux de ne devoir ni les dignités auxrichesses , ni la gloire aux dignités » , nedoit rien souffrir qui profane un caractèresi sacré.
Qu’un avocat soit pénétré de la sain-teté de ses fonctions, il commencera patne se charger que de la cause qu’il croirajuste ; alors, écartant l’artifice, il armerala vérité de tous les traits de force & de:lumiere qui peuvent frapper les esprits *il dédaignera les ornements puériles &ambitieux, il parlera avec le sérieux dela décence & de la bonne foi, & s’il sepermet l’ironie , ce ne sera que d’un toní’évere & pour attacher le mépris à cequi le doit inspirer; son respect pour lesloix se communiquera aux juges, & leurrappellera, s’iîs peuvent l’oublier, ladignité de leurs fonctions ; ce même res-pect se répandra dans l’astèmblée des au-diteurs ; il les avertira , comme a fait denos jours l’un de nos avocats les plus cé-lébrés , que le barreau n’est pas un théâ-tre , ni Isol ateur un comédien ; & qu’unecause où il s’agit de décider ce qui estjuste , est profanée par des applaudistè-ments réservés à ce qui n’est qu’ingénieux.
Avouons cependant , ce que M. d’A-guesseau n’a pas craint d’avouer, que lesjuges font des hommes, & que la véritén’est pas assez sûre d’elle-même avec eux,pour dédaigner les ornements de sart.
Sa premiere vertu , dit-il, en parlant del’avocat, est de connoître les défauts desautres ( & c’est de ses juges qu’il parle) ;fa sagesse consiste à découvrir leurs pas-sions , & íâ force à savoir profiter de leurfoiblestè. Les aines les plus rebelles, lesesprits les plus opiniâtres fur lesquels laraison 11’avoit point de prise & qui ré-sistoient à l’évidence même , se laissententraîner par battrait de la persuasion;la passion triomphe de ceux que la raisonF n’qvoit pu dompter ; leur voix se mêle.