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Tome quatrième.
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fi ces moyens lui avoient été rígoureu- |sement interdits.

Lorsqu’on voit paraître au barreaucette enchanteresse publique , cette élo-quence piperejse , comme l’appelle Mon- ,tagne, on croit revoir Phriné dévoiléepar Hypéride aux yeux de ses juges. Queleur demandez-vous ? d’être justes? deprononcer comme la loi? Vous n’avezpas besoin d’intéresser leurs pallions : lecœur que vous voulez toucher doit êtreimmobile & muet. Il en est donc de l’élo-quence pathétique -comme des sollicita-tions ; & si l’orateur ne veut pas se dé-grader lui-même, & offenser les juges,en employant pour les gagner les manegeshonteux d’une éloquence corruptrice, ilne plaidera devant ceux qui doivent êtrela loi vivante que comme il plaideraitdevant la loi , fi, telle que l'imagina-tion se la peint, incorruptible & inal-térable , elle réfidoit dans son temple.Or on voit bien qu’il serait absurde d’em-pîoyer devant elle les mouvements pas-sionnés.

Le principe de l’éloquence du barreauest donc que le juge a besoin d’être éclairé,non d’être ému.

Cette réglé a pourtanf quelques ex-ceptions : la premiere, Iorsqu’il s’agitd’apprécier la moralité des actions, d’enestimer le tort , l’injure, le dommage,de déterminer leur degré d’iniquité oude malice, & de décider à quel pointelles font dignes devant la loi de sévéritéou d'indulgence, de châtiment ou depardon. Dans ces causes, la loi, qui n’apu tout prévoir , laiffe l’homme juge del’homme, & les faits étant du ressort dusentiment, le cœur doit les juger. Alorsil est permis fans doute à l’orateur deparler au cœur fans langage de solliciterîa pitié en faveur de ce qui en est digne,l’indulgence en faveur de la fragilité ; defaire servir la foiblesse d’excuse à la foi-blestè même, & l’attrait naturel d’unepassion douce d’excuse à ses égarements ;& au contraire de présenter les faitsodieux dans toute la noirceur qui les ca-ractérise ; de développer les replis de l’ar-tifice & du mensonge ; de peindre sansménagement la fraude ou ^usurpation ,

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l’ame d’un fourbe démasqué cm d’un scé-lérat confondu.

Mais alors même en tirant de fa causeles preuves, les moyens pressants qui larendent victorieuse, on doit éviter leridicule d’en exagérer l’importance & d’yemployer ces mouvements outrés ou dessecours empruntés de trop loin.

Lisez dans le plaidoyer de le Maître,pour une fille désavouée , le parallèled’Andromaque avec Marie Cognot. Dansle plaidoyer de ce même avocat pourune servante séduite par un clerc , parceque le clerc a voulu se piquer avec soncanif, pour signer de son sang une pro-messe de mariage, vous attendez-vous àle voir comparé à Catilina, qui fit boiredu sang humain à ses complices ?

Ce n’est pas qu’une petite cause n’aitquelquefois de grands moyens, mais c’estpar des rapports qui lui donnent de l’im-portance.

Dès que Patru a lié l’intérêt d’un graduéavec celui de toutes les provinces réuniesà la monarchie ; que c’est un point dedroit public qu’il est question de décider j& que d’un bénéfice de quarante écus,il a fait la cause du concordat . celle deslettres & des sciences, celle des libertésde l’églife , celle des peuples & des rois ;qu’il fasse paraître l’université aux piedsdu grand conseil, implorant l’appui dumonarque en faveur de ses droits usurpéspar la cour de Rome,* q-u’à propos decette usurpation, il compare la mau-vaise foi de la Daterie à celle des Car-thaginois ; qu’il compare le sophisme despapes à l'égard de la Preste, à celui d’An-nibal à l’égard de Sagiinte ; qu’il ajouteenfin que Rome la moderne n’a pourtoutes armes dans cette cause qu’un mau-vais artifice que la vieille Rome, Romela sage, la vertueuse , a si hautementcondamné ; cela est d’autant mieux placé,que c’est devant le grand conseil, &comme en présence du roi qu’il plaide ;& qu’il dépend du souverain dans cettecause de se relâcher de ses droits, ou deles conserver dans leur intégrité.

Une autre espece de causes où l’élo-quence pathétique peut avoir lieu , c’estlorsque le droit incertain , laistè , pour