57$ BAT
une bête est dans l’eau , alors on dit auxchiens, il bat t eau.
Se faire battre , c’est se faire chasserlong-ten'.ps dans un même canton : ondit, ce chevreuil s’est fait battre long-temps.
* Battre , dans les artsme'chanïques,a distérentes acceptions : tantôt il leprend pour forger , comme chez pres-que tous les ouvriers en métaux ; tantôtpour écraser , comme chez presque tousles ouvriers qui emploient la pierre, lesminéraux , les fossiles. On bat le beurre;FLEeurre. On bat le tan; V. Tan.On bat en grange ; V. BATTAGE. On batdes pieux pour les enfoncer; V. MOUTON.On bat le papier , l’or , f argent, les li-vres, &c. V. ci-dejsous quelques autressignifications du même terme, ou quel-ques-unes des précédentes plus détaillées.
* Battre for, Vargent , le cuivre:( Ordre encyc. Entend. Mem. Hist.de la Nat. employée , Arts Méchan. Artde battre dor. ) c’est faction de réduireces métaux en feuilles extrêmement min-ces , mais plus ou moins cependant, se-lon le prix qu’on se propose de les ven-dre ; cette action s’appelle batte , & f ou-vrier batteur.
Les opérations principales font la fen-te , la forge , le tirage au moulin , & labatte. On peut appliquer ce que nousallons dire de for aux autres métaux duc-tiles.
Le Batteur d’or , à force de battre cemétal fur le marbre avec un marteau ,dans des moules de velin ou de boyaude bœuf, le réduit en feuilles très légè-res & très minces, propres à dorer le cui-vre , f acier , le bots , &c.
Cet art est très - ancien ; quoique lesRomains ne f aient pas poussé aussi loinque nous, il est sûr que d’abord aprèsla ruine de Carthage & pendant la cen-sure de Lucius Mummius , on commencaà dorer les planchers des maisons deRome ; que les lan bris du Capitulefurent les premiers fur lesquels on enfit fessai que dans la fuite le luxedevint fi grand que les particuliers firentdorer les plafonds & les murs de leursappartements-
BAT
Pline nous afiùre qu’ìls ne tiroientd’une once d’or que cinq à six centsfeuilles de quatre doigts en quarté, maisqu’on auroit pu en tirer un plus grandnombre, vu leur épaistfeur , que les plusépailíès portoient le nom de preneftines,d’une statue de la fortune placée à Pre-neste, & qui étoit dorée de ces feuillesépaisses , & qu’on appelloit qiteftorialescelles qui étoient d’une moindre épais-seur.
Nos batteurs d’or font leurs feuilles siminces & si déliées , qu’on est surprisque l’industrie & la patience de ces ou-vriers aient pu aller jusques-là. On a re-marqué qu’ure once d’or se peut diviseren 1 600 feuilles de trois pouces une ligneen quarré,ce qui fait quinze cents quatre-vingts-dix mille quatre-vingts douze foisplus que son premier volume; d’autresdisent six cents cinquante-un mille centcinquante neuf fois.
L’or íe bat fur un bloc de marbre ,ordinairement noir, très - uni, d’un pieden quarré , élevé de terre de trois pieds.On se sert pour le battre de trois espe-ces de marteaux , en forme de masiès oumaillets de fer poli ; le premier de troisà quatre livres pesant , sert pour chas-ser ; le second de onze à douze livres rpour fermer , & le dernier de quatorze àquinze livres, pour étendre & achever :ce font trois termes de fart qui com-prennent depuis la premiere jusqu’à laderniere façon de l’or qu’on bat en feuille.
On se sert aussi de quatre moules dedifférentes grandeurs; savoir, ceux devélin , dont le plus petit de quarante àcinquante feuilles , se nomme le petit:moule à caucher , & fautre , d’environdeux cents feuilles, est appellégrandmo^/eà caucher.
Les deux autres de cinq cents feuilleschacun , font d’un certain boyau de bœufbien dégraissé & préparé , auquel on adonné le nom de baudruche. Commentles hommes se sont-ils avisés d’aller cher-cher fur le boyau d’un bœuf cette pelli-cule déliée , fans laquelle ils auroierjpeu bien de la peine à étendre for ? Cene font sûrement pas des considérationsphilosophiques qui les ont conduits là»