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cette destination étoit à la vérité un don.de Dieu , mais un don que Dieu ne pou-îvoit leur refuser sans déroger à sa bonté, \à fa sainteté, à sa justice. Telle est la doc- ltrine de Laïus dans son livre de PJ un ^ jhominis jujìitiâ, sur-tout chap. viij- &elle est exprimée dans les propositions ,zí , 2.3 , 24, 26, a 7 , ^, 71 &con-damnées par la bulle de Pie V. 2 . Si Dieun’a pu créer les anges & i’homme dans cepremier état, fans cette destination essen-tielle , il est évîdent qu’il a été dans l’o-bligation indispensable de leur départirles moyens nécessaires pour arriver à leurfin ; d’où st résulte que toutes les grâces,soit actuelles, soit habituelles qu’ils ontreçues dans l'état d’innocence , leuretoient dues comme une fuite naturelleoe leur création. 3 0 . Que les mérites desvertus & des bonnes actions étoient demême efpece, c’est-à-dire, naturels, ouce qui revient au même, le fruit de lapremiere création. 4 0 . Que la félicitéeternelle attachée à ces mérites étoit demême ordre, c’est-à-dire une pure rétri-bution , où la libéralité gratuite de Dieun’entroit pour rien ; en un mot qu’elleétoit une récompense & non pas une grâ-ce. Dans cc système . les dons divins gra-tuits n’a voient donc point de lieu dansl’écoromie du salut des anges & du pre-mier homme , puisque tout y étoit dû &un apanage nécessaire de la nature inno-cente. 5^. Ensin par rapport à cet état,Laïus & ses disciples ont erré fur ce quiconcerne la connoissance des devoirs,l’exemption des souffrances, & l’immor-talité, en soutenant que l’homme inno-cent étoit à I abri de l’ignorance , despeines & de la mort en vertu de fa créa-tion , & que l’exemption de tous ces mauxétoit une dette que Dieu payoit à l’étatd’innocence, ou un ordre établi par la loinaturelle toujours invariable , parcequelle a pour objet ce qui est essentielle-ment bon & juste. C’est la doctrine ex-presse des propositions 53,69,70, & 7Sde Laïus. V. le P. Duchesne , histoire duBa'LaniJme , liv. II , pag. 1 77, 180 , &liv. IV, page 356 ù sti. & le traité hist& dogm. fur la doctrine de Baïus , purTabbé de la Chambre, tome l, chap. ij ,pag. 4.9 6 fuiv. I
U. Quant à l’état de nature tombée, >
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voici les erreurs de Baïus & de ses secta-teurs fur la nature du péché originel, fatransfusion & ses fuites. i c . Dans leursystème le péché originel n’est autre choseque la concupiscence habituelle domi-nante. 2, 0 . Cette idée supposée, la transifusion du péché d’Adam n’est plus unmystère qui révolte la raison ; ce n’estplus l’esset du violement d’une loi deDieu qui ait attaché le fort des hommesà la fidélité de leur premier pere. Cepéché se transmet de la mème maniéréque l’aveuglement, la goutte, & les au-tres mauvaises qualités physiques de ceuxdont on tient la naissance ; cette commu-nication se sait indépendamment de toutarrangement arbitraire de !a part de Dieu ;tout péché par fa nature ayant la forced'infecter le tranfgrejfeur & toute fa pos-térité, comme a fait le péché originel ,prop. fo. & cependant ce dernier est ennous fans aucun rapport à la volonté dapremier pere , prop. 46. Sur les suites dupcché originel Baïus dit, l 3 . que le librearbitre Jans la grâce ré a de forces quepour pécher , prop. 28.2°. qu’il ne peutéviter aucun péché , prop. 29. que tout cequi en Jort, même P infidélité négative, estun péché; que Cejclave du péché obéittoujours à la cupidité dominante ; quejusqu’à ce qu’il agiííè par l’impreffion dela charité, toutes ses actions partent dela cupidité & font des péchés, prop. 34,36, 64, 68, &c. 3 0 . qu’il nc peut y avoiren lui aucun amour légitime dans l’ordrenaturel , pas mème de Dieu, aucun actede justice, aucun bon usage du libre arbi-tre , ce qui paroi t dans les infidèles, donttoutes les actions Jbnt des péchés , commeles vertus des philojbphes Jont des vices ,prop. 25 ]& 26. Ainsi , félon Baïus , lanature tombée & destituée de la grâce, estdans une impuissance générale à tout bien,& toujours déterminée au mal que fa cu-pidité dominante lui propose. 11 ne luireste ni liberté de contrariété, ni libertéde contradiction exempte de nécessité :incapable rì’aucun bien, elle ne peut pro-*duire d’action qui ne soit un péché ; &nécessitée au mal, elle s’y porte au gré dupenchant qui la domine , & n’en est nímoins criminelle ni moins punissable de-vant Dieu.
III. Lc» erreurs de Laïus , dTIestèls,