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Laïus pour l’engager à se soumettre sanstergiversation. Baïus hésita quelque teins,
& se soumit enfin en donnant à Morillonune révocation des propositions condam-nées. Mais après la mort de Josse Ravef-tein, arrivée en IÇ70 , Laïus & ses disci-ples remuerent de nouveau : GrégoireXIII, pour mettre fin à ces troubles,donna une bulle le 9 Janvier 1579 , enconfirmation de celle de Pie V son prédé-ceslêur , & choisit pour la faire accepterpar l’université deLouvain, François To-let Jésuite , & depuis Cardinal. Baïus ré-tracla alors ses propositions, & de vivevoix , & par un écrit signé de fa main,datédu ?.H.Marsiç8o. Dans les huit annéessuivantes qui s’écoulerent jusqu’à la mortde Baïus, les contestations se réveillèrent,
& ne surent enfin assoupies que par uncorps de doctrine dressé par les Théolo-giens de Fou vain, & adopté par ceux deDouai. Jacques Janson , professeur deThéologie à Louvain , voulut ressusciterles opinions de Baïus , & en chargea lefameux Cornélius Janfénius, son éleve,qui, dans son ouvrage intitulé Augufii-nus , a renouvelle les principes & la plu-part des erreurs de Baïus.
Corneille Janfénius avoit travaillé 20ans à son ouvrage. II y mit la dernieremain avant fa mort, & laissa à quelquesamis le soin de le publier.
Ce livre le fut en effet en 1640 àLouvain en un vol. ìn-fol. divisé en troisparties , qui traitent principalement de lagrâce.
On trouve dans l’ouvrage de Janfénius,& dans son testament, diverses protesta-tions de ía soumission au S. Siégé.
Le Pape Urbain Vils. proscrivit en1649 1 ' Atigustinus de Corneille Janfénius,comme renouvellant les erreurs du Baya-nisine. Cornet, syndic de la faculté , entira quelques propositions qu’il déféra àla Sorbonne , qui les condamna. Le doc-teur Saint-Amour & soixante & dix au-tres appelleront de cette décision au par-lement. La faculté porta l’affàire devantle clergé. Les prélats , dit M. Godeau,voyant les esprits trop échauffés, crai-gnirent de prononcer , & renvoyèrent lachose au pape Innocent X. Cinq cardinaux& treize consulteurs tinrent par ordied’Innocent, dans l’espace de deux ans &
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quelques mois , t rente-six congrégations.
Le pape présida en personne aux dix der-nieres. Les propositions y furent discu-tées. Le docteur Saint-Amour , l’abbé deBourzeis , & quelques autres qui défen-doient la cause de Janfénius, furent en-tendus ; & l'on vit paroître en 1653 1«jugement de Rome qui censure & quali-fie les propositions suivantes.
Premiere proposition. Aliqua Dei p r ex-cepta homirúbus jujiis volentibus & co~nantibus , Jecundùm présentes quas ha-bent vires , Junt impojfibilia. Deeft quo-que illis gratia quâ pojfibilia fiant. Quel-ques commandements de Dieu font im-possibles à des hommes justes qui veu-lent accomplir , & qui font à cet effetdes efforts selon les forces présentes qu’ils! ont. La grâce même qui les leur rendroitpossibles, leur manque.
Cette proposition qui se trouve motpour mot dans Janfénius, fut déclaréetéméraire, impie, blasphématoire, frap-pée d’anathême, & hérétique.
Calvin avoit prétendu que tous lescommandements sont impossibles à tousles justes, même avec la grâce efficace,
& cette erreur avoit été proscrite dansla sixième session d u concile de Trente.
La doctrine de l’Eglise est que Deusimpojfibilia non jubet , Je d jubendo mo-net & facere quod poffìs , & petere quodnon pojjìs ; que Dieu n'ordonne riend’impoílible , mais avertit en ordonnant& dc faire ce que l’on peut,. & de de-mander ce que l’on ne peut pas.
Seconde proposition : ìnteriori graticeinjìatu natures lapj 'œ numquam rejìjlitur.Dans l’état de nature tombée , on ne ré-siste jamais à la grâce intérieure.
Cette proposition n’est pas mot à motdans l’ouvrage de Janfénius : mais la doc-trine qu’elle présente fut notée d’héré-sie , parce qu’elle parut opposée à cesparoles de J. C. Jérusalem ,quoties vo-lai congregare filios tuos , Jicut gallinacongregat pullos fuos J'ub alis , & noluif-ti. Jérusalem , combien de sois n’ai-je pasvoulu rassembler tes enfants , comme lapoule rassemble ses petits sous ses ailes,& tu ne l’as pas voulu ? & á celles-cique S. Étienne adresse aux Juifs : dardcervicc inctrcumcifis cordibus , vos fern-per Spirituifanclo refistitis . Têtes dures,