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Tome quatrième.
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une idée d’extase & de ravissement, qu’onn’éprouve ni dans le bonheur , ni dans ìafélicité de ce monde. C’est aux autres àfaire notre bonheur ; notre félicité dépenddavantage de nous ; il n’y a que Dieu quipuisse nous conduire à la béatitude. Lebonheur ejl pour les riches } dit M. l’abbéGirard dans ses Synonymes , la félicitépour les sages ,• & la béatitude pour lespauvres d’efprit.

* BEAU , adj, (Métaphysique.) Avantque d’entrer dans la recherche difficile del’origine du beau , je remarquerai d’abordavec tous les auteurs qui en ont écrit,que par une forte de fatalité , les chosesdont on parle le plus parmi les hommes ,l'ont aííèz ordinairement celles qu’on con-noît le moins ; & que telle est entre beau-coup d’autres , la nature du beau. Toutle monde raisonne du beau : on l’admiredans les ouvrages de la nature : on l’exigedans les productions des Arts : on accordeou l’on refuse cette qualité à tout moment;cependant íì l’on demande aux hommesdu goût le plus fur & le plus exquis, quelleest son origine , sa nature , sa notion pré-cise , sa véritable idée , son exacte défini-tion ; fi c’est quelque chose d’absolu oude relatif ; s’ii y a un beau essentiel, éter-nel , immuable , réglé & modele du beausubalterne ; ou 's’il en est de la beautécomme des modes r on voir auífi-tôt lessentimens partagés ; & les uns avouentleur ignorance , les autres se jettent dansle scepticisme. Comment se fàit-il quepresque tous les hommes soient d’accordqu’il y a un beau ; qu’il y en ait tant en-tr’eux qui le sentent vivement où il est,Lc que fi peu sachent ce que c’est ?

Pour parvenir , s’il est possible , à lasolution de ces difficultés , nous commen-cerons par exposer les dissérens sentimensdes auteurs qui ont écrit le mieux fur lebeau ; nous proposerons ensuite nos idéesfur le méme sujet, & nous finirons cetarticle par des observations générales furl’entendement humain & ses opérationsrelatives à la question dont il s’agit.

Platon a écrit deux dialogues du beau,le Phedre & le grand Hippias : dans celui-ci il enseigne plutôt ce que le beau n’estgas, c|uç ce qu’il est ; & dans l’autre , il

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parle moins du beau que de l'amour naturelqu’on a pour lui. II ne s’agit dans le grandHippias que de confondre la vanité d'unsophiste ; & dans le Phedie , que de palierquelques momëns agréables avec un amidans un lieu délicieux.

S. Augustin avoir composé un traité surle beau : mais cet ouvrage est perdu , &íi ne nous reste de S. Augustin fur cet objetimportant, que quelques idées épaisses dansses écrits , par lesquelles on volt que cerapport exact des parties d'un tout en-tr’elles , qui le constitue un „ étoit, selonlui, le caractère distinctis de la beauté. Sije demande à un architecte, dit ce grandhomme , pourquoi ayant élevé une arcadeà une des ailes de son bâtiment, il en faitautant a l’autre : il me répondra sans doute,que c’ejl afn que les membres de son archi-tecture fymmétrifent bien ensemble. Maispourquoi cette symmétrie vous paroît-ellenécessaire ? Par la raison qu’elle plaît.Mais qui êtes-vous pour vous ériger enarbitre de ce qui doit plaire ou ne pasplaire aux hommes ? & d’où savez-vousque la symmétrie nous plaît ? J’en fuis sûr ,parce que les choses ainji disposées ont dela décence , de la juflejfe , de la grâce ;en un mot parce que cela ejl beau. Fortbien : mais dites-moi, cela est-il beau parcequ’il plaît ? ou cela plaît -il parce qu’il estbeau ? Sans difficulté cela plaît } parcequ’il ejl beau. je le crois comme vous :mais je vous demande encore pourquoicela est-il beau ? & fi ma question vousembarraslè , parce qu’en effet les maîtresde votre art ne vont guere jusques-Ià, vousconviendrez du moins fans peine que lasimilitude , Pégalité , la convenance desparties de votre bâtiment , réduit tout àune espece d’unité qui contente la raison.C’ejl ce que je voulois dire. Oui ; maisprenez-y garde , il n’y a point de vraieunité dans les corps , puisqu’ijs font touscomposés, d’un nombre innombrable departies , dont chacune est encore composéed’une infinité d’autres. Où la voyez-vousdonc cette unité qui vous dirige dans laconstruction de votre dessein ; cette unitéque vous regardez dans votre art commeune loi inviolable ; cette unité que votreédifice doit imiter pour être beau , mais

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