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Tome quatrième.
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sens de ía vue est une faculté par laquellenous recevons la notion des couleurs &des figures. Cet auteur & ses sectateursmettent tout en œuvre pour démontrer laréalité & la nécessité de ce sixième sens ,•& voici comment ils s’y prennent.

i°. Notre ame , disent-ils, est passivedans le plaisir & dans le déplaisir. Lesobjets ne nous affectent pas précisémentcomme nous le souhaiterions ; les uns fontfur notre ame une impression nécestàire deplaisir ; d’autres nous déplaisent nécessaire-ment : tout le pouvoir de notre volonté seréduit à rechercher la premiere sorte d’objet,& à fuir Pautre : c’est la constitution mêmede notre nature , quelquefois individuelle ,qui noûs rend les uns agréables & les autresdésagréables. Voye\ Peine & PLAISIR.

2°. II n’est peut-être aucun objet quipuiíse affecter notre ame , fans lui êtreplus ou moins une occasion nécestàire deplaisir ou de déplaisir. Une figure , unouvrage d’architecture ou de peinture , unecomposition de musique , une action , unsentiment, un caractère , une expression ,un discours ; toutes ces choses nous plai-sent ou nous déplaisent de quelque maniéré.Nous sentons que le plaisir ou le déplaisirs’excite nécestàirement par la contempla-tion de l’idée qui se présente alors à notreesprit avec toutes ses circonstances. Cetteimpression se fait , quoiqu’il n’y ait riendans quelques-unes de ces idées de ce qu’onappelle ordinairement perceptions sensibles;& dans celles qui viennent des sens , leplaisir ou le déplaisir qui les accompagne ,naît de l’ordre ou du désordre , de l’arran-gement ou défaut de symmétrie , de l’imi-tation ou de la bizarrerie qu’on remarquedans les objets ; & non des idées simplesde la couleur, du son, & de Pétendue,considérées solitairement. Voye\ GOUT.

3°. Cela posé, j’appelie , dit M. Hutche-son , du nom de sens internes , ces déter-minations de Pâme à se plaire ou à se dé-plaire à certaines formes ou à certainesidées, quand elle les considéré : & pourdistinguer les sens internes des facultés cor-porelles connues fous ce nom , j’appellesens interne du beau , la faculté qui discernele beau dans la régularité , l’ordre & l’har-monie j & sens interne du bon , celle qui

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approuve les affections , les actions , lecaractères des agens raisonnables & ver-tueux. Voye\ Bon.

4°. Comme les déterminations de l’ameà se plaire ou à se déplaire à certainesformes ou à certaines idées , quand elle lesconsidéré , s’observent dans tous les hom-mes , à moins qu’ils ne soient stupides ;fans rechercher encore ce que c’est quele beau , il est constant qu’il y a dans tousles hommes un sens naturel & propre pourcet objet ; qu’ils s’accordent à trouver dela beauté dans les figures , aussi générale-ment qu’à éprouver de la douleur à l’aç-proche d’un trop grand feu , ou du plaisirà manger quand ils font pressés par Pappétit,quoiqu’il y ait entr’eux une diversité degoûts infinie.

Aussi-tot que nous naissons , nossens externes commencent à s’exercer &à nous transmettre des perceptions desobjets sensibles ; & c’est-là fans doute cequi nous persuade qu’ils font naturels. Maisles objets de ce que j’appelle des sens in-ternes , ou les sens du beau & du bon , nese présentent pas si-tôt à notre esprit. IIse passe du temps avant que les enfansréfléchistênt, ou du moins qu’ils donnentdes indices de réflexion fur les proportions,ressemblances & symmétries , fur ses affec-tions & ses caractères : ils ne connoislèntqu’un peu tard les choses qui excitent legoût ou la répugnance intérieure ; & c’estlà ce qui fait imaginer que ces facultésque j’appelle les sens internes du beau &du bon , viennent uniquement de l’inf-truction & de Féducation. Mais quelquenotion qu’on ait de la vertu & de labeauté , un objet vertueux ou bon estune occasion d’approbation & de plaisir,aussi naturellement que des mets font lesobjets de notre appétit. Et qu’importe queles premiers objets se soient présentés tôtou tard ? si les sens ne se développoient ennous que peu-à-peu & les uns après lesautres', en íeroient-ils moins des sens &des facultés ? & ferions-nous bien venusà prétendre , qu’il n’y a vraiment dans lesobjets visibles , ni couleurs, ni figures ,parce que nous aurions eu besoin de temps& d’instructions pour les y appercevoir ,& qu’il n’y auroit pas entre nous tous ,