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circonstance qui n’ert pas indifférente à la ibeauté , dans cette occasion & dans beau.coup d’autres , c’est faction combinée dela surprise & des rapports , qui a lieu tou-tes les ibis que le théorème dont on adémontré la vérité , paíïoit auparavant pourune proposition fausse.
11 y a des rapports que nous jugeonsplus ou moins essentielstel est celui dela grandeur relativement à l’homme , àla femme , & à l’enfant : nous disonsd’un enfant qu’il est beau , quoiqu’il soitpetit ; il faut absolument qu’un bel hommesoit grand ; nous exigeons moins cettequalité dans une femme , & il est pluspermis à une petite femme d’étre belle ,qu’à un petit homme d’ètre beau. II mesemble que nous considérons alors les êtres,non seulement en eux-mêmes , mais en-core relativement aux lieux qu’ils occu-pent dans la nature , dans le grand tout ;& selon que ce grand tout est plus ou moinsconnu , f échelle qu’on se forme de lagrandeur des êtres est plus ou moins exacte ;mais nous ne savons jamais bien quandelle est juste. Troisième source de diversitéde goûts & de jugemens dans les arts li-mitation. Les grands maîtres ont mieuxaimé que leur échelle fût un peu trop grandeque trop petite : mais aucun d’eux n’a lamême échelle , ni peut-être celle de lanature.
L’intérêt, les passions , Pignorance , lespréjugés , les usages , les mœurs , les cli-mats , les coutumes , les gouvernemens ,les cultes , les événemens empêchent lesêtres qui nous environnent, ou les ren-dent capables de réveiller ou de ne pointréveiller en nous plusieurs idées, anéan-tissent en eux des rapports très-naturels,& y en établistent de capricieux & d’acci-dentels. Quatrième source de diversité dansles jugemens.
On rapporte tout à son art & à ses con-noiflànces : nous faisons tous plus ou moinsle rôle du critique d’Apelle ; & quoiquenous ne connoiísions que la chaussure , nousjugeons auísi de la jambe , ou quoique nousne connoiísions que la jambe , nous des-cendons auísi à la chaussure; mais nous neportons pas seulement ou cette téméritéou cette ostentation de détail dans le ju-
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gement des productions de Part ; celles dela nature n’en font pas exemptes. Entreles tulipes d’un jardin, la plus belle pour uncurieux fera celle où il remarquera uneétendue , des couleurs, une feuille, des va-riétés peu communes ; mais le peintre oc-cupé d’effets de lumière , de teintes , declair obscur, de formes relatives à son art,négligera tous les caractères que le fleuristeadmire, & prendra pour modele la fleurmême méprisée par le curieux. Diversitéde talens & de connoistances , cinquièmesource de diversité dans les jugemens.
L’ame a le pouvoir d’unir ensemble lesidées qu’elle a reçues séparément, de com-parer les objets par le moyen des idéesqu’elle en a , d’observer les rapports qu’ellesont entr’elles , d’étendre ou de reilèrrerses idées à son gré , de considérer sépa-rément chacune des idées simples qui peu-vent s’être trouvées réunies dans la sen-sation qu’elle en a reçue. Cette derniereopération de l’ame s’appelle abjlracHon.V~. Abstraction. Les idées des substan-ces corporelles font composées de diversesidées simples , qui ont fait ensemble leursimpressions lorsque les substances corpo-relles se sont présentées à nos sens : cen’est qu’en spécifiant en détail ces idées sen-sibles , qu’on peut définir les substances.Voyc{ Substance. Ces fortes de défini-tions peuvent exciter une idée assez claired’une substance, dans un homme qui ne l’ajamais immédiatement apperçue , pourvuqu’il ait autrefois reçu séparément , par lemoyen des sens , toutes les idées simplesqui entrent dans la composition de l’idéecomplexe de la substance définie ; mais s’illui manque la notion de quelqu’une desidées simples dont cette substance est com-posée , & s’il est privé du sens nécessairepour les appercevoir, ou si ce sens est dé-pravé fans retour, il n’est aucune définitionqui puistè exciter en lui l’idée dont il n’au-roit pas eu précédemment une perceptionsensible. Voye\ DÉFINITION. Sixièmesource de diversité dans les jugemens queles hommes porteront de la beauté d’unedescription ; car combien entr’eux de no-tions fausïès , combien de demi-notions dumême objet !
Mais il ne doivent pas s’accorder davan-