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de cet arbre , soit à la Chine , soit aux,isles Moluques, est d’en tirer ce vernis si !renommé , dont les habitans de la Chine ,du Tonkin & du Japon , enduisent avectant d’élégance & de propreté la plupartde leurs meubles , tels que leurs tables ,leurs sieges, leurs armoires , leurs plats& services de table , les murs même deleurs appartémens, ce qu’on appelle com-munément en Europe des meubles de laque.Cette dénomination impropre trompequelquefois les étrangers qui croient mal-à-propos que ces sortes de meubles fontrecouverts de laque, qui est une gomme-résine qui sert en effet à des usages à-peu-près pareils, mais qui ne se rencontre qu’àBengale , à Surate , & dans quelques au-tres lieux de l’Inde.
Lorsque les Macassars veulent couperla belawa, ils s’enveloppent de linges latête , les mains & les piés , pour éviterle contact des gouttes de lait qui pour-roient en tomber. Les Chinois prennent unpeu plus de précautions lorsqu’ils veulenten recueillir le suc laiteux , dont ils pré-parent leur fameux vernis. Ils ont observéque ce suc n’est bien abondant que dansle temps où cet arbre est en pleine fleur.C’est alors qu’ils vont le soir par bandesdans les lieux où il croît abondamment ,lieux qui font rarement fréquentés parles hommes ou par les animaux : chacund’eux choisit un certain nombre de cesarbres ; il en égratigne légèrement le troncpour voir s’il rendra beaucoup , & y fichedeux fléchés de bambou très-pointues &un peu inclinées , de maniéré que l’écorceen soit traversée jusqu’au bois. Ils 1 aillentainsi ces fléchés pendant la nuit, & nevont les retirer que le lendemain avantle retour du soleil ; car ces arbres ne ren-dent aucun suc pendant le jour , mais feu-lement pendant la nuit. Les uns en. ren-dent plus & les autres moins , selon qu’ilsont çrû dans un terrain plus ou moinsgras ; & c’est pour faire une compensa-tion qu’ils mêlent d’abord en communtout le produit de leur récolte, & qu’ilsla partagent ensuite également entr’eux.Delà il arrive aussi que cette résine sesoutient toujours à un prix très - haut &qui varie rarement } car le pickol, qui
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est le quintal Chinois , se vendljusqu’àdeux cents ou trois cents écus dans les pro-vinces de la Chine , où cet arbre ne croîtpoint, pendant qu’aux royaumes de Ton-kin & de Cambodja , qui en produisentbeaucoup , on l’a pour 60 ou jo & même30 écus.
Si l’on en croît Rumphe , ce suc na-turel ou cette résine, n’est point en étatd être employé comme vernis. II y a plu-sieurs maniérés de le préparer, qui for-ment autant de sortes de vernis.
La premiere maniéré consiste à prendrepoids égaux de résine & d’huile, ou troisparties de résine contre une d’huile desfruits du tang-yhu , qui est un arbre dela Chine , semblable au bonga-tanjong,c’est-à-dire à l’élengi ; cette huile est jaune-safran, transparente , semblable à notrehuile de lin. On les cuit ensemble , & levernis qui en résulte est très-noir.
Lorsque sur une livre de résine on merdeux livres d’huile, le vernis qui en résulteaprès la cuisson est jaune-brun ou mêmej aune-pâle, & si transparent qu’on voieau dessous les veines du bois qu’on en aenduit.
Si dans la cuisson de ce mélange on yajoute du vermillon de poudre de noix degalle ou de toute autre couleur , les ou-vrages qu’on recouvre de ce vernis pren-nent cette couleur.
Les ouvrages vernisses avec Tune oul’autre de ces trois préparations , se met-I tent dans un lieu frais & légèrement hu—
! mide pour y sécher lentement. Le vernisainsi séché ne s’amollit jamais , à moinsqu’on n’y répande de I’eau chaude , quiseroit capable de le dissoudre.
Pour conserver ce vernis cuit dans unétat de liquidité & propre à être employé ,j il suffit de l’enfermer dans des cruches »i & de le couvrir d’une couche d’eau. C’estainsi que les Chinois en transportent tousles ans une quantité considérable de Siam| & de Cambodja au Japon , où l’on verniten noir tous ces beaux ouvrages appellesouvrages de laque , qui íè répandent delàdans le reste du monde.
Les Javanois , quoiqu’ils postedent labelawa , ignorent Part d’en tirer le suc &d’en préparer le vernis. II n’y a que les