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Chinois , habitans de cette isle , qui entirent quelquefois & en petite quantité ,non pas de son tronc , mais seulement deses racines après les avoir déterrées.
Suivant la relation communiquée à l’a-cadémie royale des sciences, & impriméeen 1760 , dans le troisième volume desMémoires présentés par des savans étran-gers , le tsi - chou ou l’arbre du vernis,croît fans culture dans les montagnes deplusieurs provinces méridionales de laChine , où son tronc prend un pié & plusde diamètre. On le cultive aussi dans lesplaines & fur les montagnes ; alors il negrossit guere plus que la jambe & ne dureguere plus de dix ans , par l’épûisementqu’y occasione l’écoulement considérabledes sucs qu’on en tire. II croît aussi bienen pleine campagne que sur les montagnes,& le vernis en est également bon , pourvuque le terrain soit bien situé. Les arbresqui font moins exposés au soleil , ou quisont plus ombragés , rendent plus de ver-nis , mais moins bon. Les Chinois le plan-tent pour l’ordinaíre de bouture ; pour cetester ils choisissent fur un arbre vigoureuxles branches les plus favorables à la trans-plantation , & dès l’automne ils entourentces branches de terre grasse détrempée ,un peu ferme , à quelques pouces au dessusde l’endroit où ils veulent les couper : ilsforment de cette terre une boule de lagrosseur de la tête ou environ , qu’ils en-veloppent do filasse ou de linge pour lafaire résister aux gerçures des gelées , &ils 1 arrosent de temps en temps , de ma-niéré qu’elle ne soit jamais seche , exceptépendant les gelées j chaque, branche ainsitraitée produit en peu de temps des raci-nes ; au printemps on la sépare de l’arbreen la sciant un peu au dessous de la boulede terre , & on la transplante en pleineterre. Ce jeune plant n’exige d'autre cul-ture que de remuer un peu la terre aupié, & d’y rastèmbler des feuilles qui enpourrissant lui servent de fumier & d’en-grais.
L’été est la feule saison où Ton recueillele vernis. Si ce font des arbres sauvagesqui croissent fans culture fur les monta-gnes , on n’en tire qu’une fois par an ,, ousi l'on en tire trois fois dans la même
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année, on les laisse reposer les trois annéessuivantes. A l’égard des arbres cultivés ,on en tire trois rois par an du vernis dansle même été : celui de la premiere traiteest merlleur que celui de la seconde , &celui de la seconde meilleur que celui dela troisième, en ce qu’íl est beaucoup moinsaqueux, & par-là plus compassé, plus épais& plus luisant.
La maniéré dont les Chinois font coulerce suc , varie suivant la nature des arbres.$i ce font des arbres sauvages, ils lòncjusqu’à vingt entailles avec la hache à leurtronc > à-peu-près comme on fait au pinen Europe , pour en tirer la résine. Al’égard des arbres cultivés , on tait avecrm couteau dans f écorce de leur tronc seu-lement trois à quatre entailles au plus :chacune de ces entailles est íormée entriangle au moyen de trois coups de cou-teau ; dans la base de ce triangle qui esthorizontale , on enfonce avec force unepetite coquille de moule de nviere , des-tinée à recevoir la liqueur qui découle desdeux lignes collatérales du triangle : oyplace aonc ainsi trois ou quatre coquillesau plus à la fors fur le tronc de chaquearbre , & l’on fait de nouvelles entailles àchaque fois qu’on veut tirer du vernis.
Quelquefois il arrive aux gros arbressauvages , que le vernis ne coule pas parles entailles qu’on y a fartes, & cela parcequelles font trop seches. Dans ce cas iffaut les humecter un peu à l’cndroit paroù doit couler le vernis , ce qui se faitavec des soies de cochon que l’on mouilleau défaut d’eau avec de la salive ; la plaieainsi humectée écarte ses lèvres , & ouvreun passage au vernis. Lorsqu’un ar bre sau-vage paroît épuisé & ne promet plus devernis, on entoure fa cime d’une petitebotte de paille, à laquelle on metlefèu;par ce moyen tout ce qui reste de vernisdans ses branches , même les plus petites ,se précipite dans les entailles qui ont étéfaites en quantité au bas de son tronc.
Lorsque les Chinois veulent recueillir lesuc des arbres au vernis , ils partent degrand matin , de maniéré qu’ils pnisientfaire leurs entailles & y placer leurs co-quilles au petit jour , c’est-à-dire avant lelever du soleil. Chaque homme n’en placeQqqq Z