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guere qu’un cent, en sorte qu’il n’entailleguere que 25 arbres. On laisse ces coquillesenviron trois heures en place , après quoion recueille le suc qui y écoulé, en com-mençant par les premieres placées : si onlaissoit ces coquilles plus long-temps enplace, le vernis íeroit de meilleure qualité ,maisiídiminueroit de quantité, le soleil éva-porant le phlegme aqueux qui y abonde , &ce ne seroit pas le profit du marchand qui levend au poids & non à la qualité. Cevernis , quand il fort de I’arbre , ressembleà de la poix liquide , c’est-à-dire , qu’ilest brun-rougeâtre ; mais lorsqu’il restequelque temps exposé à l’air , sa surfaceprend d’abord une couleur rousse , & peuaprès il devient noir , mais d’un noir bril-lant à cause de seau qu’il contient. Ceuxqui recueillent ce vernis , portent, penduà leur ceinture , un petit seau de bambou,dans lequel ils font tomber le vernis. Pourle faire tomber , ils humectent un doigt enle passant fur la langue , & en essuient lacoquille ; le doigt étant ainfi mouillé , levernis ne s’y attache point : au lieu dudoigt, il y en a qui se servent d’une petitespatule de bois qu’ils trempent dans l’eauou qu’ils passent fur la langue. Lorsquechacun a fait sa récolte , il recouvre sonseau d’un papier nommé mau-tlieou-tchi ,fait de chanvre , qu’il applique exactementsur tous ses bords, pour que le vernis s’yconserve plus frais , & qu’il n’y entre pointd’ordures. Ils le portent ainsi chez lesmarchands qui le versent dans des barilsqu’ils recouvrent soigneusement d’une feuilledu papier précédent, coupée en rond pourentrer juste dans le baril, comme nos con-fituriers couvrent les pots de confiture.Pour conserver ce vernis , on place lesbarils ou autres vases qui le contiennent,dans des caves fraîches , mais non trophumides : il s’y conserve aussi long-tempsqu’on veut , pourvu qu’il soit exactementcouvert.
En couvrant & découvrant les vases quirenferment le vernis, il faut éviter soigneu-sement de s’exposer à sa vapeur *, pourcet effet il suffit de tourner la tête decôté : sans cette précaution on courroitrisque de gagner une espece de galle ,qu’on nomme cloux de vernis , parce qu’ils
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ont rapport à ceux que cause l’herbe à puceen Canada , avec cette différence que ceuxdu vernis font beaucoup plus douloureux ,accompagnés d’une chaleur insupportable& de l’enflure des bourses. Quoique l’onsouffre beaucoup de ce mal, on n’en meurtpas, on appaise le grand feu de ces clouxen les lavant avec de seau fraîche avantqu’ils soient aboutis : lorfqu’ils font percés,on les frotte avec le jaune qui se trouvedans le corps des crabes , ou à son défautavec de la chair des coquillages qui , parfa grande fraîcheur , diminue beaucoupla douleur. De toutes les personnes quitravaillent au vernis , il y en a très-peuqui soient exemptes d’ëtre attaquées unefois de ces fortes de cloux ; celles qui yrésistent font d’un tempérament phlegma-tique & tranquille ; les gens vifs & coleresy font plus sujets que les autres.
II y a en Chine trois villes principales,savoir , Nien-tcheou-fou , Si-tcheou-sou& Kouang-tcheou-fou , dont on tire levernis que les Chinois distinguent en troisfortes qui portent le nom de ces villes ,tels que le Nien - tsi , le Si - tsi , & leKouang-tsi. TJi signifie vernis, & tcheou-fou veut dire une ville principale ou dela premiere grandeur. Nien , Si , &Kouang, font le nom de ces trois villes.
Le nien-tsi & le si-tsi font les deuxespeces qu’on emploie pour faire le vernisnoir. Le canton où se recueille le nien-tsiest si peu étendu , qu’il "ne peut suffire àtous les ouvrages de vernis noir qui se fontà la Chine : il est d’un noir plus brillantque le si-tsi, & coûte à Peking environcent fous la livre ; c’est pour cela qu’onle trouve rarement pur, & que les mar-chands y mêlent du si-tíì, qui n’y coûteque trois livres.
Le kouang-tsi tire fur le jaune, il coûteà Peking neuf livres : il ess plus pur , oucontient moins d’eau que le nien-tsi & le si-tsi.
Ces trois fortes de sucs ne font pas levernis ; avant de le devenir , ils doiventsubir une exsiccation & ensuite un mé-lange. Le vernis que doivent former cessucs ne deviendroit jamais brillant, si onne les faisoit d’abord évaporer au soleilpour les dépouiller de tout ce qu’ils eon-I tiennent d’aqueux. Voici comment les.