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Tome quatrième.
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B E L

Chinois s’y prennent. Ils ont de grandes cor-beilles de jonc ou d’ofìer clisse , enduitesd’une couche de compoíition de terre oude cendre , revêtue d’une feule couche devernis commun, & dont les bords n’ontpas plus d’un pouce ou un pouce & demide haut. Ils versent dans ces corbeilles unpouce au plus d épaisseur de suc ou vernis,qui perd tout son phlegme aqueux en deuxou trois heures , lorsque le soleil est unpeu ardent. Pendant qu’il s’évapore , onle remue avec une spatule de bois , letournant & le retournant fans interrup-tion : d’abord il se forme à sa surface desbulles blanches qui diminuent peu à peuen nombre & en grandeur , jusqu’à cequ’elles prennent une couleur violette jalors il est suffisamment évaporé.

Pour faire un beau vernis noir ordinairede la Chine avec le nien-tsi pur , ou avecle nien-tsi , auquel on a ajouté environ lequart du si-tsi , on le fait d’abord évaporer àmoitié , & on mêle par chaque livre dece suc cinq ou six gros de fiel de porcévaporé au soleil au point de prendre uneconsistance épaisse ; sans ce fiel, le vernisn’auroit pas de corps , il seroit trop fluide.On remue pendant un quart-d’heure le fielde porc avec le suc du vernis, après quoion ajoute par chaque livre de vernis , qua-tre gros de vitriol romain , dissous aupa-ravant dans une suffisante quantité d’eau :le thé peut suppléer au défaut de vitriol.On continue de remuer le vernis jusqu’àce que les bulles qui se forment dessus ,prennent une couleur violette. Le vernisqui résulte de ce mélange , se nomme enChine kouang-tsi, c’est-à-dire, brillantvernis ; le mot kouang signifie brillant ,selon le P. d’Incarville.

Depuis quelques années les Chinois ontimité le brillant du vernis noir du Japon : ilsl’appellent yang-tfi , c’est - à - dire , vernisqui vient d’au-delà de la mer. Le yang-tíì ne différé du kouang-tsi qu’en ce qu’ilprovient du kouang-tsi , auquel, lorsqu’ilest tout-à-fait évaporé , on ajoute parchaque livre un gros d’os de cerf calcinéen noir, & réduit en poudre fine ; lesChinois prétendent que les os des côtesfont préférables à ceux des autres parties ,Lc l’expérience a appris au P. d’Incarville

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que l’ivoire calciné de même , valoitencore mieux. Outre les os de cerf cal-cinés en noir, ils ajoutent une once d’huilede thé qu’ils rendent dessicative en la fai-sant bouillir doucement, après avoir jetédedans, en hiver , 50 grains d’arsenic ,moitié rouge ou réalgal, & moitié gris oublanc ; en été 3 6 grains suffisent : ils re-muent continuellement cet arsenic dansl’huile avec une spatule. Pour éprouver sil’huile est suffisamment dessicative, ils enlaissent tomber quelques gouttes fur unmorceau de fer froid ; si en appliquantlégèrement le bout du doigt à la surfacede cette huile figée , & l’élevant douce-ment , elle s’y attache & file un peu, elleest jugée à son point. Cette huile de thédonne le beau brillant au vernis. Elle setire dés fruits d’un arbre , dit impropre-ment thé ; car il ne ressemble au thé nipar les feuilles ni par les fruits , & cn nele cultive que pour ses fruits , qui peu-vent se comparer à ceux de nos châtai-gnes , dont l’écorce extérieure seroit pri-vée de ses épines. Le fruit du tong-chou,dont on tire l’huile appellée tong-yeou ,en approche aflèz , & tous deux parois-sent être deux especes d’élengi. Les Chi-nois prétendent que toute autre huile quecelle de ce thé ne sécheroit pas dans levernis , & que toujours elle s’en sépareroit& s’échapperoit hors de ses pores ; maisle P. d’Incarville en doute : on fait d’ail-leurs que l’huile tong-yeou qu’ils emploient,comme nous allons le dire , avec la troi-sième forte de suc appellée kouang-tjì ren-due dessicative ne sort point, & íl est pro-bable que toute autre huile bien dessicativepourroit suppléer à leur défaut.

Le kouang-tsi ou la troisième sorte desuc naturel la plus pure & la pins estimée ,tirant fur le jaune & étant plus transpa-rente que les deux autres dont on ne faitque du vernis noir , est destinée à faire levernis jaune, doré, transparent. Lorsqu’ona bien dépouillé ce suc de son humidité ,comme les précédens , pour le rendre bril-lant , alors on le mêle en'proportion de fapureté, c’est-à-dire de fa sécheresse, avecl’huile tong-yeou dont nous venons deparler , qui est, si commune en Chine ,quelle ne coûte que deux ou trois sous