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Tome quatrième.
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le suc dont on fait le vernis , & que cesuc, en quelque temps qu’on le tire, nedifféré point par fa nature , mais feule-ment par la quantité de phlegme qu’ilcontient & qu’on en fait sortir par l’éva-poration ; de sorte que ce ne seroit quepar les mélanges qu’on en fait des vernisdifférons , comme le dit Rumphe. Et quoi-que le P. d’Incarville ait fait travailler fousses yeux un ouvrier du palais de Pempereurdevenu pour lors chrétien & son pénitent,il peut fe faire que cet ouvrier, plus ins-truit dans l’art d’appliquer le vernis quedans celui de le composer , ait confonduensemble plusieurs pratiques. Cette confu-sion est bien sensible , sur-tout dans l’en-droit où le P. d’Incarville , après avoirétabli qu’il y a trois fortes de vernis dis—ferens par le temps où on les tire de l’ar-bre , dit que les trois fortes de vernis qu’onconnoît à la Chine viennent de trois gran-des villes dont ils portent le nom. Si cha-cune de ces trois villes , ou des provincesoù font ces villes , donne un vernis dif-férent , fans doute à raison de la différencedes climats ou des arbres qui le produi-sent , & si ce vernis différé encore suivantles trois temps où on le recueille , voilàdéja neuf fortes , ou au moins six fortesde vernis différons. Mais le P. d’Incarvilleles restreint ensuite à deux , en disant quele nien-tsi & le si-tsi se mêlent ensemblepour faire le vernis noir & opaque qu’ilappelle kouang-tfi , c’est-à-dire, vernisbrillant. Mais il regarde le kouang - tsicomme un vernis jaune , naturel & trans-parent , qui, suivant lui , est le plus pur& celui de la premiere qualité ; voilà doncune autre confusion. II distingue en-suite le yang-tsi du Japon & le tchao-tsi,qui, selon lui, se préparent également tousdeux avec le kouang-tsi. Comment se tirerde cet embarras & de la confusion occa-sionée sur-tout par le kouang-tsi ? Lasimplicité du récit de Rumphe peut seulenous en donner les moyens. Cet auteurne distingue qu’une feule forte de suc quise modifie en plusieurs especes suivant lesmélanges qu’on y fait ; & Voici commenous pensons qu’on peut concilier leursdescriptions.

L’arbre au suc du vernis fournit un suc

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brun - rouffâtre , d’abord plus ou moinsaqueux , qui devient brun-noir ou couleurde poix en séchant, & d’autant plus bril-lant qu’il contient moins d’eau. Ce sucne devient vernis qu’en le mêlant avecune huile très-deslìcative , & on en fait au-tant d’especes différentes qu’on y mêle,outre cette huile , d’ingrédiens différons.Néanmoins on peut réduire toutes cesfortes de vernis à deux especes principa-les , savoir , i°. le vernis transparent, ouvernis de couverte, nommé tchao-tjì ,• ilfe fait en mêlant & faisant cuire ensembleparties égales du kouang-tsi ou du nien-tsi,ou du si-tsi bien purifiés de leur phlegme ,& de l’huile deíîìcative du tong-yeou égale-ment bien déphlegmée : on se rappelle queces trois sucs à vernis ne diffèrent que parleur plus ou moins de phlegme, par le tempsseul où ils ont été recueillis. La couleurnaturelle de ce vernis , mêlé à partieségales avec l’huile du tong-yeou , est unbeau jaune d’or ; une moindre quantité decette huile le rendroit plus brun & moinstransparent ; les différentes proportionsentre ce suc & cette huile donnent diver-ses gradations de vernis transparent : &c’est sans doute parce que l’huile dont fefervent les Japonois est plus claire , queleur vernis transparent a une supérioritésur celui de la Chine. Le kin-tsi est uneespece de vernis transparent inférieur autchao-tsi. 2 °. Le vernis opaque prend dif-férens noms suivant la couleur & les in-grédients avec lesquels on le compose. Plusle suc à vernis avec lequel on fait le vernisest pur, plus ce vernis a de brillant & denetteté ; ainsi le vernis dans lequel onemploie le kouang-tsi , est plus beau quecelui où on réemploie que du nien-tsi oudu si-tsi , qui font des qualités inférieures.On y emploie plus communément de cesderniers sucs, parce qu’ils font plus com-muns & moins chers. Quelques sucs quel’on prenne , lorsque le vernis qu’on enfait est noir & opaque , on l’appelle yang~tfi. Le hoa-kin-tsi ou vernis à peindre enest une espece.

Remarques. 11 n’est pas douteux , enconsultant les figures & la description quefont Rumphe & le P. d’Incarville de labelawa ou du tf.-cìiou } c’est-à-dire, de