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Tome cinquième.
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2.68 BON

loire , de l’eau chaude qui vient d’unechaudière assise sur un fourneau , au dessousduquel se trouve un petit bûcher , & audessus un réservoir d’eau froide , qui tour-nis à la chaudière.

Pour fouler , on ouvre les robinets ,l’eau chaude tombe dans la fouloire j f ou-vrier a du savon dans un sac de toile ;il prend ce sac , & íe promene dans l’eauchaude. La précaution du sac est bonne ;par ce moyen il ne paíîè dans l’eau queles particules les plus fines du savon , legros tacheroit l’ouvrage. Cette eau impré-gnée de savon, s’appelle eau neuve. Quandl’eau neuve est prête , l’ouvrier prend furla planche une certaine quantité d’ouvragequ’on appelle une poignée. Si ce font desbas 'd’homme , il n’en faut qu’une pairepour faire une poignée. Cette poignée adéja souffert plusieurs préparations dans lafouloire , avant que de passer dans l’eauneuve , ainsi qu’on le verra par la fuite defopération que nous décrivons. .L’ouvrierfoule cette poignée : son travail consistealors à tourner , retourner , & preíîèr àplusieurs reprises fa poignée fur les dentsdu râtelier ; observant de la faire toucherà chaque mouvement à l’eau qui s’élevedans la fouloire jusciu’à la hauteur de deuxrangées de dents les plus voisines du fond.II continue son opération pendant unebonne heure au moins , ayant foin de nepas fouler à sec ; car sa marchandise endeviendroit cassante. Cela fait , il tordbien son ouvrage pour en faire sortir l’eau ,le plie & le met dans le panier qui est fous}a fouloire.

Son ouvrage ferré dans le panier , ilouvre les robinets ; il tombe de l’eauchaude dans la fouloire ; cela s’appelleréchauffer. Cette eau rechausse une pre-mière fois s’appelle eau d’imprime. L’eaud imprime étant préparée , l'ouvrier prendune poignée d’ouvrage ; il met cette poi-gnée dans l’eau d’imprime , I’y agite , &commence à la fouler un peu. Cette ma-nœuvre dure un quart - d’heure ; au boutde ce temps , au lieu de jeter cette poi-gnée dans le panier, comme la premiere,d la met fur la ' planche , après savoirtordue.

Cela fait > il réchauffe l’eau : cette eau

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réchauffée s’appelle eau de dégrais à faitil prend une autre poignée ; il a du savonnoir dans un baril ; il en frotte fa poignéeà la quantité d’une demi-livre , ensuite ill’agite dans l’eau , & la preste fortementfur le râtelier pour en faire sortir la graille.Cette manœuvre dure un quart-d’heure :au bout de ce temps, il tord fa poignée& la met fur la planche.

11 réchauffe l’eau ; cette eau rechausses’appelle eau graffe. II prend une autrepoignée ; il la met dans l’eau grasse sansla frotter de savon, il se contente de l’agiter& de la presser fortement contre le râtelier.Cette manœuvre dure encore un quare-d’heiire ; au bout de ce temps il tord sapoignée , & la met sur la planche.

Pour cette sois il ne réchauffe point,il prend seulement une nouvelle poignée ;cette poignée est d’ouvrage tel qu’il foredes mains du fabricant , & fans aucunepréparation. U jette fa poignée dans l’eau ri’y agite , & presse contre les dents. Cettemanœuvre dure un quart-d’heure ; au boutde ce temps il la tord & la met fur laplanche.

Cela fait, il vuide toute la fouloire parun bouchon qui est au fond , & la nettoieexactement. Quand la fouloire est bien net-toyée , il refait de l’eau neuve pour recom-mencer la fuite d’opérations que nous ve-nons de décrire, & dans lesquelles consistela foule.

D’où l’on voit que nous avons supposé,la fouloire en train : mais si elle n’y eûtpoint été , on eut fait une eau neuve avecdu savon noir , & on eût continué le tra-vail dans l’ordre que nous avons prescrit ;mais le commencement eût été coûteux &n’eût pas donné un ouvrage si parfait. Lebut de la foule est de dégraisser , & derendre l’ouvrage plus fort & plus ferré.

L’ouvrier est payé trois fous la poignée :mais tous les ouvrages ne font pas égale-ment durs. Les bas d’homme , de Ségovie ,font les plus durs ; les bas de femme fontde deux paires à la poignée. L’ouvrage defouie le moins pénible , ce font les calot-tes cie castor , quoiqu’il y en ait huit :á lapoignée.

Si l’on veut avoir de bel & bon ouvrage ril ue faut le fouler ni aux piés ni au meœ-