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lin ; ces deux maniérés rendent les basdurs & inégalement foulés.
La seconde opération ejl celle de la forme.Au sortir des mains du foulon , dans leméme jour , il fàut enfermer les marchan-dises : lì on les laisiòit sécher , on ne pour-roit plus les enfourner fans les mouiller ,ce qui les gâteroit. La forme n’est autrechoie qu’un morceau plat de bois de hêtre,dont le contour est , à proprement parler ,la ligne de profil de la piece â eníòrmer.On Ta fait entrer dans les ouvrages foulés ,qu’on tend fortement fur elle , avec depetits clous qu’on plante , soit dans l’ou-vrage , soit dans une Iifiere ou alongequ’on y attache : ordinairement on metdes lisières aux jupons. On laislè les mar-chandises en forme jusqu’à ce qu’eîles soientseches , ce qui demande au moins douzeheures , fans feu ni soleil.
Quand on est preste , on porte les mar-chandises enfermées dans une étuve ou ca-binet échauffé par une poêle de feu : il nefàut aux marchandises qu’une heure d’étuvepour les sécher : mais il vaut mieux lesLister sécher à l’air.
La troisième opération consiste à lesracoutrer. Racoutrer , n’est autre chose queréparer les défauts que les marchandisesrapportent, soit du métier à bas , soit dela foule. Cette réparation fe fait à l’ai-guiile & avec la même matière : il fautqu’elle soit la plus solide & la plus proprecju’il est possible.
La quatrième opération est le draper.Pour draper , on a une hroche double :cette broche double est une espece de four-che de fer. On a monté sur chaque four-chon , un chardon de ceux qu’on appellechardon à bonnetier ou drapier ou foulon ;ces chardons peuvent fe mouvoir ou tour-ner fur les deux fourchons , & y fontarrêtés par une planchette qui en est tra-versée , & une clavette qui les traverse.L’ouvtier prend la queue de cette brocheou fourche entre I’index & le doigt dunniieu de sa droite - place son ouvragesur son genou gauche , qu’un petit marche-pié tient élevé & passe dessus les deuxchardons, jusqu’à ce qu’il s’apperçoive cju’ils’est formé assez de duvet. Les chardonstu roulant fur la marchandise, se chargent
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de bourre. Quand ils en ont trop , on aune carde sur laquelle on les roule , ce quis’appelle débourrer.
La cinquième opération est la tonte. Cetteopération est très-délicate , & il fàut unecertaine habitude pour aller vite & nepas tondre en échelle ou inégalement : pourcet ester le tondeur se ceint d’une cein-ture ; elle a une boucle ordinaire à sonextrémité , & elle traverse un morceau debois fait en cœur, dont on auroit coupéla pointe , & au milieu duquel on auroitpratiqué une ouverture quarrée. II arrêtece morceau -de bois , qu’on appelle coussi-net , fur son flanc droit. 11 prend dans famain gauche un rouleau ou morceau debois rond , couvert de serge. Ce rouleauou morceau de bois a un pié de long furquatre pouces de diamètre. II place sonouvrage sur ce rouleau , en travers, fl c’estun bas ; il appuie la longue branche de sesciseaux dans 1 ouverture du coussinet ; illes saisit toutes deux , & faisant ouvrir &fermer rapidement son ciseau , il enlevsde dessus l’ouvrage les gros poils, obser-vant de tourner peu-à-peu le rouleau,afin que ìa surface de l’ouvrage à tondresuccédé à la surface tondue, & se présentecontinûment au ciseau.
On appelle bourre , tant la laine enlevéeau chardon, que celle qui vient du ciseau ;ce produit du draper & de la tonte sert àremplir les dents des cardes neuves, quandon craint qu’étant trop longues elles nedéchirent la laine. On la vend aussi à desouvriers qui ont trouvé le secret d’en faireune sorte de tapisserie qu’on appelle ton-tijfe. La bourre vaut quatre sous la livre.
II est étonnant qu’on ait trouvé un em-ploi à la bourre de la laine , & qu’on n’enait pas encore trouvé à la recoupe de laga~ K e ; l’un pourtant me semble bien plusfacile que 1 autre. On entend par la recoupede la gatçe } cette portion de fil & de soieblanche qui s’enleve au ciseau de dessus lespieces , quand elles sont fabriquées , pouren faire paroître les fleurs , voye% Gaze :on brûle cette matière ou cet amas depetits fils plus blancs que la neige. Cepen-dant il n’est personne à qui il ne vienne'en pensée qu on en pourroit tres-bien faireusage dans les papeteries; peut-être que