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du papier fabriqué en entier de cette ma-tière íeroit cassant ; mais si on la mêlan-geoit avec le chiffon, je ne doute pointquelle ne contribuât à la blancheur & àla finesse : j invite les fabricans de papierà en faire fessai. Si cet essai reuíììssoit, ily auroit un gain considérable a faire pourles premiers entrepreneurs j car ces boutsde fil & de foie forment au bout de Fan ,dans l’attelier d’un gazier un peu occupé ,une mastè très-considérable , & ils fe don-nent pour rien ou pour très-peu de chose.
La sixième opération est la teinture.Après la tonte on teint ou l’on envoie àla teinture les ouvrages faits de laine blan-che ; car pour ceux qui font fabriqués delaines déja teintes , ils restent de la couleurqu’on a cardé la laine. Voye\ fur le mé-langé des laines teintes propres à produirela couleur qu’on defire , Varticle DRAPE-RIE. Voye\ aussi TEINTURE.
Septieme opération. II faut rappréter lesmarchandises passées à la teinture. On en-tend par rappréter , repastèr au chardonlégèrement, ce qu’on appelle éclaircir , &tondre ensuite.
Huitième opération. Quand les marchan-dises ont passé par toutes les op évasionsprécédentes, on les presse ou on les catit.La preste des Bonnetiers n’a rien de parti-culier ; elle restemble à celle des relieurs& de quelques autres ouvriers. L’action dela preste est de rendre les marchandisesmoins épaisses, & de leur donner un œilplus fin. Catir , c’est chauffer modérémentfur une poêle pleine de feu, qu’on appellecatijsoire. La catisiòire renfle la laine , &donne à la marchandise un air plus moel-leux & plus chaud , mais plus épais , ce quine plaît pas à tout le monde.
11 ne reste plus au Bonnetier après cela,qu’à renfermer fa marchandise dans desarmoires, & à veiller à ce que les vers nes’y mettent point.
La Bonneterie de Paris est fans contre-dit une des meilleures de PEurope , & lameilleure du royaume. La crainte qu’ellene perdît de son crédit par de mauvaisouvrages distribués fur son compte , déter-mina fa Majesté à ordonner â trois reprisesdifférentes , en 1713 , 16 Lt 2.1 , que lesMarchandises de bonneterie , qui fe préfen-
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teroient à l’entre'e de Paris , feroient visi-tées à la douane ; & pour cet effet il futenjoint i°. aux commis des portes & bar-rières de Paris , fous peine d’interdictionpendant un mois , & de révocation en casde récidive , d’envoyer au bureau de ladouane tous les marchands forains , voi-turiers, conducteurs de coches , & mestà-gers qu’ils trouveront chargés de bonne-terie , tant au métier qu’à l’aiguille, de leurdélivrer des envois, d’en prendre des gagesproportionnés à la quantité des marchan-dises , & même de les conduire : 2°. en casqu’il le trouvât des gens en contraven-tion , de saisir & de dresser procès verbal& rapport de saisie , dans les vingt-quatreheures : 3 0 . au lieutenant de police d’or-donner en ces conjonctures ce qu’il appar-tiendra : 4 0 . que le tiers des marchandisesprises en fraude , soit adjugé aux commis.
La Bonneterie forme le cinquième dessix corps des marchands de Paris. II a droitde vendre bonnets de drap, de laine , bas ,gants , chaussons, camisoles, caleçons, &autres semblables ouvrages faits au métier ,au tricot , à l’aiguille , en laine , fil , lin,poil , castor , coton & autres matièresourdistàbles.
Les Bonnetiers entendent par des bascajhrs , ou autres ouvrages désignés fousce nom , ceux qui font faits avec de la lainefilée & torse , ensuite avec de la soie. Lesmarchandises se traitent au sortir des mainsdu fabricant, précisément comme si ellesétoient toute laine.
Dans les statuts de la Bonneterie , ac-cordés par Henri IV, en 16o8 , les mar-chands bonnetiers font appelles Aulmul-ciers - mitoniers , parce qu’anciennementc’étoient eux qui faifoient des aumucesou bonnets propres pour la tête quand onalloit en voyage , & qu’ils vendoient desmitaines. Voye1 AUMUCE. Suivant cesstatuts , on ne peut être reçu dans lecorps avant vingt-cinq ans , & fans avoirtravaille cinq ans en qualité d’apprentif, &cinq autres années en qualité de compa-gnon , & fans avoir fait chef-d’œuvre.
La Bonneterie a ses armoiries ; elles fontd’azur , à la toison d’argent, surmontéede cinq navires , auílì d’argent , trois enchef & deux en pointe. Elie avoit