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Tome cinquième.
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pare la jouissance. Nous devrions réunirtous nos efforts pour y parvenir , & nousappliquer par préférence à découvrir denouvelles propriétés.

Nous devons certainement au hasard laplupart de celles que nous connoissms ;& la découverte des autres est si ancienne ,que nous en ignorons l’histoire. Pour jugerdes temps pastés par ce qui se fait à présentau sujet des propriétés des plantes , il esttrès-probable qu’on n’en a jamais connuaucune que par des circonstances fortuites.Bien-loin d’avoir eu des principes pouravancer cette connoissance , on a souventpris les plantes les plus salutaires pour despoisons , tandis que l'on mettoit enusage celles dont les effets auroient parutrès-dangereux , si on les avoient exami-nées fans prévention. On a peine à con-cevoir que les hommes gardent des pré-jugés contre leurs propres intérêts , cepen-dant on n’en a que trop d’exemples, ons’est souvent laissé prévenir sans raison pour jou contre des remedes dont on faisoitdépendre la vie ou la mort des malades ;chacun les employoit ou les rejetois àson gré , fans trop penser à en déterminerles vraies propriétés. D’oii vient donc cetteindifférence pour des choses qui nous inté-ressent de si près ? Notre amour pour lavie n’est point équivoque , & cependantnous semblons négliger ce qui peut laconserver. Nous savons que les propriétésdes plantes sont les moyens les plus doux& souvent les plus sûrs pour rétablir notresanté , ou pour prévenir nos maladies ; &fart qui pourroit nous conduire à recon-noître ces propriétés, n’est pas encore né.Que d’arts frivoles ont été portés à leurcomble ! que de connoissances vaines ontété accumulées au point de former dessciences ! tandis que l’on s est contente defaire une liste des plantes usuelles dans faMédecine , & de distinguer leurs proprié-tés par un ordre méthodique qui les repartiten clastès & en genres. On a compris dansune même classe les plantes évacuantes ,

& dans une autre les plantes altérantes :les purgatives , les émétiques font des gen- <tes de la premiere classe ; & B seconde Jest divisée en plantes céphaliques, bechi- 1ques, cardiaques, diurétiques, diaphore- <

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tiques , &c. Voyei MATIERE MÉDI-CALE.

Cette méthode est très - incomplète ;parce qu’a 1 exception du genre des pur-gatifs qui est partagé en purgatifs forts &en purgatifs minoratifs , il n’y en a aucunautre qui soit subdivisé ; & parce quedans tous les especes ne sont point déter-minées , les plantes y sont seulement ras-semblees pêle-mele fans être caractérisées , ,de façon que 1 on puisse distinguer leurspropriétés de celles des autres plantes dumême genre. Cependant cette méthode estbonne , en ce qu elle est moins arbitrairequ’aucune méthode d’histoire naturelle ;ses caractères dépendant des esters queproduisent les plantes fur le corps humain,font aussi ccnstans que la nature des plan-tes & que la nature humaine : aussi cetordre méthodique n’a point été changéjusqu’ici ; & je crois qu’il vaudroit bienmieux le développer en entier & le suivredans les détails , que de penser à en faired autres. L’abus que l’on a fait des mé-thodes dans les nomenclatures des plantes,doit nous préserver d’un pareil abus dansl’exposé de leurs propriétés , qui ne peutêtre que le résultat de nos observations.

II se présente naturellement deux objetsprincipaux dans les observations qui peu-vent nous conduire à la connoistànce despropriétés des plantes. Le premier est dedéterminer l’effèt des propriétés connues ,

& de le modifier dans les différentes cir-constances. Le second est de trouver lesmoyens de découvrir de nouvelles pro-priétés.

Le premier a été bien suivi par les bonsobservateurs , tant pour les remedes inté-rieurs de la Médecine , que pour les topi-ques de la Chirurgie par rapport au re-mevégétal. Aussi est-ce par le résultat de°cesobservations que l’on constate la plupartdes connoislances de la matière médicale,qui est fans doute une des parties les pluscertaines de la Médecine. Mais ces mêmesobservations font imparfaites en ce quidepend de la Botanique & de la Pharmacie ,c’est-à-dire de l’état actuel de la plante queson emploie & de fa préparation. On nefait pas bien en quoi diffèrent les propriétésd’une racine arrachée au printemps ou en