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Tome cinquième.
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Delà vient qn’on appelle boucans lespetites loges dans lesquelles ils font fumerleurs viandes, & faction de les préparer,boucaner.

On prétend que la viande ainsi boucanéeplaît également aux yeux & au goût ; qu’elleexhale une odeur très-agréable ; qu’elle estd’une couleur vermeille, & qu’elle se con-serve plusieurs mois dans cet état.

Oexmelin de qui nous tenons ces faits ,ajoute qu’il y a des habitans qui envoientdans ces lieux leurs engagés lorsqu’ils fontmalades , afin qu’en mangeant de la viandeboucanée , ils puistent recouvrer la santé.

Savary dit que les Espagnols , qui ontde grands établistèmens dans l’iíle de Saint-JDomingue , y ont aussi leurs boucaniers yqu’ils appellent matadores ou monteros ,c’est-à-dire , chajseurs ; les Anglois ap-pellent les leurs cow-killers.

II y a deux sortes de boucaniers ; lesuns ne chassent qu’aux bœufs pour en avoirJe cuir; & les autres aux sangliers, pourse nourrir de leur chair.

Voici , suivant Oexmelin , la maniérédont ils font boucaner la viande. Lorsqueles boucaniers sont revenus le soir de lachaste , chacun écorche le sanglier qu’il aapporté, & en ôte les os ; il coupe lachair par aiguillettes longues d’une brasseou plus, selon qu’elles se trouvent. Ils lamettent fur des tables, la saupoudrent desel fort menu, & la laistènt ainsi jusqu’aulendemain, quelquefois moins, selon qu’elleprend plus ou moins vite son sel. Après ilsla mettent au boucan , qui consiste en vingtou trente bâtons gros comme le poignet,& longs de sept a huit pies, rangés furdes travers environ à demi-pié l’un de l’au-tre. On y met la viande , & on fait forcefumée dessous, où les boucaniers brûlentpour cela les peaux des sangliers qu’ilstuent, avec leurs ostèmens, afin de faireune fumée plus épaistè. Cela vaut mieuxque du bois seul ; car le sel volatil qui estcontenu dans la peu & dans les os de cesanimaux , vient s’y attacher, & donne acette viande un goût si excellent, qu’onpeut la manger au sortir de ce boucan fansla faire cuire , quelque délicat qu on soit.

* l’équipage des boucaniers , selon leïnême auteur, est une meute de vislgt-

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cinq á trente chiens , avec un bon fusil ,dont la monture est différente des fusilsordinaires , & qu’on nomme fusils de bou-caniers. Leur poudre qui est excellente ,& qu’ils tirent de Cherbourg , se nommeausti poudre de boucaniers. Ils sont ordi-nairement deux ensemble , & s’appellentl’un l’autre matelot. Ils ont des valets qu’ilsappellent engagés, qu’ils obligent à les servirpour trois ans , & auxquels, ce terme ex-piré , ils donnent pour récompense un fusil,deux livres de poudre , & st x si vres deplomb , & qu’ils prennent quelquefois pourcamarades. En certaines occasions , cesboucaniers se joignent aux troupes régléesdans les colonies , & servent aux expé-ditions militaires ; car il y en a parmitoutes les nations européennes qui ont desetablissemens en Amérique. (G)

* BOUCASSIN , f. m. ÇComm.J nomque l’on donnoit autrefois à certainestoiles gommées, calendrées , & teintes dediverses couleurs. 11 y a des boucajjìns deSmyrne , ou des toiles apprêtées & em-pesées avec de la colle de farine. On lespeint en indiennes , & l’on donne l’épi-thete de boucajsmes à toutes les toiles pré-parées en boucajfin.

BOUCAUT , f. m. (Marine.) On donnequelquefois ce nom à certaines embou-chures de rivières , soit à la mer ou dansles lacs. Ce nom est en usage à la côte deMaroc & de Biscaye, (Z)

BoUCAUT , (Comm.J moyen tonneauou vaistèau de bois qui sert à renfermerdiverses fortes de marchandises , particuliè-rement du girofle , de la muscade , de lamorue, &c.

On se sert aussi de boucauts pour le vin& autres liqueurs.

Quelquefois le boucaut fe prend pour lachose qui y est contenue ; ainsi l’on ditun boucaut de girofle , un boucaut devin , &c. (G)

*m^OV^^^OE , f. m. c’est dans lesgrojses forges une certaine quantité deterre detrempée & pétrie , dont on fe sertpour fermer la coulée, Vqye\ Coulée •ainsi faire le bouchage , c’est détremper &pétrir cette terre. Voyet GrossesF Û R G Ê S

BOUCHAIN, ( Géogr. J ville forte des