Band 
Tome cinquième.
Seite
347
JPEG-Download
 

B O U

les autres Bouchers de la ville , pour nefaire qu’un corps , ce qui fut exécuté :mais deux ans après , le parti que les Bou-chers soutenoient dans les troubles civilsétant devenu le plus fort , l’édit de leursuppression fut révoqué , & la démolitiondes nouvelles boucheries ordonnée. Uneréflexion se présente ici naturellement ,c’est que les corps qui tiennent entre leursmains les choses nécestàires à la subsistancedu peuple , sont très-redoutables dans lestemps de révolutions, sur-tout si ces corpsfont riches , nombreux & composés defamilles alliées. Comme il est impossiblede s’astiirer particulièrement de leur fidé-lité , il me semble que la bonne politiqueconsiste à les diviser : pour cet effet, ilsne devroient point former de commu-nauté , & il devroit être libre à tout par-ticulier de vendre en étal de la viande& du pain.

La grande boucherie de la porte deParis fut rétablie ; mais on laissa subsistertrois de celles qui dévoient être démolies ;la boucherie de Beauvais , celle du petit-pont, & celle du cimetiere S. Jean : iln y avoit alors que ces quatre boucheries ;mais la ville s’accroiííànt toujours, il n’étoitpas possible que les choses restassent danscet état ; auffi s’en forma-t-il depuis 1418,juiqu’en 154° , une multitude d’autresaccordées au mois de Février 15S7 , &enrégistrées au Parlement, malgré quelquesoppositions de la part de ceux de la grandeboucherie qui souffroient à être confondusavec le reste des Bouchers dont les prin-cipales étoient celle de S. Martin desChamps, des religieuses de Montmartre ,des religieux de S. Germain-des-Prés, lesboucheries du Temple, de Ste Genevieve,Ùc. fans compter un grand nombre d’étauxdispersés dans les disterens quartiers de lavill .

Ces établiíïetnens isolés les uns des au-tres , donneront lieu à un grand nombrede contestations qu’on ne parvint à ter-miner qu en les réunissant à un seul corps :cc cjui íut cxccutc cn conséquence de lettrespatentes sollicitées par la plupart desBouchers même.

II fut arrêté en même temps, i». q uenul ne fera reçu maître ,, s’il n’est fils de

B O U 347

maître , ou n’a servi comme apprentis &obligé pendant trois ans ; & acheté, vendu,habillé & débité chair, pendant trois autresannées.

2 0 . Que les fils de maître ne ferontpoint chef-d’œuvre , pourvu qu’ils aienttravaillé trois à quatre ans chez leursparens.

3 0 . Que la communauté aura quatrejurés élus deux à deux , & de deux endeux ans.

4 0 . Que nul ne fera reçu , s’il n’est debonnes mœurs.

ǰ. Qu’un serviteur ne pourra quitterson maître , ni un autre maître le rece-voir , sans congé & certificat, fous peined’un demi-écu d’amende pour le serviteur,& de deux écus pour le maître.

6 °. Que celui qui aspirera â la maîtrise ,habillera en présence des jurés & maîtres,un bœuf , un mouton , un veau , & unporc.

7°. Que nul ne fera état de maîtreboucher , s’il n’a été reçu , & s’il n’a faitle serment.

8°. Qu’aucun boucher ne tuera porcnourri ès maisons d'huiliers, barbiers oumaladreries, à peine de dix écus.

9 0 . Qu’aucun n’erposera en vente chairqui ait le fy , sous peine de dix écus.

io°. Que les jurés visiteront les bétesdestinées ès boucheries , & veilleront à ceque la chair en soit vénale , sous peined’amende.

ii°. Que s’il demeure des chairs, dujeudi au samedi , depuis Pâque jufcju'à laS. Rémi, elles ne pourront être exposéesen vente , fans avoir é. é visitées par lesBouchers , à peine d’amende.

12°. Que ceux qui sont alors Bouchers^continueront , fans être obligés à expé-rience & chef-d’œuvre. , ,,,

13 0 . Que les veuves jouiront de 1 e>.atde leur mari , & qu’elles n en perdrontles privilèges , qu’en épousant dans un autreétat. ,

14 0 . Que les enfans pourront succéderà leur pere , sans expérience ni chef d œu-vre , pourvu qu’ils aient servi sous luipendant trois ans.

15 0 . Que les enfans de maître ne pour-ront aspirer à maîtrise avant dix-huit ans.

Xs r