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Tome cinquième.
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vers qui leur causent diverses maladies quimettent leur vie en danger.

II seroit donc de la prudence de leurinterdire absolument l'usage de la bouillie ,ou du moins de le rendre moins fréquent ;& encore au cas qu’on ne voulût pas yrenoncer totalement, faudroit-il composerce mélange d’une toute autre maniéréqu’on ne le fait communément. Pour lerendre moins mal-fain , il faudroit avoirfait préalablement cuire en particulier lafarine. Or le procédé n’en est ni long nidifficile , il ne s’agit que de la mettre aufour dans un plat fort large , & de l’yremuer de temps à autre pour la préparerégalement. La bouillie faite avec une farineainsi cuite , seroit d’un usage moins mal-faisant que la bouillie ordinaire, qui ,étant faite avec de la farine crue , est né-cessairement pins pesante , plus visqueuse,& d’une plus laborieuse digestion.

Mais il ne suffit pas que la bouillie soitfaite avec de la farine cuite , pour qu’ellene fasse pas de mal aux enfans ; il fautencore la faire d’abord très-légere , poury accoutumer insensiblement leur estomac.Peu-a-peu on pourra la rendre plus fortede farine , afin de proportionner la force& la consistance de l’aliment , aux accrois-semens successifs des forces de Pensant.

Au reste , à considérer les choses deplus près , il est à croire que la crème deriz , le paimémietté , & bien cuit au bouil-lon de bœuf, au lait récemment trait ,ou bien encore une panade faite de lacroûte d’un pain léger , bien délayée dansde l’eau tiede avec un peu de sucre ,quelquefois avec un peu de beurre frais,& même avec un jaune d’œuf, est un ali-ment beaucoup plus parfait pour eux. IIfaut d’ailleurs avoir attention de ne leurdonner ces alimens que bien cuits & bienclairs, & for-tout avoir foin de les laissersuffisamment refroidir. Cette précaution estmcme bonne à tout âge, par ce que latrop grande chaleur dets alimens est capa-ble de racornir le pharinx , Pœsophage &lestomac : ce qui altéré le sens du goût,& dcchamìe la racine des dents. Bien plusc’est que cette trop forte chaleur est causéque l’estomac moins abreuvé du foc gas-trique , est sujet à ressentir dans la fuite,

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des douleurs & de fréquentes indigestions.Journal Economique , juillet 2763.

Bouillie, f. £ c’est ainsi que les Pa-petiers & les Canonniers appellent quel-quefois les drilles ou chiffons qui on t étéréduits fous le pilon en une pâte fort li-quide , & à-peu-près de la même consis-tance que cette premiere nourriture qu’ondonne aux enfans, & qu’on appelle bouillie.C’est avec cette bouillie ou pâte liquidefaite de drapeaux , que se fabriquent lepapier & le carton.

BOUILLIR, v. neut. (Pachon de JPhyfiq. c’est î’agitation d’un fluide, occa-sionée par le feu. Voye% Feu , CHALEUR.Voici comment s’opere cette agitation ,selon les Physiciens. Les plus petites parti-cules de la matière dont le feu est composéétant détachées les unes des autres, &poussées en tourbillon avec une grande vi-tesse , paíîent à travers les pores du vais-seau , & se mêlent avec la liqueur qui yest contenue ; par la résistance qu’elles ytrouvent , leur mouvement est détruit ,ou du moins communiqué en grande partieau fluide qui est en repos : delà vient lapremiere agitation intestine. Par factioncontinuée de la premiere cause l’esset estaugmenté, & le mouvement du fluide de-vient continuellement plus violent , deforte que le fluide est par degrés plus sen-siblement agité. Alors les nouvelles parti-cules du feu venant à frapper for celles dela surface inférieure du fluide, non feule-ment les poussent en haut, mais mêmeles rendent plus légeres qu’auparavant, cequi les détermine à monter : elles les ren-dent plus légeres , soit en les enflant enpetites vésicules , soit en brisant & en sé-parant les petites particules du fluide ; &c’est ce qui cause un flux continuel dufluide du fond du vaifleau vers le haut ,& du haut au fond ; Cett-à-dire , que par-là le fluide de la surface & ce lin qui est aufond du vase y changent de place > & c cilpour cela que le fluide de la surface estplutôt chaud que celui du fond. M. Hom-berg dit dans les Mémoires de VAcadémie,que si on ôte du feu une chaudière bouil-lante , & qu’on applique la main dansl’instant fous la chaudière , on ne se brû-lera pas : la raison qu’il en donne est que