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Tome cinquième.
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tire des Buccins mêmes , & qui aprèsquelques changemens , prend la couleur"S pourpre. Par les expériences de M. deRéaumur , ces grains ne font point ap-paremment les œufs des buccins ; ce nelont point non plus des grains de quelqueplante marine , ni de plantes naissantes ;u reste que ce soit des œufs de quelquepoistbn. Ils ne commencent à paroìtrequ en automne.

Ces grains écrasés fur un linge blanc ,ns font d’abord que le jaunir presque im-perceptiblement ; mais en trois ou quatreminutes , ils lui donnent un très - beaur °uge de pourpre , pourvu cependant quec e linge soit expose au grand air : car cequi est bien digne de remarque , & faitbien voir de quelle extrême délicatesseest la génération de cette couleur , l’aird'une chambre , dont même les fenêtresferoient ouvertes , ne suffiroit pas. Lateinture de cos grains s’affoiblit un peu ipar un grand nombre de blanchissages.

M. de Réaumur a reconnu par quelquesexpériences , que l’effet de l’air fur laliqueur des grains , consiste , non en cequ’il lui enleve quelques-unes de ses par-ticules , ni en ce qu’il lui en donne denouvelles , mais simplement en ce qui’ agite , & change l’arrangement des par-ties .qui la composent. Nous avons dans lacochenille une très-belle couleur de rouge,mais qui n’est bonne que pour la laine. Lecarthame donne le beau ponceau & le cra-moisi , mais ce n’est qu’à la foie. Peut-, dit M. de Fontenelle , les grains deî de Réaumur nous fourniront-ils le beautouge pour la toile.

M. de Réaumur n’a pas manqué de com-parer fa nouvelle pourpre avec celle qui setire de ces buccins de Poitou. Les buccinsmit a leur collier un petit réservoir appelléimproprement veine par U s anciens , quine contient qu’une bonne goutte de liqueur

teints 611 èvnnr' re '.' Les buges qui en font

du soleil , prennent d’abord une couleuverdâtre , ensuite une couleur de citronun verd plus clair & puis plus foncé , delàle violet , & enfin un beau pourpre.’ Celafe fait en peu d’heures : mais si la chaleurdu soleil est fort vive , les changemensTome V.

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préliminaires ne s’apperçoivent point, &le beau pourpre paroît tout-d’un-coup. Ungrand feu fait le même effet, à cela prés qu’iJle fait un peu plus lentement, & ne produitpas une couleur si parfaite. Sans doute lachaleur du soleil beaucoup plus subtile quecelle du feu de bois, est plus propre àagiter les plus fines particules de la liqueur.Le grand air agit aussi , quoique moinsvite , fur la liqueur des buccins , sur-toutsi elle est détrempée dans beaucoup d’eau •d’où M. de Réaumur conjecture avec assezd’apparence , que la liqueur des buccins &celle des grains font à-peu-près de mêmenature , excepté que celle des grains estplus aqueuse. Elles diffèrent encore par legoût : celle des grains est salée, & celledes buccins extrêmement poivrée & pi-quante , peut-être parce qu’elle a moinsd’eau.

Si on vouloir les employer dans la tein-ture , celle des grains seroit d’un usageplus commode , & coûteroit moins , parcequ’il est aisé de la tirer d’une grande quan-tité de grains qu’on écraferoit à la fois : aulieu que pour avoir celle des buccins , ilfaut ouvrir le réservoir de chaque buccinen particulier , ce qui demande beaucoupde temps : ou si pour expédier on écraseles plus petits de ces coquillages, on gâtela couleur par le mélange des différentesmatières que fournit l’animal.

La Chypiie indiqueroit peut - être desmoyens qui feroient paroìtre la couleur plusvive & plus belle , & qui la rendroientplus tenace. M. de Réaumur a prouvé quele sublimé corrosif produit cet effet fur laliqueur des buccins : mais la pratique , &sur-tout un principe qui viendroit à fairepartie d’un métier , demanderoit beaucoupd’antres observations, & des vues nou-velles. II y a bien de la différence entreun physicien qui veut connoitie & unartisan qui veut gagner. C est par cetteréflexion que M. de Fontenelle finit íoaextrait du mémoire de M. de Réaumur.Voyez Hi/î. de l’acad. ijn. p. z z. Lesavant académicien le commence par uneautre , qui ne me paroît pas aussi vraie ;c’est qu'il y a plus de choses trouvées dansces derniers siécles , qu il n y en a de per-dues des anciens : mais qu il ne peut y

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