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Tome cinquième.
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per secretum } & fi circa negotia mundanaopus est secreto } quanta magis in ne-gotiis fiecretorum fiecretistimorum & con-fideratione fienis dierum quce nequidemtradita funt angelis.... Cœhs non dicamut oficultent; terrce non dicam ut audiat;certè enim nos columnœ mundorumfumus.

Ainsi pari j Schimeon Jochaïdes ; & ilregardoit le secret comme une chose siimportante qu’il fit jurer ses disciples dele garder. Le silence étoit si sacré chezles Esséniens , que Joseph ÇProem. hist.Jud. ) assure que Dieu punissoit ceux quiosoient le violer.

2°. II n’est donc pas douteux que les Juifsn’aient eu de bonne heure une sciencesécrété & mystérieuse : mais il est impos-sible de dire quelque chose de positif soitsur la vraie maniéré de Renseigner, soitsur la nature des dogmes qui y croientcachés, soit sur les auditeurs choisis aux-quels on la communiquoit. Tout ce qu'onpeut assurer , c’est que ces dogmes n’é-toient point contraires à ceux qui fontcontenus dans Pécriture-sainte. On peutcependant conjecturer avec vraisemblance ,que cette science sécrété contenoit uneexposition aslèz étendue des mystères dela nouvelle alliance , dont les semencesfont répandues dans l'ancien Testament.On y expliquoit Pesprit des cérémonies quis’obiervoient chez les Juifs, & on y don-noit le sens des prophéties dont la plupartavoient été proposées fous des emblèmes& des énigmes : toutes ces choses étoientcachées au peuple , parce que son espritgrossier & charnel ne lui faisoit envisagerque les biens terrestres.

3 0 . Cette cabale , ou bien cette tradi-tion orale se conserva pure & conforme àla loi écrite tout le temps que les pro-phètes furent les dépositaires & les gardiensde la doctrine : mais lorsque Pesprit deprophétie eut ceste, elle se corrompit parles questions oisives & par les astèrtionsfrivoles qu’on y mêla. Toute corrompuequ’elle étoit, elle conserva pourtant PecJatdont elle avoit joui d’abord , & on eutpour ces dogmes étrangers & frivolesqu’on y inféra , le même respect que pourles véritables. Voilà quelle étoit l’ancienne

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cabale , qu’il faut bien distinguer de laphilosophie cabalistique , dont nous cher-chons ici Porigine.

4°. On peut d’abord établir qu’on nedoit point chercher Porigine de la philo"sophie cabalistique chez les Juifs qui habi-toient la Palestine ; car tout ce que lesanciens rapportent des traditions qu*étoient en vogue chez ces Juifs , se réduità des explications de la loi , à des céré-monies , & à des constitutions des sages.La philosophie cabalistique ne commençaà paroître dans la Palestine que lorsqueles Esséniens , imitant les mœurs des Sy-riens & des Egyptiens , & empruntantmême quelques-uns de leurs dogmes &de leurs instituts , eurent formé une sectede Philosophie. On sait par les témoigna-ges de Joseph & de Philon , que cettesecte gardoit un secret religieux sur cer-tains mystères & fur certains dogmes dsPhilosophie. r

Cependant ce ne furent point les Essé-niens qui communiquèrent aux Juifs cettenouvelle Cabale ; il est certain qu’aucunétranger n’étoit admis à la connoistànce deleurs mystères : ce fut Siméon Schetachide squi apporta d’Egypte ce nouveau genre detradition, & qui l’introduiíit dans la Judée.ÇVoye^ VHistoire des suifs. J II est cer-tain Tailleurs que les Juifs , dans le séjourqu’ils firent en Egypte fous le régné deCambife , d’Alexandre le grand , & dePtolémée Philadelphe , s’accommoderentaux mœurs des Grecs & des Egyptiens,& qu’ils prirent de ces peuples l’usag 0d’expliquer la loi d’une maniéré allégori-que , & d’y mêler des dogmes étrangers :on ne peut donc pas douter que l’Egyp tene soit la patrie de la philosophie cab 4 'liflique , & que les Juifs n’aient inséré dauScette science quelques dogmes tirés dephilosophie égyptienne & orientale. 0r>en sera pleinement convaincu , ft l’on s edonne la peine de comparer les dogm eSphilosophiques des Egyptiens avec ceux d 0la Cabale. On y mêla même dans la fuit®quelques opinions des Péripatéticiens (sífsrus. Cabb. denud. tom. J. J & J. J 1 )/*®Losius (Giejsœ 1706’.J a fait une Aitìet'tation divisée en cinq chapitres , P°l?fmontrer la conformité des sentimens d