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Tome cinquième.
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qu’iís vouíoient. Quelle illusion ! Les dé-mons font - ils les maîtres de la nature ,indépendans de la divinité ; & Dieu per-mettroit-il que son ennemi'eût un pou-voir presque égal au sien ? Quelle vertupeuvent avoir certaines paroles préféra-blement aux autres ? Quelque différencequ’on mette dans cet arrangement, Tor-dre change-t-il la nature ? Si elles n’ontaucune vertu naturelle , qui peut leurcommuniquer ce qu’elles n’ont pas ? Est-ce Dieu ? est-ce Je Démon ? efl-ce farthumain ? On ne le peut décider. Cepen-dant on est entete de cette chimere de-puis un grand nombre de íìecles.

Carmine lœsa Ceres fierilem vanescitin herbam ;

Deficiunt laesce carmine fontisaqua; ;

Ilicibus glandes , caiuataque vitibusnva

Decidit, & nullo poma movemefliiunt.

(Ovid. Amor. lib. III. eleg. 6. J

Il faudroit guérir Timagination deshommes , puisque c’est là où réside lemal : mais il n’est pas aisé de porter leremede jusques-là. II vaut donc mieux laisfer tomber cet art dans le mépris, que delui donner une force qu’iî n’a pas naturelle-ment , en le combattant & en le réfutant.

2°. La Cabale contemplative est de deuxespeces • Tune qu’on appelle littérale ,artificielle , ou bien symbolique ; Tautrequ’on appelle philosophique ou non arti-ficielle.

La Cabak littérale est une explicationsécrété , artificielle , & symbolique deFEcriture-sainte , que les Juifs disent avoirreçue de leurs peres , & qui, cn transpo-sant les lettres , les syllabes, & les pa-roles , leur enseigne à tirer d’un verset unsens caché, & différent de celui qu’il pré-sente d’abord. On peut voir dans Banageles subdivisons de cette espece de Cabale ,& le s exemples de transpositions. Hijh. desJuifs, chap. iij..

La Cabale philosophique contient uneMétaphysique sublime & symbolique surDieu , sur les esprits , & fur le monde ,

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selon la tradition que les Juifs disent avoirreçue de leurs peres. Elle se divise encoreen deux especes , dont Tune s’attache à laconnoistànce des perfections divines & d eSintelligences célestes , & s’appelle le Cha-riot ou Mercava ; parce que les Cabalistesfont persuadés qu’Ezéchiel en a expliqueles principaux mystères dans le chariotmiraculeux , dont il parle au commence-ment de ses révélations ; & Tautre quis'appelle Bereschit ou le Commcnc ment,roule fur l’étude du monde sublunaire. Onlui donne ce nom à cause que c’est lspremier mot de la Genese. Cette distinc-tion étoit connue dès le temps de Mai-monides, lequel déclare qu’il veut expli-quer tout ce qu’on peut entendre dans leBereschit & le Mercava. ( AlaimQnìdesMore Nevochim , pag. z. ch. xxxix. pag-2.73.J U soutient qu’il ne faut parler du:bereschit, que devant deux personnes ; &-que íi Platon & les autres Philosophesont voilé les secrets de la nature fous des.expressions métaphoriques , il. faut à plusforte raison cacher ceux de la religion ,qui renferment des mystères beaucoup plusprofonds.

II n’est pas permis aux maîtres d’ex—pliquer le Mercava devant leurs disciples-(Excerpta Gemerœ de opéré currûs , apudHottinger , pag. £a , 53 , 89.) Les doc-teurs de Pumdebita consultèrent un jourun grand homme qui passoit par-îà , & luconjurèrent de leur apprendre la signifiacation de ce chariot. Il demanda poufcondition , qu’ils lui découvrissent ce qu’il 5savoient de la création : on y consentit rmais , après les avoir entendus , il refînade parler fur le chariot, & emprunta c esparoles du Cantique des Cantiques , le lait& le miel font fous ta langue , c’est-â-uiiequ’une vérité douce & grande doit d esmeurer fous la langue , & rr’être jamaispubliée, Un jeune étudiant se hasarda uttjour déliré Ji7schiel, & à vouloir expli-quer sa vision : ma;s un feu dévorant sortirdu chasmal qui le consuma : c’est pour-quoi les docteurs délibérèrent s’iî étoit apropos de cacher 1c livre du prophète »qui causoit de íi grands désordres dans lanation. Un rabbin chafiànt Tâne de fc 1 ?maître , R. Jocbanan ,, fils de Sauai, l’ jl