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Tome cinquième.
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Çui lui étoitsupérieur , & tous les mondes°nt été créés en dijférens temps } & lesu ns après les autres , jusqu’à ce qu enfinrang de celui-ci arrivât , &c. Ôn peutlire beaucoup de choses semblables dansta Lexicon cabalistique.

On peut bien juger que les Cabalistesp’ont point emprunté ce principe de l’églifepdaïque ; il est certain qu’ils sont tiré dephilosophie des Gentils. Ceux-ci regar-daient comme une contradiction évidente ,de dire qu’une chose existe & qu elle® été faite de rien , comme c’en est unede soutenir qu’une chose est £? n’efiì pas.Oette difficulté qui se présente astèz fou-lant à la raison , avoit déja choqué lesphilosophes. Epicure l’avoit poussée contre"éraclite & les Stoïciens. Comme cet axio-me est véritable dans un certain sens , onu'a pas voulu se donner la peine de dé-velopper ce qu’il a de faux. Accoutumés queft °us sommes à nous laisser frapper par desobjets sensibles & matériels , qui s’engen-drent & qui s e produisent l’un l’autre , onne peut se persuader qu avec peine , queta. chose se soit faite autrement, & onfait préexister la matière sur laquelle Dieua travaillé ; c’est ainsi que Plutarque com-Paroit Dieu à un charpentier qui bâtiííoitH? palais des matériaux qu’il avoit astèm-oles , & à un tailleur qui faisoit un habitdune étoffe qui existoit. Voye ^ Chaos.

On avoue aux Cabalistes , qu’il est vrailue rien ne peut être fait de rien , &rçu’il y a } comme ils disent, une opposi-pon formelle & une distance infinie entree néant & l’être , s’ils entendent par - là£es trois choses. i°. Que le néant & l’êtreJtbJiJtent en même temps : en effet, celajnphque contradiction auíli évidemmentQuH -àê qu’un homme est aveugle &sibl vota : mais comme il n’est pas impos-les aveugle cesse de l’être, & voie

il n° ft CtS c ta 1 * tai étoient auparavant cachés,*_■ e h Pus impossible auffi que ce qui n’exis-

> -P as a _ c <? U r^ re f ex istence & devienneun etre. z°. II est vrai que le néant nepeut concourir a la production de l’être 'u semble que les Cabalistes regardent lenéant comme un sujet sur lequel Dieutravaille , à-peu-près comme la boue dontUleu ta servit pour créer shomme ; &Tome V ,

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comme ce sujet n’existoít point, puisquec’est le néant , les Cabalistes ont raison dedire que Dieu n’a pu tirer rien du néant.II seroit ridicule de dire que Dieu tire lalumière des ténèbres, fi on entend par-làque les ténèbres produisent la lumière :mais rien n’empêche que le jour ne suc-cédé à la nuit , & qu’uije puistànce infiniedonne l’étre à ce qui ne l’avoit pas aupa-ravant. Le néant n’a été ni le sujet, nila matière , ni l’instrument , ni la causedes êtres que Dieu a produits. 11 sembleque cette remarque est inutile , parce quepersonne ne regarde le néant comme unfond sur lequel Dieu ait travaillé , ou quiait coopéré avec lui. Cependant c’est ence sens que Spinosa, qui avoit pris ceprincipe des Cabalistes, combat la créationtirée du néant : il demande avec insulte :Ji on conçoit que la vie puijse sortir de lamort : dire cela , ce seroit regarder les pri-vations comme les causes d’une infinitéd'effets , c’efi la même chose que Ji ond (soit } le néant (3 la privation de l’êtresont la cause de l’être. Spinosa & ses maîtresont raison ; la privation d’une chose n’enest point la cause. Ce ne sont ni les té-nèbres qui produisent la lumière , ni lamort qui enfante la vie. Dieu ne com-mande point au néant comme à un esclavequi est obligé d’agir & de plier sous sesordres , comme il ne commande pointaux ténèbres ni _à la mort , d’enfanter lalumière ou la vie. Le néant est toujoursnéant, la mort & les ténèbres ne sontque des privations incapables d’agir : maiscomme Dieu a pu produire la lumière quidissipe les ténèbres, & ressusciter un corps,le même Dieu a pu auffi créer des êtres quin’existoient point auparavant, & anéantirle néant , si on peut parler ainsi , en pro-duisant un grand nombre de créatures.Comme la mort ne concourt point a la ré-surrection , & que les ténèbres ne sont pointle sujet fur lequel Dieu travaille pour entirer la lumière, le néant aussi ne cooperepoint avec Dieu, & n’est point la cause del’être, ni la matière sur laquelle Dieu atravaillé pour faire le monde. On combatdonc ici un fantôme ; & on change lesentiment des Chrétiens orthodoxes , afinde le tourner plus aisément en ridicule.

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