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Tome cinquième.
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doutes choses ; les Arithméticiens y voientles nombres, & particulièrement celuide dix lequel renferme des mystèresinfinis. ,

Il y a dix séphirots ,* on les representequelquefois fous la figure d’un arbre, parceque les uns font comme la racine & J etronc , & les autres comme autant deRanches qui en sortent ; on les rangesouvent en dix cercles différens , parcequ’ils font enfermés les uns dans les autres.Ces dix séphirots font la couronne , lasagesse 3 Vintelligence , la force ou laséve-ri te j la miséricorde j ou la magnificence 3la beauté , la victoire ou Véternité , lagloire 3 le fondement 3 & le royaume.

Quelques-uns soutiennent que les splen-deurs ( c’est le nom que nous leur donne-rons dans la fuite ) ne font que des nombres ;ruais, selon la plupart , ce font les perfec-tions & les attributs de la divinité. II nefaut pas s’imaginer que l’eísence divine soitcomposée de ces perfections, comme d’autantde parties différentes ; ce feroit une erreur :l’esiènce de Dieu est simple. Mais afin defe former une idée plus nette de la maniérédont cette essence agit, il faut distinguerses attributs ; considérer fa justice , faruiséricorde, sa sagesse. Il semble que lesCabaîistes n’aient pas d’autre vue que deConduire leurs disciples à la connoiííàncedes perfections divines, & de leur faire voirque c’est de l’affbmblage de ces perfectionsque dépendent la création & la conduitede l’Univers ; qu elles ont une liaison insé-parable ; que f une tempete l’autre : c’estPourquoi ils imaginent des canaux pare quels les influences d’une splendeur secommuniquent aux autres. " Le monde,” difoit Siméon Jochaïdes (in Jefirah ,” cum not. Bittangel, pag. & 186 . Jne pouvoir être conduit par la miféri-corde feule & par la colonne de la" gf ac e ; -c’est pourquoi Dieu a été obligé” , y gourer l a colonne de la force ou" ^ la sevente q „i f ait !e jugement. Il" e , t01t encore nécessaire de concilier les" deux colonnes , & de mettre toutes" choses dans une proportion & dans un" ordre naturel ; c’est pourquoi on met” au milieu la colonne de la beauté, qui" accorde la justice avec la miséricorde, &

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» met Tordre fans lequel il est impossible,, que l’Univers subsiste. De la miséricorde>1 qui pardonne les péchés , sort un canalo qui va à la victoire ou à Péternité ; „parce que c’est par le moyen de cettevertu qu’on parvient au triomphe ou àPéternité. Enfin les canaux qui sortent dela miséricorde & de la force , & qui vontaboutir à la beauté , sont chargés d’ungrand nombre changes. II y en a trente-cinqfur le canal de la miséricorde, qui récom-pensent & qui couronnent la vertu dessaints ; & on en compte un pareil nombrefur le canal de la force, qui châtient lespécheurs : & ce nombre de soixante & dix;anges , auxquels on donne des noms diffé-rons , est tiré du ocvj chap. de l’Exode.

II y a là une vérité aísez sensible ; c’estque la miséricorde est celle qui récompenseles sideles , & que la justice _punit lesimpénitens.

II me semble que la clef du mystère con-siste en ceci : les Cabaîistes regardantDieu comme une essence infinie qui ne peutêtre pénétrée , & qui ne peut fe commu-niquer immédiatement à la créature , ontimaginé quelle fe faisoit connoître & qu’elleagissoit par les perfections qui émanoientde lui, comme les perfections de l’ame &son essence sc manifestent & fe font con-noître par les actes de raison & de vertuqu’elle produit, & sans lesquels ces per-fections feroient cachées.

Ils appellent ces attributs les habits deDieu , parce qu’il se rend plus sensible parleur moyen. 11 semble à la vérité que Dieuse cache par-là , au lieu de se révéler ,comme un homme qui s’enveloppe d’unmanteau ne veut pas être vu ; mais ladifférence est grande , parce que l’hommeest fini & borné , au lieu que Pestènce dela divinité „est imperceptible sens le secoursde quelque opération : ainsi on ne peutvoir le soleil , parce que son éclat nouséblouit : nuis on le regarde derrière unnuage , ou au travers de quelque corpsdiaphane.

Ils disent aussi que c’étoient les instru-mens dont le souverain architecte sescrvoit ; mais de peur qu’on ne s’y trompe,ils ont ajouté. (Abrahami patriarches liberJexirah 3 cap, j.secl. L- p• *75-J que cesMmmm z