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Tome cinquième.
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nombres font forcis de l’eíTence de Dieuméme ; & que si on les considéré commedes instrumens , ce feroit pourtant uneerreur groíïïere que de croire que Dieupeut les quitter & les reprendre selon lesbesoins qu’il en a , comme Partisan quitteles outils lorsque l’ouvrage est fini ou qu’ilveut se reposer , & les reprend lorsqu’ilrecommence son travail. Cela ne se peut ,car les instrumens ne font pas attachés àla main du Charpentier ; mais les nombres ,les lumières resplendissantes sortent deVessence de P infini & lui sont toujoursunies , comme la flamme au charbon. Enester , comme le charbon découvre par laflamme sa force & sa vertu qui éroit cachéeauparavant, Dieu revele sa grandeur &fil puisfimce par les lumières resplendis-santes dont nous parlons.

Enfin les Cabalistes disent que ce nesont pas là seulement des nombres, commeMorus l’a cru , mais des émanations quisortent de Pessence divine , comme lesrayons sortent du soleil , & comme lachaleur naît par le feu sans en être séparée.La divinité n a souffert ni trouble , nidouleur , ni diminution, en leur donnantInexistence , comme un flambeau ne perdpas fa lumière & ne souffle aucune violencelorfqu’on s’en sert pour en allumer un autrequi étoit éteint , ou qui n’a jamais éclairé.Cette comparaison n’est pas tout-à-faitjuste ; car le flambeau qu’on allume , subsisteindépendamment de celui qui lui a commu-niqué sa lumière : mais l’intention de ceuxqui Pont imaginée étoit seulement deprouver que Dieu ne souffle aucune alté-ration par Pémanation de ses perfections, &qu’elles subsistent toujours dans soneflence.

L’ensoph, qu’on met au destus de l’arbreséphirotique ou des splendeurs divines , estPinfini. On Pappelle tantôt 1 être , & tantôtle non-être. C’est un être , puisque touteschoses tirent de lui leur existence : c’est lenon - être , parce qu’il est impossible àPhomme de pénétrer son eflence & fanature. II s’enveloppe d’une lumière, inac-cessible , il. est caché dans une majestéimpénétrable j d’ailleurs il n’y a dans lànature aucun objet qu’on puiflè lui com-jarer, & qui le représente tel qu’il est. C’est

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en ce sens que Denys l’Aréopagite a osédire que Dieu n’étoit rien , ou que c’éroitle néant. On fait entendre par-là que Dieuest une essence infinie , qu’on ne peut níla sonder ni la connoître ; qu’il pofledetoutes choses d’une maniéré plus noble &plus parfaite que les créatures ; & que c’estde lui qu’elles tirent toutes leur existence& leurs qualités par le moyen de ses per-fections , qui font comme autant de canauxpar lesquels P être souverain communiqueses faveurs.

Les trois premieres splendeurs fontbeaucoup, plus excellentes que les autres.Les Cabalistes les distinguent : ils les appro-chent beaucoup plus près de Pinfini, afquelelles font étroitement unies ; & la pluparten font le chariot d’Ezéchiel ouïe mercava,qu’on ne doit expliquer qu’aux initiés. LesChrétiens ( Kirch. (Edip. JEgypt. Gymn-Hyerog. ciajs. 4 . $. z. J profitent de cetavantage , & soutiennent qu’on a indiquepar-là les trois personnes de la Trinité dansune feule & même eflence qui est infinie.Ils se plaignent même de l’ignorance & del’ayeuglement des Cabalistes modernes rqui regardent ces trois splendeurs commeautant d’attributs de la Divinité ; mais cesCabalistes font les plus sages. En effet, ona beau citer les Cabalistes qui disent quecelui qui efl un a fait émaner les lumières fqu’il a fait trois ordres d’émanations , Ùque ces nombres prouvent la trinité du roipendant toute P. éternité ; ces expressionsvagues d’Ifachor Beer (Isaach. Beer, fil-Moss y Pesahc. lib. imve B e ri ah. s fontexpliquées un moment après : tout kmyflere consiste dans Pémanation de quatre,mondes PArchetipe, P Angélique y celuides Etoiles y & P Elémentaire. Cependantces quatre mondes n’ont rien de communavec la Trinité : c’est ainsi que Siméon; Jochaïdes trouvoitdans le nom de Jt hovah)

' le Pere, le Fils, la Fille & k Mere; avecun peu de subtilité, on trouveroit le Saint-Esprit dans la Fille de la Voix , & kMere pourroit être regardée comms1 eflence divine ou l’Eglise. chrétienne.Cependant on voit bien que ce n’étoitpoint l’intention de ce cabaliste. Le jod).-disoit-íl, est le Pere ; Y h y ou la secondelettre du nom ineffable, est la Mere ; 1’**