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qui pût v résister davantage. Lebronze, quin’est qu un amalgame de cuivre & d etain,parue asièz dur pour résister long-tems aubattement du boulet, & asièz cohérentpour ne point éclater. La préférence luifut donnée, & chez tous les peuples lebronze forme actuellement les canons. Onne s’est jamais accordé fur les quantités res-pectives de cuivre & d’étain qui doiventpar leur alliage former le meilleur bronze ;chaque fondeur , comme chaque nation , aeu fa méthode. Ce n’est pas ici le lieu derechercher quelles devroient être ces quan-tités, il suffit d’indiquer qu’une trop fortedose d’étain rend cet alliage casiìmt, &qu’une trop foible ne prive pas asièz lecuivre de fa ductilité. Le prix considérabledu bronze n’a pas permis aux gouvernemensde fe servir de canons de ce métal pourla marine & la défense des côtes qui enexigent une immense quantité. L’artilleriede mer & des côtes fe sert donc toujoursde canons de fer, mais celle de terre w’em-ploie que des canons de bronze..
On a essayé de faire des canons de touteespece, soit en changeant leur matière,soit en variant leur forme. On en a fait debois couverts de cuir & cerclés de fer ;de souilles de cuivre recouvertes de cor-dages garnis de pieces de bois mastiquées,le tout cerclé de fer ; de barres de fer,fortement liées ensemble, recouvertes d’unétui de bois revêtu lui-même d’un cuirepais. J’en ai vu de cuivre, dont Pâme étoitde fer coulé. Quand on a voulu tirer vite,on a ouvert leur culaílb pour y déposerla charge ; les vouloir-on portatifs , onen propoíòir dont le corps fe parrageoit endifïòrens morceaux qui fe rcunifsoient enles vissant l’un au bout de Pautre. On ena fait de doubles & de triples, qui n’étoientautre chofe que deux canons réunis & cou-lés cote a cote, St ayant, lorfqu’ils étoienttriples, un troisième canon qui repofoit fol-les deux inférieurs, avec un canal de lu-mière commun à tous. Les Suédois ayantraccourci & a lege leurs canons pour. lesfaire suivre plus facilement les armées ,on les muta en franco, & M. du Brocardmtrodumt 1 usage des pieces à la Suédoise ;leur construction etoit vicieuse on les arejetées pour adopter les pieces’de 4, lé-
Tome VI. ^
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gérés, dont on fe sert aujòurd’hui. M. lemarquis de Rostaing , officier général d’ar--tillerie, ainsi que M. du Brocard, proposadepuis &c fit adopter des canons d’une livrede balle, dits à la Rostaing ; on les a auífivite abandonnés que reçus, parce que leureffet ne pouvoir être beaucoup supérieurà celui du fi,fil, & qu’ils coûtoient plus &einbarraílòicnt davantage.
Tout canon étant destiné à lancer un.boulet au moyen de la poudre, on a crupouvoir, en augmentant son effort , ac-croître la portée du boulet : de là fontvenues les chambres de toute espece, parlesquelles on a terminé leur ame. On ena vu de sphériques, de coniques, de cylin-driques : toutes favorifoient plus ou moinsPinflammation d’une grande quantité depoudre dans un même tems ; les unes mé-nageoient les lumières, permettoient deraccourcir les pieces & de les alléger ; lesautres, telles que les cylindriques qu’onvient de supprimer aux canons de 16 &cde 24 , n’av oient pour but que d’obvierau trop prompt évasement de la lumière:Mais ces foibles avantages n’ont pu balan-cer les inconvéniens qui naissoient de leurconstruction : inconvéniens que des cham-bres , de quelqu’espece qu’elles soient, fe-ront toujours reparaître, savoir, un reculprodigieux , un mouvement qui fatigue &ctourmente extraordinairoment leurs affûts,l’impostibilité de bien nettoyer ces cham-bres, la propriété qu’elles ont de conserverle sou, & le danger qui en resulte pour lescanonniers qui les fervent.
Dans les tems Voisins de I invention descanons , on fe plut à leur donner les nomsles plus bizarres ; & ce 11’étoit pas toujoursParme seule, mais son espece, qu’on dési-gnoit par ces qualifications souvent riJi—cules. Ainsi l’on eut le brise-mur, le ré-veille-matin, lepastè-mur, le basilic, le dra-gon volant, la couîeuvrine , le serpentin,l’aípic, le sacre, &c. Lee. C’eíî ainsi quedes brigands Italiens, connus autrefois sousle nom de condottieri, pour ajouter à Bef-froi que caufoient leurs dévastations, fedonnerent les noms de coupe -tête , detranche-montagne , &c. &c. usage qa’ontconservé nos soldats en adoptant pour nomsde guerre les ridicules sobriquets d efans-