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sifs : oi- íì une piece de canon est tellementraccourcie que le boulet en ait parcouru lalongueur de Famé , & qu’il en soit sortiavant d’avoir reçu Pimpreíïïon totale de lacharge enflammée, il est certain qu’il iramoins loin que s’il avoir été tiré avec unepiece plus longue, où il auroit reçu l’im-puision complété de la charge totalementenflammée.
La poudre enflammée produit, par sonexplosion, un fluide élastique dont Factionsubsiste & agit encore sor ce qui l’envi-ronne après le premier instant de F explo-sion. Or , le boulet lancé par une piececourte échappé à cette action avant d’avoiressuyé toute la force ou la somme de tou-tes les forces du ressort, avec laquelle il au-roit été mis en mouvement dans une piecedont l’ame auroit été plus longue ; d’où illuit que la piece courte du même calibre& avec la même charge, imprime au bou-let une moindre vitesse, une moindre for-ce , & qu’elle a par conséquent une portéeplus courte qu’une piece plus longue.
Les pieces, indépendamment du rac-courcissement considérable auquel on s’estdéterminé , ont été diminuées d’épaisteur,ainsi qu’on peut le voir dans la table desdimensions , rapportée ci - destùs ; d’où ilrésulte le double inconvénient de nuire en-core à la longueur de la portée, & de ren-dre les pieces d’un service beaucoup moinsdurable que les anciennes. En effet, lespetites pieces s’échauffent fort vite, &beaucoup plus que celles qui sont plus char-gées d’étosse; mais le métal se dilatant parìa chaleur, cede à F effort que le fluide élas-tique fait en tout sens, se prête, pour ainsidire, à cet effort ; ensorteque tous les res-sorts du fluide élastique qui devroient trou-ver une résistance presqu’invincible contreles parois & le fond de l’ame de la piece ,Lt concourir, par leur réunion & leurréaction, à imprimer une plus grande force2u boulet, sont en pure perte pour lui, &tournent au détriment de la piece qui seboursoufle, & pa r le dérangement que soname éprouve , n ’a plus de justesse dans fadirection, est p ar conséquent d’un mauvaislervice, & doit être refondue. Une longueexpérience de guerre nous a appris que lesanciennes pieces n’étoient pas hors de
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service après içoo coups ; & les épreu-ves qu’on a faites avec les nouvelles ,nous montrent quelles ne peuvent gue-re. aller au - delà de 400, & que quelquespieces nouvelles de douze ont mêmeperdu leur direction après 300 coups tirésen trois jours (a). On a attribué le peu dedurée de ces pieces à Falliage des métauxdont elles sont composées ; mais cet alliagedans plusieurs de celles qui ont le moinsduré, étoit le même que celui des an-ciennes : d’où il résulte évidemment quele peu de durée des pieces nouvelles ne doitêtre attribué qu’à leurs dimensions trop fai-bles pour soutenir les charges qui leur sontnécessaires. On ne doit pas être surprisd’ailleurs que les pieces de douze aientmoins duré que celles d’un calibre inférieur jparce qu’ayant moins de masse relative-ment à leur charge , elles doivent avoirmoins de résistance.
On sent assez que le restòrt du fluideélastique ne trouvant pas au fond de l’amede la piece allégée une résistance égale àcelle que lui opposent les pieces ordinairesplus massives & montées fur des affûts mieuxcoupés ( Affût des pieces de bataille')doit faire reculer prodigieusement ces peti-tes pieces qui ont effectivement un reculplus que triple de celui des anciennes : ce quipeut être, dans bien des cas, d’une consé-quence extrême , indépendamment de ceque le restòrt ne trouvant pas un appui suf-fisant fur le fond de l’ame , exerce son ac-tion fur la piece qui y obéit, & ne réagitpas autant íùr le boulet , dont la portéedoit se trouver par-là sensiblement dimi-nuée. Qu’on adopte la théorie de la pou-dre , que les expériences de M. Robins ontrendu fl vraisemblable, ou qu’on en attri-bue Fesser à la dilatation de Pair renfermédans les grains & dans les interstices desgrains qui composent la charge , c’eít tou-jours une somme de ressorts mis en actionpar Finflammation ; & si le boulet se sous-trait à Faction de quelques-uns d’eux, cequi lui arrive dans une piece trop cour-te , notre conclusion n’en fera pas moinsvraie.
C») Lettre en réponse aux observations fur unouvrage attribué à Feu M. île Valiere & à im livre-intitulé Artillerie nouvelle , page 47.