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Tome sixième.
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Inexpérience est parfaitement d’accordavec cette théorie ; & voici comment s enexplique, dans un mémoire du 30 septembre1764, feu M. deMouy , lieutenant-géné-ral des armées d u roi, inspecteur généraldu Corps royal de l’artillerie , témoin desépreuves de comparaison , faites à Stras-bourg pendant l’été de la méme année (a) :« Quoiqu’il ait été reconnu de tous les»> tems > & que toutes les épreuves qu’on„ vient de faire nous confirment que les„ pieces longues ont Vavantage pour les„ portées fur les courtes , lorfqu’on tire„ les unes & les autres avec les charges qui„ leur font reconnues les plus avantageu-„ ses, au même degré & avec des boulets,, réguliers,& qui ont précisément le méme„ vent, pn n’hésìte pas à adopter pour les,, équipages de campagne, les pieces qui„ n’ont que dix-huit calibres de longueur„ ( extérieure} , telles , qu’on les pro-„ pose , & qu’elles ont été exécutées pour„ les épreuves, en considération de Favan-„ tage qu’elles ont d’étre infiniment plus„ aisées à servir, à manier & à transpor-,1 ter n. Voye\ ARTILLERIE de bataille.

Cet officier général insiste dans le mêmemémoire en faveur des pieces de quatrelongues, a On fera fans doute surplis, dit-}> il, de nous voir proposer pour la campa-„ gne des pieces de quatre longues, tandis„ que nous adoptons les pieces de douze &„ de huit raccordes, & qu’une piece de„ quatre longue, coulée fur les dimensions« de F ordonnance de 1731, pefe 1150 li-» vres , & que la piece de huit courte n’en■>■> pefe que 1182 à 1200. Auíli oppose-t-on» à notre proposition , cju’il n’eíl pas nacu-j) rel de porter en campagne des pieces?> d’un calibre inférieur, qui pèsent presque,, autant que celles d’un calibre double, &,, fur-tout puisque nous convenons que l’on„ doit sacrifier quelque chose sur la lon-,) gueur du tir, à la facilité du transport« & à la célérité du service. La raison qui„ nous détermine à être de ce sentiment,» c’est qu outre qu’on peut alléger les pie-„ ces de quatre longues d’environ une cen-?) taine de livres, fans nuire à leur solidité

(u) Cc mémoire île feii M. de Mouy est entre lesmains de plulieurs oihciers du Corps royal de l'ar-tillerie.

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n & à leur justesse, une piece de quatre», longue , pointée au même degré que la>» piece de huit courte , porte Jbn boulet»» aussi loin que - cette derniere , & pref-»> qu’aujs loin que la piece de dou\e», courte } & porte mieux sa cartouche»» que la piece à la Suédoise, (b) »

Après une telle déclaration de cet ancien& respectable officier d’artillerie, qui s’étoiroccupé de son métier toute fa vie, quiavoit beaucoup servi, à qui nous sommesredevables d’excellens mémoires fur Fartil-lerie, & qui étoit alors témoin oculairedes épreuves de comparaison qui sc fai-soient sur les pieces anciennes & les nou-velles , on peut adopter, fans aucune res-triction , le principe établi dans FElíài furl’usage de l’artillerie , que " plus il y aura„ de différence dans la longueur des bou-», ches à feu du même calibre, plus il y», en aura dans leur portée : un obusier de»» huit pouces a une longueur double du»» mortier de même nom , & leurs autres», dimensions sont égales ; à pleine charge,», Fobusier, sous 2.2 à 23 degrés, porte», presque une fois plus loin que le mortier„ fous l’angle de 45. »»

11 ne faut pas en conclure qu’une pieceexcessivement longue auroit toujours uneportée proportionnée à la longueur ; il ya des bornes à tout ; & dans le cas dont ils’agit, F effort & la vitesse du ressort élas-tique que produit l’exploíion, diminuantsans cesse à proportion que le vuide inté-rieur augmente par le déplacement hi bou-let , & d’autre part le frottement que leboulet eíluieroit dans la piece, retardantson mouvement, même après qu’il ne re-cevrait plus Fimpression du fluide trop ra-réfié il en réliilteroit un ralentissementproduit par la longueur même de la piece :ensorte que pour déterminer la longueurla plus avantageuse d’une piece de canon,il faudroit pouvoir déterminer pari'expé-rience ou par toute autre voie aussi sûre,le point où le boulet ayant reçu du fluideraréfié toute la vitesse qu’il en peut rece-voir , ne peut plus qu’en perdre par le frot-tement , en roulant dans la piece ; ruais

(S) Piece de 4 plus courte que l’ancienne, & pluslongue «pie la nouvelle.