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cjuand oh obtiendroit des portées beaucoupplus étendues avec des pieces prodigieu-sement longues, il n’en résulterait aucunavantage pour le service, puisque ces pie-ces d’une masse énorme ne pourroient êtreni transportées, ni manœuvrées.
Au reste, il ne faut pas imaginer que nosanciennes pieces n’aient dû qu’au hasardles dimensions qui avoient été déterminéespar une ordonnance en 1732. Nous savons,par une tradition incontestable, que M.de Valiere, que nous pouvons regardercomme le créateur de 1 artillerie en Fran-ce, fit fur cet objet important des expé-riences suivies, & que la question ne futdecidee que lorsque les faits eurent astùréla vérité de la théorie : mais s’il étoit pos-sible de douter de cette tradition, donttout officier d’artillerie, qui a quelque an-cienneté de service, a connoistànce ; pour-ra-t-on révoquer en doute une suite d’ex-périences de guerre, constatées avec uneévidence à laquelle il est impossible de serefuser ? C’est ainsi que s’expriment lespartisans de l’ancien système, & ils con-cluent que les pieces courtes ont unemoindre portée que les anciennes, dansles mêmes calibres : ils ajoutent que si lescomparaisons qui en ont été faite?, n’ontdonné à ces dernieres qu’une supérioritéd’environ 60 toises, en réunifiant toutesles circonstances, tous les foins, toutes lesattentions & toutes les précautions les plusfavorables aux petites pieces, comme f in-clinaison de leur ame au-defíùs de la lignehorizontale, le choix du terrein , de lapoudre , des boulets, & en ne les tirantque fous les angles d’un à six degrés, fansfoire entrer les ricochets en ligne decompte , comme on auroit dû le faire pourjuger de la force totale imprimée aux bou-lets , &c. la différence auroit été bien plussensible & la supériorité des pieces longuesbien plus marquée , fous des angles supé-rieurs & dans des circonstances où il n’au-roit pas été possible de prendre les mêmesprécautions ; mais en admettant que lesrésultats des épreuves de comparaison se-roient toujours les mêmes, dans combiende cas 60 toises de moins fur la portée ,ne sont-elles pas une perte réelle qui peutà sm Je succès d’une affaire ? « On
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» se canonna la ve lie de la bataille de» Lawlseld, nos anciennes pioces de 8 &w de 4 atceignoient l’ennemi, ce que les» pieces à la Suédoise ne purent jamais» foire „ (a). Peut-on attribuer cettedifférence à une autre cause qu’au peu delongueur de ces dernieres ? & s’il s’agit deprendre des prolongemens, de croiser sesfeux dans des circonstances où le terreinne permettra pas de s’approefoer autantqu’on le voudroit, tout l’avantage ne se-roit-il pas du côté des pieces longues ?
S’il est essentiel d’avoir des pieces decanon qui aient une longue portée, iln’estpas moins nécessaire qu’on puistb s’en pro-mettre la plus grande justesse possible dansla direction : or avec des pieces courtes,disent les partisans de l’ancien système, ilest indispensable de pointer plus bas quel’objet, à une certaine distance ; & lesoldat étant dans l’habitude de diriger soncoup-d’œil le long de la piece & d’en raserla surface, il frappe au-deffus de l’objet :les pieces à la Suédoise étant pointées à unbut distant de 180 toises, le boulet pastè dequelques pieds au - dessus (b). Toutes lespieces courtes feront plus ou moins sujettesà cet inconvénient , suivant que le diamè-tre de la culasse excédera plus ou moinscelui du bourlet : voilà pour les portéesordinaires & meurtrières, de x80 à 200toises ; mais lorsqu’il sera question de tirera de grandes distances & ay-delàdes limiteseu but cn blanc , il faudra tlcvcr la piccc idonc les coups feront alors très-incertains& de peu d’effet, par la grandeur de leurangle de chiite ; & la hauteur du jet deve-nant. plus grande, plus il y aura de posi-tions entre le but en blanc naturel de lapiece & la batterie, où s ennemi ne seroicpoint frappé ; le canonnier visant tou-jours à lui le long de la piece & ne labai fiant pas à mesure que l’ennemi en ap-procherons c). Quant à l'incertitude dela direction sur la droite & sur la gauche ,plusieurs raisons concourent à rendre lesportées des pieces courtes incertaines.i°. Si le rayon de mire passe du centre à
(?) Essai fur l’ufage de l’artillerie.
(b) loti. page 30.
„ (?) Eéponie de fauteur de l’Essai fur 1 ’h sage de1 artillerie a celui de l'Artillcric nouvelle, sage ií.