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inutiles, ainsi que toutes celles qui passe-ront à une hauteur de ç pieds 5 à 6pouces : d’où l’on conclut qu’on doit beau-coup rabattre de l’effet promis de cescoups à cartouche, tirés à de trop grandesdistances, lequel ne fera jamais comparableà celui d’un boulet qui, projeté avec unepiece bien proportionnée, prendroit d’é-charpe une troupe à pied ou à cheval ;& il est à remarquer qu’il fera toujoursplus facile de prendre des prolongemens& de croiser ses feux avec des pieces lon-gues qu’avec des pieces courtes , & queles effets en seront plus décisifs, à causede l’étendue de leur portée de but enblanc Lt de la justesiè de leur direction.Si l’on prend la peine de comparer la dé-pense & rembarras de ces coups à car-touche , avec l’estet qui doit en résulter,on pourra réduire ces canonades à leurvraie valeur.
« Si , pour le malheur de l’humanité( c’est fauteur de I’Eílài fur l’usage de l’ar-tillerie qui parle) , " les inconvéaiens de3> la pratique ne diminuent rien des rava-r> ges dont les épreuves des nouvelles car-», touches menacent les troupes à décou-
vert, tout l’effet des boulets, à l’ave-3> nir, le réduira aux portées extrêmes &» contre les troupes retranchées ou pla-?? ce'es dans des villages & derrière des« haies, comme en Flandre , ou cou-3t vertes par des abattis, des palissades,» &c. Quoi qu’il en soit, jusqu’à ce que3 ì tout lòit bien constaté par une bonne>» expérience de guerre, je serai toujoursw d’avis qu’en prenant, pour se mettre» en mesure avec les ennemis, un plus9> grand nombre de ces nouvelles cartou-» c es qu on n en portoit des anciennes ," 1 approvisionnement en boulets soit au» moins le meme qu autrefois ; car si l’on}} uonnoit aux cartouches à balles la pr é-„ férence en nombre dans le même rap-„ port qu’on la leur donne pour les ef-,, sets, un ennemi qui en seroit informé„ ( & de quoî ne I’est pas un ennemi„ a ctif> ) auroit plus d’un moyen de nousx en faire repentir.
„ A propos de cette supposition , il„ me pasl'e par la tête une idée qui paroî-» crapeut-être bien folle, mais qui n est
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» pas fans fondement. Le maréchal de» Saxe, qui n’ignoroit pas que l’effet def-« tructif du canon a fait négliger ou mé-» priser les armes défensives , souhaitoít0 cependant qu’on enrenouvellâtl’usage,» & que l’on armât d’un bouclier de fa» façon, & à l’épreuve de la balle, la» meilleure infanterie. I! auroit appuyé» bien plus fortement fur son projet, s ilv avoit pu prévoir que, quelque tems» après lui, le principal effet de l’artiileric,> de campagne confìsteroit à porter fur les» bataillons, des cartouches remplies de„ balles de fer battu, dont un grand nom-,, bre ne perce pas seulement des planches» de sapin d’un pouce d’épaisseur. I! fe-» roit fort plaisant, qu’à force de vouloir» multiplier les ravages du feu, on par-» vint a l’éteindre ; qu’au lieu de f e lais» fer détruire de si loin par de petites» balles, l’infânterie couverte de ses bou-» cliers, marchât généreusement aux com-» bats de main, où le plus brave & le plusn ingambe a tant d’avantage. Qu’arrive-,1 roit-il alors ? L’artillerie reprendroit>, ses boulets , & ma maxime toute fa„ force. Les boulets font généralement„ plus de mal aux ennemis que les coups„ à mitraille
Ce n’est pas que l’estimable auteur quenous venons de transcrire , & tous lesanciens officiers d’artillene, ne connoi'-fent le prix du canon tiré à cartouche 5mais ils ne lé jugent vraiment meurtrierque loríqu’on est fort près de fennemi ,c’est-à-dire, à soixante ou quatre-vingtstoises, tout au plus. Ils préfèrent bail-leurs à toutes les cartouches les balles deplomb de munition , renfermées dans unlac de toile légere. Fluiieurs expériencesde guerre appuient cette opinion j & cellequi fut faite en 1760 à la Fere , convain-quit tous ceux qui en surent témoins, queles balles renfermées dans des íàcs de toile,étoient préférables aux mêmes balles deplombs & de munition renfermées dansdes boites de fer-bîanc, & que les unes &les autres percerent, â soixante-quinze ¢ toises, des madriers de chêne épaisd environ deux pouces : effet bien diffé-rent de celui que firent les balles de ferbattu dans les expériences de Strasbourg