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Tome sixième.
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ce roi. z. Paralipom. chapitre 3 ?*

Les anciens donnoient encore le nomde cantiques à certains monologues pas-sionnas & touchans de leurs tragédies,cu’on chantoit fur le mode hypodorien& hypophrygien , comme nous PapprendAristote au dix-neuvieme de ses problè-mes , à peu près comme certains mono-logues cjui, dans quelques tragédies de Cor-neille , font en stances de vers irréguliers,& cu’on auroit pu mettre en musique.Telles font les stances du Cid , celles dePolieucte , qui font très-belles, & cellesd’Héraclius. Au reste, l’ufage de ces stan-ces paroît entièrement banni de nos tragé-dies modernes. Voye\ Stances. ( G )CANTIQUE DES CANTIQUES, {Hijl.sacr. ) c’est un des livres sacrés. Les Hé-breux l’appellent Schir haschirim , c’est-à-dire, un cantique excellent. On attri-bue cet ouvrage à Salomon, dont il portele nom , dans le titre du texte hébreu &dans celui de l’ancienne version grecque.Les thulmudirtes l’ont attribué à Ezéchias,mais les rabbins ont reconnu qu’il étoitde Salomon qui avoir composé plusieurscantiques , & dont le nom se trouve enplusieurs endroits de celui-ci.

C’est un épithalame en forme d’idylleou de bucolique, dans lequel on fait parlerun époux & une épouse , les amis de l’é-poux & les compagnes de l’époufe. LesJuifs ne permettoient la lecture de ce livrequ'à des períonnes qui étoient dans un âgede maturité, c’est-à-dire , à ceux quiavoient au moins trente ans. Ils étoientnéanmoins persuadés que ce livre n’éroitpas un simple cantique d’amour, & quefous ccs termes il y avoit des mystères ca-ches.Quelque;.-uns ont cru que I oniquebut de Salomon , dans ce cantique , avoitété de decrire les amours avec Abifag S’u-namite , ou avec la fille de Pharaon. iyau-tres , au contraire, pensent que cet ou-vrage n’a point d’autre sens que le sens al-légorique ; que Salomon n’a pensé, en lecomposant, à aucun amour charnel, & quetout cela ne se doit entendre que de l’amonrspirituel de Dieu pour la synagogue, selonles juifs, ou de Jéíùs-Christ pour 1 église,félon les chrétiens. On peut tenii le milieuentre ces deux opinions, en dilant que,

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selon le sens de l’histoire, c’est un cantiquepour célébrer les noces de Salomon avecla fille du roi d’Egypte, qui est appelléeSalamite du nom de Salomon ; & que, se-lon le sens mystique , dont Phistoire n’estque la base, cela doit s’entendre de JeTus-Christ & de son église, dont l’union estcomparée, dans l’évangile, à celle du mari& de la femme.

M. l’évéque de Meaux a distingué dansle cantique sept parties d’églogues, qui ré-pondent aux sept jours pendant lesquels lesanciens avoient coutume de célébrer leursnoces. Plusieurs autres ont commenté celivre, & l’ont expliqué en différens sens ,quelque-uns méme en ont abusé. Rien n’efíplus élégant ni plus noble en genre d’idylleque cet ouvrage. On y voit un feu , un es-prit , une délicatesse, une variété, une no-blesse & des agrémens inimitables.

Dom Calmet dit que , pour pénétrer lesens du cantique des cantiques , & encomprendre tout te mystère, il saur s’éle-ver à des sentimens au-desiùs de la chair& du sang, & y considérer le mariage oul’union de Jésus-Christ avec la nature hu-maine , avec l’église & avec une ame sainte& sideile ; que c’est là la clef de ce divinlivre, qui est une allégorie continuée, oùsous les termes d’une noce ordinaire, onexprime un mariage tout divin & tout sur-naturel.

L’église chrétienne, aussi bien que lasynagogue, a toujours reçu le cantique descantiques au nombre des livres canoniques.Nous ne connoissons dans l’antiquité queThéodore de Mopfueste qui l’ait rejeté ,& qui ait nié fa canonicité. Quelques rab-bins ont douté de son inspiration , & lesanabaptistes le rejettent comme un livredangereux ; mais on leur oppose Pautoritéde la synagogue & de P église chrétienne,qui Pont toujours mis au rang des saintesÉcritures les moins douteuses. Si l’on ob-jecte que ni Jésus-Christ , ni les apôtresne Pont jamais cité , & que le nom deDieu ne s’y trouve point, on répond qu ily a bien d’autrcs livres saints que le Sau-veur n’a pas cités expressément ; & quedans une allégorie, où le Fils de Dieu estcaché fous la figure d’un époux , il n’estpas nécessaire qu’il soit exprimé sous son