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Tome sixième.
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.alla remplir le Danemarck de ses cris, &so jeta avec ses eníàns dans les bras du roiValdemar, qui jura de venger cette familleinfortunée , & se prépara à faire à Canutaine guerre cruelle. Les Goths, soit compas-sion pour le sang de Charles,soit ennui de neplus faire la guerre, joignirent leurs armesà celles de Valdemar ; mais Canut sortitvainqueur de plusieurs combats. Les Gothsse soumirent, Valdemar n’osa plus trou-bler son repos. Canut ne s’occupa plusqu’à effacer par les bienfaits dont il com-bla I’église, le meurtre dont il avoit souilléses mains. II donna quelques loix assez sages;mais au milieu de ses foins pacifiques, lesEsthoniens & les Courlandois firent uneirruption dans ses états : ces peuples bri-gands enlevèrent les vaisseaux, ravagè-rent les côtes, livrerent aux flammes laville de S’igtuna, égorgèrent l’archevêque■de Stéka, & disparurent avec les riches-ses de la Suede. Canut n’avoit pas fait unpas pour défendre ses sujets. II se consolade ce malheur, avec les moines , dont facour étoit composée. II mourut entre leursbras , l’an 1192: il fut enterré dans lecloître de Warnheim. La plupart de sesprédécesseurs n’avoient eu d’autre tombeauqu'un champ de bataille. ( M. de S act. )CANUT, roi de Vandalie, ( Histoiredes Vandales & de Danemarck. ) filsd’Eric le Bon, roi de Danemarck , necommenca à jouer un rôle dans le nordque sous íe régné de Nicolas ou Harald IV,en 1126. Ce prince avoit rétabli dans laVandalie Henri, fils de Gothescal, & deSygrithe, sœur du roi Danois. Le V an-dale fut ingrat dès qu’il put l’être impuné-ment ; il demanda une partie du Dane-marck comme la succession de fa mere ;Nicolas rejeta fa demande, & ce refuslut le signal de la guerre ; Henri entradans le duché de Slesivick , donnant à sessoldats l’exemple du pillage & des cruautésles plus inouies. Nicolas marcha contrelui : Canut qui combattoit sous ses ordres,se signala dans une bataille , sot blessé, &ne dut la liberté qu’aii courage d’un soldat.Ce Danois voyoit le prince renversé deson cheval, Henri accouroit pour se saisirde fa personne ; le soldat marche droit auVandale, feignant d’ëtre blesle & lui ten-

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dant les mains comme pour recevoir desfers. Henri le laislè approcher, celui-cisaisit la bride, renverse le cavalier, fe rendmaître du cheval, y monte, prend Canuten croupe, & l’emporte. L’armée Danoisesot vaincue, parce qu’elle avoit été trahiepar Elis, gouverneur de Sleswick.

Canut qui s’indignoit de l’obscurité oùon l'avoit laisîë languir jufqu’alors, touchédes maux qui défoloient cette contrée, pro-mit au roi de la défendre contre les incur-sions des Vandales, & de porter la guerrejusques dans les états de Henri. Pour rem-plir de si belles espérances, il ne de-manda que le titre de gouverneur : Nicolasne le lui donna pas, il le lui vendit ; pouren payer le prix, le généreux Canut enga-gea une partie de son patrimoine , & levades troupes avec le produit du reste.

11 envoya d’abord offrir la paix au princeVandale, mais il exigeoit la restitution detout ce que son armée avoit enlevé auxhabitans du duché- il avoit commencé lui-méme à réparer leurs pertes par ses lar-gesses. Henri, loin de consentir à rien ren-dre, exigeoit qu’on lui rendît une partie duDanemarck. «Votre maître, dit-il aux», députés de Canut , est un cheval sou-», gueux qui se croît indomtable ; je lui» apprendrai qu’il ne sest pas ». Le princeDanois n’eut pas plutôt reçu cette réponse ,qu’il s’avança à la tête de son armée, investitHenri dans le château où il s’étoit renfer-mé , & poussa le siégé avec tant de cha-leur , que le Vandale, craignant de perdreen un jour fa forteresse, fa liberte & facouronne, se jeta dans une riviere qui bai-gnoir les nuirs , la traversa à la nage , &disparut. Canut emporta la place d’aslàut,y trouva les dépouilles des habitans de Sleí-wick, & les leur rendit à son retour. Laguerre continua avec divers succès ; enfinHenri fut vaincu dans une bataille rangée,& demanda la paix : Canut vint la lui ap-porter lui-méme fans escorte, presque sansarmes , avec cette confiance naturelle auxhéros. Henri sc jeta dans ses bras , & parutarrêté par tant de grandeur d’ame. Leurnégociation fut moins une entrevue poli-tique, qu’unel'cene de sentiment. « Recon-», ciliez-vous avec le roi de Danemarck,„ dir Canut , payez-lui ce qu’il m’en a coûte

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