CAR
mairement elle n’est pas non plus exempte.11 en est de même des maladies appelleesnaturelles ou corrompues.
On regarde comme appartenante ansujet que nous traitons maintenant, la di-vision des maladies en actives & en pajjî-ves y dont les modernes ont avec raisonaugmenté la théorie. Les maladies activesfont celles dont les symptômes actifs cons-tituent une partie, & souvent la princi-pale. Dans les maladies passives , ces mou-vemens de la nature n’ont pas lieu , le prin-cipe vital étant languissant, ou oppriméparles puissances nuisibles. (G)
CARACTERE en morale , est la dispo-sition habituelle de l’ame, par laquelle onest plus porté à faire & l’on fait en effetplus souvent des actions d’un certain genre,que des actions du genre opposé. Ainsiun homme qui pardonne rarement , ouqui ne pardonne jamais, est d’un carac-tère vindicatif ; je dis rarement ou ja-mais. En effet, le caractère est formé ,non par la disposition rigoureusement cons-tante , mais par la disposition habituelle ,c’est-à-dire , la plus fréquente dans la-quelle l’ame se trouve.
M. Duclos, dans ses Considérations furles mœurs , remarque avec grande raisonque la plupart des fautes & des sottisesdes hommes dans leur conduite, viennentde ce qu’ils n’ont pas l’esprit en équili-bre , pour ainsi dire, avec leur caraBere ;Cicéron , par exemple , étoit un grandesprit , & une ame foible ; c’est pourcela qu’il tut grand orateur , & hommed’état médiocre ; fi t ainsi des autres.
, R-ien n’est plus dangereux dans la so-qiété qu’un homme fans caraBere , c’est-à-dire , dont l’ame n’a aucune dispositionplus habituelle qu’une autre. On se fie àl’homme vertueux ; on se défie du fripon.L’homme sans caraBere est alternative-ment l’un & l’autre , fans qu’on puisse ledeviner, & ne peut être regardé ni comme >ami, ni comme ennemi ; c’est une especed’anti-amphibie, s il est permis de s’ex-primer de la forte , qui n’est bon à vivredans aucun élément. Cela me rappellecette belle loi de Solon , q U ; déclaraitinfâmes tous ceux qui ne prenoient pointde parti dans les séditions ; il sentoit que
CAR 287
rien n’étoit plus à craindre que les carac-tères & les hommes non décidés.
CARACTERE DES NATIONS. Le ca-raBere d’une nation consiste dans unecertaine disposition habituelle de Pâme,qui est plus commune chez une nationque chez une autre , quoique cette dispo-sition ne se rencontre pas dans tous lesmembres qui composent la nation ; ainsile caraBere des François est la légéreté,la gaieté , la sociabilité , l'amour de leursrois & de la monarchie même, &c.
Dans les nations qui subsistent depuislong-tems , on remarque un fond de ca-ractère qui n’a point changé : ainsi lesAthéniens , du tems de Démosthene,éroient grands amateurs de nouvelles ; ilsl’étoient du tems de S. Paul , & ils -íefont encore aujourd’hui. On voit aussidans le livre admirable de Tacite fur lesmœurs des Germains , des choies quifont encore vraies aujourd’hui de leursdefeendans.
II y a grande apparence que le climatinflue beaucoup fur le caraBere général ;car on ne saurait l’attribuer à la formedu gouvernement, qui change toujours aubout d’un certain tems : cependant il nefaut pas croire que la forme du gouver-nement , lorsqu’elle subsiste long-tems ,n’influe aussi à la longue sur le caraBered’une nation. Dans un état despotique,par exemple,le peuple doit devenir bientôtparesseux, vain, & amateur de la frivolité ;le goût dti vrai fit du beau doivent syperdre; on ne doit ni faire ni penserde grandes choses.
CARACTERE des sociétés ou corps par-ticuliers. Les sociétés ou corps particu-liers au milieu d’un peuple , sont en quel-que maniéré de petites nations entou-rées d une plus grande : c’est une especede greffe bonne ou mauvaise, entée surun grand tronc ; aussi les sociétés ont-ellespour l’ordinaire un caraBere particulier ,qu’on appelle esprit du corps. Dans cer-taines compagnies, par exemple , le ca-raBere général est l'esprit de subordina-tion ; dans d’autres J'esprit d'égalité ; &ce ne sont pas là les plus mal partagées :celles-ci sont fort attachées à leurs usages jcelles--là se croient faites pour en changer.