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Tome sixième.
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Dans le comique il est maître de fafable, & doit y disposer tout de maniéréque rien ne s’y démente, & que le spec-tateur y trouve à la fin comme au premieracteles personnages introduits, guidés parles mêmes vues, agisiànt par les mêmesprincipes , sensibles aux mêmes intérêts,en un mot, les mêmes qu’iîs ont parud’abord.

Servetur ad imumQualis ab incepto procejferit f 6 f biconjlet.

Horace , Art poe't.

Voye\ Mœurs. Princip. pour la le cl.des poètes , tome II, page I 9 & fuiv.

CARACTEREun ouvrage , différencespécifique qui le distingue d’un autre ou-vrage de même genre. Ainsi l’ode , l’éclo-gue , l'élégie, le poème épique, la tragé-die , la comédie, 6v. font des ouvragesde poésie, ou des poèmes : mais chacun aíës principes , ses réglés, son ton propre& particulier ; & c’est ce qu’on appelleson caractère. De même dans l’éloquenceun plaidoyer , un sermon , un panégyri-que , sont des discours oratoires ; la diffé-rence de la méthode qu’on y fuit, celledu style qu’on y emploie , formeat leurcaractère propre & particulier. Voy Ode,Eclogue, &c. Panégyrique , Plai-doyer.

Caractère , en parlant d’un auteur,est la maniéré qui lui est propre & parti-culière de traiter un sujet, dans un genreqpe d’autrcs ont traité comme lui ou avantlui, & ce qui le distingue de ces auteurs.Ainsi l’on dit , en parlant des poèteslyriques, que Pindare est sublime , &quelquefois obscur, entortillé; Anacréon,doux, tendre, élégant ; qu’Horace a l’élé-vation de 1 un & la mol leste de l’autre ;que Malherbe est noble , harmonieux ;Rousseau, impétueux , hardi ; Ca Motte,ingénieux & délicat. M. de Fénelon traceainsi en peu de mots les caractères desprincipaux historiens de 1 antiquité. « He-,, rodote , dit—il , raconte parfaitement,„ il a même de la grâce par la variété des„ matières : mais son ouvrage est plutôtm un recueil des relations des divers pays,qu’une histoire qui ait de l’unite.

CAR

» Polybe est habile dans sart de la guerre» & dans la politique : mais il raisonne trop,» quoiqu’il raisonne très-bien. II va au-delà„ des bornes d’un simple historien ; ildéve-„ loppe chaque événement dans fa cause ;» c’est une anatomie exacte, &c.

n Salluste a écrit avec une noblesse &» une grâce singulière : mais il s’est trop» étendu en peintures de maurs & en>» portraits.de personnes, dans deux hií-„ toires très-courtes. *

,, Tacite montre beaucoup de génie,» avec une profonde connoistànce des>, cœurs les plus corrompus : mais il affecte» trop une brièveté mystérieuse. 11 est„ trop plein de tours poétiques dans ses» descriptions ; il a trop d’esprit, il raffine„ trop. II attribue aux plus subtils rcstòrts» de la politique, ce qui ne vient souvent„ que d’un mécompte, qued’une humeur« bizarre, que d’un caprice , &c. „ Lett.fur d éloquence , &c.

On voir par cet échantillon , que lecaractère des auteurs ne consiste pas moinsdans leurs défauts que dans leurs perfec-tions ; & comme st n’est point de genred’écrire qui n’ait son caractère particulier ,il n’est point non plus d’auteur qui n’aitle sien : l’un & l’autre font fondés fur Jadifférente nature des matières, & fur ladifférence des génies. ( G )

CARACTERE, terme moderne de Bota-nique : le caractère d’une chose est ce quila distingue essentiellement de toute autrechose. Suivant cette définition, le carac-tère d’une plante est ce qui la distingue sibien de toutes celles qui ont quelque rap-port avec elle, qu’on ne sauroit la con-fondre avec ces autres plantes , quand ortfait attention aux marques essentielles quiles distinguent : or ce caractère distinctif,suivant plusieurs botanistes, doit être for-mé d’après l’examen des parties qui com-posent la sieur. Voye\ BOTANIQUE,Méthode.

On nomme caractère incomplet , ou ,selon M. Linn.ms, caractère artificiel ,celui dans lequel on décrit feulement quel-ques parties de la sieur, en gardant lesilence fur les autres parties , que par laméthode qu’on s’est proposée, l’on supposeinutiles ; au lieu que l’on entend par

caruc-