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Tome sixième.
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gustin, & plusieurs autres, le carême a étéinstitué par les apôtres. Voici commentils raisonnent. Tout ce que l’on trouveétabli généralement dans toute Téglise, sansen voir l’ínstitution dans aucun concile,doitpaster pour un établissement fait par les apô-tres : or tel est le jeûne du carême. On n’entrouve l’institution dans aucun concile ;au contraire, le premier concile de Ni-cée , celui de Laodicée , austì bien que lesperes grecs & les latins, fur-tout Tertul-îien, parlent du carême comme d’une cbòfegénérale & très-ancienne-

Calvin, Chemnitius, & les protestansprétendent que le jeûne du carême a étéd’abord institué par une eípece de supers-tition , & par des gens simples qui voulu-rent imiter le jeûne de Jéfus-Christ. Ilsprétendent prouver ce fait par un mot deS. Irénée , cité par Eufebe : preuve très-lòible, ou pour mieux dire de nulle valeur,quand on a contre elle le témoignage cons-tant de tous les autres peres, & la pratiquede l'église universelle.

D’autres disent que ce fut le pape Téles-phore qui l’inílitua vers le milieu du se-cond fiecle. D’autres conviennent que l’onobfervoit à la vérité le carême dans l’église,cest-a-dire, un jeûne de quarante jours,avant pâques, du tems des apôtres ; maisque c’étoit volontairement, & qu’il n’yeut de loi que vers le milieu du troisièmesiécle. Le précepte ecclésiastique , quand ilferoit seul, formeroit une autorité que lesréformateurs auroient dû respecter, s’ilsavoienc moins pense, à introduire Je relâ-chement dans les moeurs, qu^ I a reforme., Lfsgrecs diffèrent des latins par rapportû I abstinence du carême ils le commen-cent une semaine plus tôt, mais ils ne jeû-nent point les samedis, comme les latinsexcepte le lamedi de la femaine-sainte.

Les aneiens moines latins íaisoient troiscarêmes ; le grand, avant pâques ; l’autre,avant noe 1, qu on appelloit de la <5. Mar-tin; & 1 autre, de 6’. Jean-Baptiste ,âpres la Pentecôte, tous trois de quarantejours.

Outre celui de pâques, ] as grecs en o}>jervoient'quatre autres, qu'ils nommoientles carêmes aesapôtres , de l’astompuon ,ds ïiotL y oc de lu uun.sjjgurutiun ; mais-ils

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les rédiiisoient à sept jours chacun. Lesjacobites en font un cinquième , qu’ilsappellent de la pénitence de Ninive ; &les maronites six , y ajoutant celui dcl’exaltation de la sainte croix.

Le huitième canon du concile de Toîedeordonne que ceux qui, sans une nécessitéévidente , auront mangé de la chair pen-dant le carême , n’en mangeront pointpendant toute Tannée, & ne communie-ront point à pâques.

Quelques-uns prétendent que l’on jeûneles quarante jours que dure le carême > enmémoire du déluge , qui dura autant detems : d’autres, des quarante années pen-dant lesquelles les Juifs errèrent dans ledésert ; d’autres veulent que ce soit enmémoire des quarante jours qui furent ac-cordés aux Ninivites pour faire pénitence ;les uns, des quarante coups de fouet quel’on donnoit aux malfaiteurs pour les cor-riger; les autres, des quarante jours dejeûne que Moysc observa en recevant laloi, ou des quarante jours que jeûna Elie,ou enfin des quarante jours de jeûne qu’ob-serva Jéfus-Christ.

La discipline de Téglise s'est insensible-ment relâchée sur la rigueur & la pratiquedu jeûne pendant le carême. Dans les pre-miers tems, le jeûne dans Téglise d’occi-dent consistoit à s’abstenir de viandes »d’œufs, de laitage, de vin , & à ne fairequ’un repas vers le soir. Quelques-uns feu-lement prétendant que la volaille ne deVoitpas être un mets défendu , parce qu’il estdit dans la Genèse que les oiseaux avoientété créés de Teau , ausli-bien que les pois-sons , se permirent d’en manger ; mais ortréprima cet abus. Dans Téglise d’orient lejeûne a toujours été fort rigoureux; la p’îu-part ne vivoient alors que de pain & d’eair.avec des légumes. Avant Tan 8oo on s’é-tcnt deja beaucoup relâché, par Tusage davin, des ceuls & des laitages. D’abord lejeune consistoit à ne laite qu’un repas lejour, vers le soir après les vêpres ; ce quis’est pratiqué jusqu’à Tan izoo dans Téglise;latine. Les grecs dínoient à midi, & fai-saient collation d’herbes & de fruits vers:le loir , dès le sixième siécles. Les latins;commencerent dans le treizième a prendre:quelques conserves pour soutenir Teíio-