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Tome sixième.
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lastîques, il représente le teins oìi il étoitdans les mêmes préjugés : il ne cache pointles obstacles qu’il a eu à surmonter pours’en défaire-', il donne les réglés d’uneméthode beaucoup plus íîmple qu’aucunede celles qui avoient été en usage jusqu alui, laiíîè entrevoir les découvertes qu’ilcroit avoir faites, & prépare par cetteadresse les esprits à recevoir les nouvellesopinions qu’il se proposoit d’établir. II ya apparence que cette conduite a eu beau-coup de part à la révolution dont ce phi-losophe est fauteur.

La méthode des géomètres est bonne ,mais a-t-elle autant d’étendue que Del-cartes lui en donnoit ? II n’y a nulle appa-rence. Si l’on peut procéder géométrique-ment en physique , c’est seulement danstelle ou telle partie, & fans espérance delier le tout. 11 n'en est pas de la naturecomme des mesures & des rapports degrandeur. Sur ces rapports Dieu a donnéà l’homme une intelligence capable d’allertort loin, parce qu’il vouloir le mettre enétat de faire une maison , une voûte, unedigue, & mille autres ouvrages où il au-roit besoin de nombrer & de mesurer. Enformant un ouvrier, Dieu a mis en lui lesprincipes propres à diriger ses opérations :mais destinant l’homme à laite usage dumonde, & non à le construire, il s’estcontenté de lui en faire connoître sensible-ment & expérimentalement les qualitésnluelles ; il n’a pas jugé à propos de luiaccorder la vue claire de cette machineimmense.

II y a encore un défaut dans la méthodedeDelcartes : selon lui, il faut commencerpar définir les choses , & regarder les délì-mtions comme des principes propres à entaire découvrir les propriétés. II paroît aucontraire qu’il i aut commencer par cher-cher les propriétés ; car si les notions quenous tommes capables d’acquérir, ne font,

-..^ler fous certains noms ,

il est bien plus naturel de Jes former, encherchant les idées dans le même ordreque l’expcrience les donne, que de com-mencer par les débilitions, pour cn dé-duire enliute les diíiérentes propriétés des

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choses. Descartes méprisait la science quis’acquiert par les sens ; & s’étant accou-tumé à se renfermer tout entier dans desidées intellectuelles, qui pour avoir en-tr’elles quelque fuite , n’avoient pas eneffet plus de réalité, il alla avec beaucoupd’esprit de méprise en méprise. Avec unematière prétendue homogène, miseLt en-tretenue en mouvement , selon deux outrois réglés de la mcchanique, il entre-prit d’expliquer la formation de l’univers.il entreprit en particulier de montrer avecune parfaite évidence, comment quelquesparcelles de chyle ou de sang , tirées d’unenourriture commune, doivent former juste& précisément le tisiù , l’entrelacement,& la correspondance des vaistèauxdu corpsd’un homme, plutôt que d’un tigre oud’un poistòn. Enfin il fe vantoit á’avoirdécouvert un chemin qui lui semblait tel ,qu on devoit infailliblement trouver lascience de la vraie médecine en le suivant .Voyei Axiome.

On peut juger de la nature de ses con-noislànces à cet égard par les traits fui vans.II prit pour un rhumatisme la pleurésiedont i! est mort, & crut se délivrer de lafievre en buvant un demi-verre d’eau-de-vie : parce qu’il n’avoit pas eu besoin de lasaignée dans l’espace de 40 ans, il s’opi-niâtra à refuser ce secours qui e'toit le plusspécifique pour son mal : il y consentit troptard , lorsque son délire fut calmé & dissi-pé. Mais alors, dans le plein usage de saraison, il voulut qu’on lui infusât du tabacdans du vin, pour le prendre intérieure-ment ; ce qui détermina son médecin àl’abandonner. Le neuvieme jour de sa fiè-vre , qui sut l’avant-dernier de sa vie , ildemanda de sang-froid des panais , &c lesmangea par précaution , de crainte que sesboyaux ne se rétrécissent, s’il continuoità ne prendre que des bouillons. O11 voieici la distance qu’il y a du géomètre au phy-sicien. Isijl. du ciel, tome II.

Quoique M. Descartes sc fut appliqué àl’étude de la morale , autant qu’à aucun®autre partie de la philosophie, nous n’a-vons cependant de lui aucun traité com-plet fur cette matière. On en voit les rat-ions dans une lettre qu’il écrivit a M. Cha-rnu. “■ Messieurs les régens ue college >